Chapitre 7

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Cordélia courait à en perdre haleine. Elle se risqua à jeter un coup d'œil derrière son épaule. Personne ne la poursuivait. La petite fille soupira de soulagement et s'arrêta quelques instants pour reprendre son souffle.

Du haut de ses sept ans, la fillette comprenait l'urgence de la situation. Son frère chéri allait se faire brûler vif ! Cordélia reprit sa course. Elle se souvenait que Téa avait parlé d'une oasis toute proche. Elle ralentit le rythme et regarda aux alentours. Personne. Il fallait prendre de la hauteur. Cordélia se dirigea vers une nouvelle grande dune. Arrivée en haut, une vue panoramique s'offrait à elle. Mais avant qu'elle pût davantage en profiter, une main se posa sur son épaule.

— Tu cherches quelqu'un ?

N'osant plus respirer, Cordélia hocha la tête frénétiquement. Elle croisa tout ce qu'elle pouvait pour que ce ne soit pas un Savage et se retourna.

Une belle jeune fille se tenait devant elle. Sa tunique, qui autrefois avait dû être blanche, était désormais couverte de poussière et de sable.

— Tu dois avoir chaud avec cette tenue, affirma l'inconnue.

Une fois de plus, Cordélia acquiesça silencieusement.

— Tu as perdu ta langue ?

L'inconnue semblait gentille. Rassemblant son courage à deux mains, Cordélia lui répondit.

— Je cherche une... une oasis.

— Tu cherches Oasis ? Tu y es ! Enfin, pratiquement...

L'inconnue leva la main dans une direction et continua.

— Tu vois cette colline de sable ? Derrière se trouve Oasis, le plus grand village des Oasii du Territoire Aride tout entier ! Et le meilleur, bien entendu.

— Tu es de là-bas ?

— Tout à fait. Je m'appelle Kahaanee d'Oasis. Et toi ?

— Cordélia. Cordélia Ueki. Mon frère et ses amis ont besoin de votre aide.

— Tu n'es donc pas seule ? D'où viens-tu ?

— De l'ACEED, dans le Territoire Céleste. Nous nous sommes fait enlever.

— Qui donc a osé faire une chose pareille ?

— Ils étaient vêtus de blanc, tout comme toi.

— Tous ceux qui vivent dans le Territoire Aride portent du blanc. Comment était leur village ? Était-ce de simples tentes ?

— Absolument pas. Ils répétaient en boucle quelque chose en rapport avec Sé... Sénélé je crois.

— Séléné ? Ce ne peut pas être l'État de l'Air dans ce cas. Merveilleux ! J'ai cru que les Stormii avaient réussi à pénétrer dans nos terres ! Si ce n'est que les Savages, tes amis n'ont rien à craindre. Ils sont un peu bizarres mais pas bien méchants.

— Pourtant, ils voulaient brûler vif Ilo ! Et les autres étaient pris en otages ! Enfin... sauf Téa. Il la prenait pour une autre, cette Sénélé, enfin, Séléné, justement.

Kahaanee inspira profondément, visiblement furieuse.

— Ils ont osé croire que Séléné se réincarnerait en tant qu'être humain ? s'exclama-t-elle.

Elle se tourna vers les cieux et se mit à réciter à toute vitesse ce qui semblait être une prière. C'était sans doute de l'hindi, la langue ancestrale des Oasii.

Unhen maaph kar do, Raanee Seleen. Ve uchit roop se apane paapon ko dho denge, lekin he selene, raat mein nigaraanee karane vaalee sitaaron kee raanee, unhen maaph kar den. Apane poorvajon ke naam par, main aapase kasam khaata hoon, he devee, ve aapake khilaaph apane jaghany aparaadh ke lie bhugataan karenge. Oesii ka Oesis jhooth nahin bolega.*

Elle aurait continué encore longtemps si Cordélia ne l'avait pas interrompue.

— Kahaanee ? S'il te plait, aide-moi !

— Si je vais t'aider ? Par Séléné, ils vont mordre la poussière ces lâches de Savages !

Kahaanee descendit la dune au pas de course vers son village. Cordélia se précipita derrière elle.

*Pardonnez-les Reine Séléné. Ils laveront leurs péchés comme il en convient mais pardonnez-les Ô Séléné, reine des étoiles qui veille la nuit. Au nom de mes ancêtres, je vous le jure, ils payeront leur crime odieu envers vous Ô Déesse. Les Oasii d'Oasis tiendront parole.

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