Chapitre n°22

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Calista Moreno, Barcelone, Espagne

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Calista Moreno,
Barcelone, Espagne.


Je ne savais plus quel jour on était. Les heures s'écoulaient sans que je les ressente, comme un long tunnel gris et oppressant. La lumière de ma vie, celle qui me faisait avancer, s'était éteinte depuis que j'avais envoyé ce message à Hector.

« C'est terminé entre nous ».

Ces mots tournaient en boucle dans ma tête, comme une chanson insupportable qu'on ne peut pas arrêter.

Je ne pouvais plus sortir de la maison. Mon père avait serré son étau. La photographie ? Un rêve stupide, selon lui. Il avait décidé que je n'irais plus à la fac. « Tu feras quelque chose de sérieux. », avait-il décrété d'un ton froid. Mais rien ne m'intéressait plus que ça.

Mon appareil photo était là, posé sur mon bureau. Je n'y touchais même plus. Chaque fois que je le regardais, je pensais à Hector, à la première fois où il avait posé sous mon objectif, à ce sourire qu'il m'avait réservé comme si j'étais la seule à le mériter.

Mais maintenant, tout ça appartenait au passé. Et moi, j'étais coincée ici, dans cette maison où les murs semblaient se rapprocher un peu plus chaque jour.

Le pire, c'était le silence.

Il n'y avait plus de messages de sa part. Plus de « Tu me manques » ou de « Tu vas bien ? » qu'il avait l'habitude d'envoyer même si on se voyait tous les jours.

Mais je ne pouvais pas lui en vouloir. Je l'avais bloqué après tout. Il devait me détester à l'heure actuelle.

Mon téléphone vibra sur la table. Mon coeur fit un bond, comme s'il espérait que ce soit lui, malgré tout. Mais non, c'était un message de l'une de mes camarades de fac, la brune avec qui j'avais travaillé quelque semaines auparavant, qui me demandait si j'allais bien.

Je ne pris pas la peine de répondre. À quoi bon ? Elle ne comprendrait pas. Personne ne pouvait comprendre.


Je me levais, et me trainai jusqu'à la fenêtre. La lumière de l'après-midi filtrait à travers les rideaux, douce et dorée, presque ironique dans cette atmosphère morne.

Dehors, les enfants jouaient dans la rue, insouciants. J'enviais leur liberté, leur légèreté. Moi, j'étais devenue un fantôme errant dans cette maison sans vie.

On m'avait enlevé la seule chose qui me rendait heureuse.

Mon père n'était pas là. Il travaillait tard aujourd'hui, et ma mère, fidèle à elle-même, faisait semblant que tout allait bien.

Je m'effondrai sur mon lit, le coeur lourd. Les souvenirs de nos moments ensemble m'assaillaient. Il y'a encore quelques semaines, on se trouvait à l'autre bout du monde, tous les deux, comblés de bonheur. Et maintenant, on était déchirés.

Calista Où les histoires vivent. Découvrez maintenant