36- Refuge

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Manhattan, New York


Briar

Je pousse un soupir tremblant alors que le jet d'eau brûlante coule le long de ma peau, je ferme les yeux mais tout ce que je vois, c'est cette scène qui défile en boucle, spectatrice de ma propre détresse, le sentiment d'impuissance refait surfac...

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Je pousse un soupir tremblant alors que le jet d'eau brûlante coule le long de ma peau, je ferme les yeux mais tout ce que je vois, c'est cette scène qui défile en boucle, spectatrice de ma propre détresse, le sentiment d'impuissance refait surface et avec lui la culpabilité.
J'ignore combien de minutes je passe sous la douche, mais je ne me sens pas prête à en sortir, comme si l'eau pouvait laver ce qui s'est passé.

Je frotte chaque parcelle de ma peau, espérant effacer les traces de ses mains sur mon corps.

Je les sens encore...

Alors je frotte encore plus fort. Mes doigts glissent sur mes bras, mes épaules, mon cou...

Là où il m'a touché.

Comme si, en appuyant assez fort, je pouvais faire disparaitre ce souvenir collé à moi.

La mousse s'accumule sous mes paumes, je frotte encore, encore, jusqu'à ce que ma peau rougisse. Jusqu'à ce que ça me brûle presque autant que l'eau.

Mais la sensation ne part pas.

Alors j'insiste, mes ongles accrochent mon épiderme, mes gestes deviennent de plus en plus brusques, presque désespérés d'arracher la saleté qu'il a laissée derrière lui.

Lentement, mes bras retombent le long de mon corps, épuisée, je pose ma tête sur le mur en faïence et reste immobile sous le jet d'eau qui continue de couler sur ma peau, je comprends alors qu'elle ne lavera rien, qu'elle ne le fera pas disparaître.

Un sanglot m'échappe, puis un autre. Sans que je puisse rien contrôler, ils se transforment en larmes que je suis incapable d'arrêter. L'eau de la douche se mêle à mes larmes, si bien que je suis incapable de distinguer l'une de l'autre.

Après quelques longues minutes, je décide enfin de sortir de la cabine, j'enroule une serviette autour de mon corps et m'arrête un instant devant mon reflet. Je déteste me voir aussi vulnérable, aussi triste, mais ce soir je ne peux pas faire semblant. Ce qui s'est passé dans le bureau de Russell me hantera surement encore longtemps, je sais que ça finira par aller mieux... mais pas ce soir.

Ce soir je m'autorise à pleurer, à ressentir de la peine, à laisser mon corps se souvenir de la peur et de la douleur, et peut-être qu'après je serai un peu plus légère, et que je pourrai respirer de nouveau.

Une fois après avoir enfilé mon t-shirt de pyjama, je traîne des pieds jusqu'à mon lit, prête à m'y plonger pour ne plus en sortir, seulement voilà, je suis incapable de trouver le sommeil. Les images de la soirée ne quittent plus mon esprit, je me perds dans un flot de ruminations si bien que j'ai l'impression que ma tête est en surchauffe.

Agacée de me retourner dans tous les sens dans mon lit, je me redresse et attrape mon téléphone posé sur la commode, je défile dans mes contacts et mes doigts s'arrêtent sur le prénom d'Isaiah. J'hésite le temps de quelques secondes, puis finis par l'appeler. J'entends trois sonneries avant de tomber sur sa messagerie, je décide alors de raccrocher et de reposer mon téléphone, essayant de me reposer un peu, mais j'en suis incapable. Je reprends mon portable une seconde fois et me mets à écrire un message.

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