43- To me

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ADRIANA








Depuis ma tendre enfance, je n'ai jamais vraiment aimé la période hivernale. Parce qu'il faut toujours chercher quelque part une source de chaleur. Que ça soit dans les bras de quelqu'un ou près d'un feu enroulé d'une grosse couverture. Il y'a sans cesse ce petit quelque chose qui fait que nous voulons absolument nous rapprocher d'un amour réchauffant.

Et je ne l'ai définitivement pas encore trouvé.

Je ne sais pas si c'est ce que je souhaite au fond de moi. Mais quand je frissonne de froid, je ne peux m'empêcher d'imaginer ce que ça ferait comme sensation d'être enfermé dans la flamme corporelle d'une personne. D'être dans ses bras.

Je pose sur la petite table basse à mes côtés le livre que je viens d'entamer et reste couché sur le petit canapé d'un des salons de la maison pour ensuite me mettre à observer le feu de la cheminée qui crépite. Le son me berce et me laisse un instant pour être dans un silence de bien-être. Les étincelles m'accompagnent et me font me sentir moins seule, comme plus comprise par ma situation. Enflammer une zone pour par la suite la consumer dans l'entièreté et disparaître comme si rien ne s'était passé.

Dans certains moments, comme celui-ci, je me sens facilement délaissé dans mon propre monde. Je suis accompagné sans vraiment l'être. Il y'a toujours quelqu'un si j'ai besoin et je le sais très bien, mais émotionnellement je suis abandonné. Je ressasse ces bons souvenirs avant que tout cela arrive, avant que tout disparaisse d'un claquement de doigt. J'aurai voulu que rien n'arrive. Que je parte aussi en même temps que mes parents.

En paix.

Une larme coule sur ma tempe et se faufile dans mes cheveux.

Qu'est-ce que j'ai mal. Ils me manquent terriblement et je ne sais pas si un jour j'arriverai à étreindre réellement mes émotions. Ça serait si simple. Ne plus ressentir de sentiments. Ne plus réfléchir en fonction. Juste faire ce qui est bon pour soi.

Comme Kay. Il a l'air de vivre difficilement, mais si facilement à la fois.
S'auto-détruire tout en se nourrissant de cela.
Pas loin de l'envier.

Tu es plus proche de lui que tu ne le penses, me murmure une petite voix antérieure.

Je commence à presque me demander si je ne suis pas folle à être aussi contradictoire face à tout ça. Je me sens faible, mais à la fois prête à sortir une partie sombre de moi à n'importe qu'elle moment. Je veux m'enfuir, mais rester pour répondre aux questions qui sont sans réponses. Je n'arrive pas à comprendre si je suis stressé pour la soirée qui va arriver dans les prochaines heures ou non.

Je suis épuisée.

Je souffle et ferme les yeux me laissant écouter le son du feu craquer dans la cheminée face à moi. Je sais bien qu'on ne viendra pas ici puisque personne ne me cherche, trop concentré sur le grand bal de demain et sur ce qui sait passé hier. La nuit est plus simple pour faire des choix dont seul le diable peux être au courant.

Pourtant la porte s'ouvre et une petite voix féminine éclate la bulle de sécurité dans laquelle je m'étais réfugié quelques secondes.

« Je ne savais pas que quelqu'un allait se cacher là. Dit-elle en rentrant dans la pièce tout en fermant la porte derrière elle. »

Je me détourne et lève les yeux en l'air agacée qu'elle puisse me déranger dans cette.. cette quoi ? Cette spirale du mal-être ou je me détruis toute seule avec mes pensées. Comme il y'a trois mois.

Trois mois. Wow. Et dire que j'ai la sensation que cela dure depuis trop longtemps, malheureusement.

Ça ne vient que de commencer.

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