21- De trop ?

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Manhattan, New York

Briar

Cela fait plus de deux heures qu'Isaiah et ses hommes sont partis aux trousses de Russell, j'ai passé le premier quart d'heure à faire les cents pas près du bureau d'Alec qui veillait sur son équipe à distance, il était leurs yeux et leurs oreille...

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Cela fait plus de deux heures qu'Isaiah et ses hommes sont partis aux trousses de Russell, j'ai passé le premier quart d'heure à faire les cents pas près du bureau d'Alec qui veillait sur son équipe à distance, il était leurs yeux et leurs oreilles, et même si l'informaticien s'était montré très patient avec moi, il en avait assez que je le déconcentre avec mes questions et mes inquiétudes, alors j'ai décidé de m'occuper l'esprit autrement, en me renseignant sur ce type. Je m'étais enfermée dans la salle de réunion et j'avais réussi à piquer un ordinateur.

C'est dingue tout ce qu'on peut trouver sur internet !

Apparemment le conflit entre le clan des Rossi et celui de Russell, les Red Skulls, ne datait pas de l'époque du père d'Isaiah, mais bien avant. Certes le fait que Michael ait tué le frère de Keith n'a pas arrangé les choses, leurs divergences ne résidaient pas sur une question de territoires de clients ou d'argent, ça s'étendait bien au-delà de tout ça. C'était une histoire qui opposait les deux familles. Tous les articles que j'ai lus indiquent que Keith Russell est un individu dangereux, et pour cause, son business ne se limitait pas à de simples affaires de gang, comme celui des Rossi, non, cet homme possédait l'un des plus grands réseaux de trafic d'êtres humains et de prostitution.

Les paroles d'Andy me reviennent en tête, s'il a raison, ça voudrait dire que toutes ces pratiques sordides et ce business se déroulaient dans le repaire de ce type, c'est-à-dire cet hôtel abandonné au beau milieu de la ville. Et pendant ce temps, des femmes, des enfants restaient enfermés à quelques étages au-dessus du sol, prisonniers d'un monde que personne ne soupçonne, d'un système bien huilé qui s'intégrait parfaitement au quotidien. Ce n'est pas qu'on refuse de voir, c'est qu'on ne pense même pas à regarder. Et c'est peut-être ça, le plus terrifiant.

— Qu'est-ce que tu fabriques ?

Je relève les yeux de mon écran et croise les yeux clairs de Victoria, elle était accompagnée de l'infirmière ainsi que de Sofia, qui me regardait presque avec dédain. Elle devait être contrariée que j'aie débarqué dans leur vie avec le tueur psychopathe, et je la comprenais.

— Rien, rétorquai-je en me redressant sur ma chaise, j'avais juste besoin de penser à autre chose.

Les filles pénètrent dans la salle avant de prendre place sur les chaises libres, en face de moi.

— Tu t'inquiètes pour Isaiah ? fit Ambre en esquissant un sourire compatissant.

C'était un euphémisme.

— C'est normal qu'il ne donne aucune nouvelle ? demandai-je en me mordant la lèvre.

Mes propos semblent amuser les trois filles.

— Toi, ça se voit que tu ne l'as jamais vu à l'œuvre. Réplique Sofia, en secouant la tête.

Je hausse les épaules. Il n'était pas chef de gang quand on était enfants, donc non.

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