USÉE
Le vent grave des plaintes, des adieux faits de poussière,
Des rimes mortes, dissoutes dans l'abîme de l'air.
Dans une naïveté funeste, j'ai livré mon dernier joyau,
Était-ce une condamnation, d'arriver chargé de mes fardeaux ?
Les sentiments pourrissent, rongés par l'ombre et l'absence,
Et mes espoirs gisent, froids, sous la terre du silence.
Je parle aux murs, aux ombres, à l'écho de mes fautes,
Mon reflet se fissure, dans la glace il complote.
Chaque nuit m'écorche, me vole un peu de moi,
Je cherche la lumière, mais elle fuit à chaque pas.
Le temps n'est plus un guide, c'est un couteau sans pitié,
Il saigne mes souvenirs, me laisse vidé, oublié.
Plus rien ne m'atteint, ni les cris, ni les prières,
Je suis devenu spectre, prisonnier de mes chimères.
Sous les décombres du cœur, plus rien ne bat, plus rien ne saigne,
Juste un vide souverain, où même la douleur s'éteint.
Et quand viendra la nuit, la dernière, sans retour,
Je partirai sans nom, sans trace, sans détour.
J'ai pleuré
Dans la noirceur épaisse où le silence ment,
J'ai pleuré mes chimères aux reflets défaillants.
Des larmes froides, nées de l'ombre et du regret,
Ont lavé mes espoirs qu'un songe déchirait.
Souvenirs éclatés, doux ou bien venimeux,
Petits villages fiers aux remparts silencieux,
Que l'appel de l'esprit, comme un Romain en guerre,
Pille sans relâcher l'or de ma vie entière.
Puis des larmes plus chaudes ont coulé lentement,
Chargées de noms aimés, de leurs désistements,
Ces amours devenus, dans l'écho de l'absence,
Des échos de douleur, masqués par l'indolence.
Les papillons d'antan frémissent dans mon flanc,
Et mon esprit s'envole, perdu dans tous les vents.
J'ai goûté le bonheur, mais je n'ai plus le cœur
D'en caresser l'éclat sans raviver mes pleurs.
J'ai pleuré 2
J'erre comme un passant qu'aucune main ne hèle,
Dans les rues du silence où l'espoir se recèle.
Chaque rire ancien me brûle comme un feu,
Et l'amour, ce poison, se cache dans les cieux.
Je parle aux murs, aux cendres, aux fleurs fanées,
À ces instants d'ivresse aujourd'hui condamnés.
Mon âme est une barque aux voiles sans chemin,
Dérivant sans étoile, ni port, ni lendemain.
Je vis, mais sans éclat, je respire à moitié,
Comme un chant oublié dans l'ombre d'un sentier.
Et s'il me reste encore un soupir à donner,
Ce sera pour l'absence, mon unique damnée.
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orion
PuisiOrion pourrait être considéré par certains lecteur comme une sorte de refuge , mais j y partage mes sentiments afin que ceux qui sont dans le même cas que moi puisse se sentir compris a travers mes rimes
