Chapitre 34

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Il était près de une heure du matin quand les professeur du château rentrèrent. Ils se souhaitèrent bonne nuit dans le hall d'entrée et la porte cochère fut refermée par Hagrid quand il sortit pour regagner sa propre maison.

— Laissez-moi vous raccompagner, dit Rogue à McGonagall.
— Avec plaisir. Vous avez passé une bonne soirée ?
— Oui, je suis obligé de le reconnaître. Cela m'a changé les idées de sortir, vous aviez raison.
— Vous n'êtes pas bien dans ce fauteuil, dit alors Minerva en secouant la tête.
— Non, mais je n'ai pas le choix. J'ai proposé qu'il vous donne le fauteuil, mais il a refusé et je n'ai pas envie qu'il s'en prenne à moi ou aux enfants alors j'ai abdiqué.

McGonagall serra les lèvres. Ils montèrent en silence jusqu'à quatrième étage, ou elle avait son bureau et son appartement, puis avec un bonne nuit las, Rogue prit la direction de la tour du Directeur où il logeait depuis la mort de Dumbledore et sa nomination au poste de Directeur.

Quand il entra dans la pièce ronde silencieuse et sombre, il éclaira les bougeoirs d'un geste de sa baguette et soupira en retirant son manteau. Il le jeta sur la patère et s'approcha d'un service à alcools sous une fenêtre. Il se servit un fond de Old Firewhisky et le sirota en silence tout en observant le château silencieux recouvert de neige. Lorsqu'il pivota, il avisa quelque chose sur son bureau et fronça les sourcils.

— Un cadeau...? dit-il, aussitôt méfiant.

Il s'approcha lentement, baguette à la main, et tendit l'autre pour saisir la petite étiquette pliée en deux qui reposait dessus.

— Joyeux Noël, Professeur Rogue, lut-il. Signé, B.

Il baissa alors sa baquette et esquissa un sourire.

— Befana... dit-il doucement en s'asseyant dans le fauteuil de bois.

Il entreprit de défaire le ruban vert qui retenait le papier argenté et ne put s'empêcher de remarquer que la mystérieuse sorcière avait poussé le détail jusqu'à choisir les couleurs de Serpentard pour le paquet cadeau... Cela le fit sourire, mais quand le papier tomba, il perdit son sourire et sentit sa gorge se serrer. Lentement, d'une main tremblante, il prit l'encrier d'argent et déglutit. Des souvenirs affluaient dans son esprit, douloureux mais en même temps si agréables...! Lorsqu'il retourna l'objet, l'ayant indéniablement reconnu, il laissa échapper un hoquet et plaqua sa main libre sur sa bouche pour retenir un sanglot en reposant l'encrier sur le bureau.

— Lily...! lâcha-t-il dans un souffle.

Son regard se posa sur l'encrier renversé, vide heureusement, et il serra les mâchoires en voyant les lettre L et E gravées dessous dans un rond. Lily Evans. S'adossant à son fauteuil, Rogue ne parvint pas à retenir ses larmes. Il était éreinté nerveusement et s'il n'avait pas fait ce stupide Serment de Fidélité avec Narcissa, il se serait déjà enfui ! Mais il ne pouvait pas, il était coincé ici, avec Drago, car il avait juré de le protéger !

— Quel stupidité ! jura-t-il alors en reniflant.

Il tira un mouchoir d'une de ses poches et tenta de se redonner une contenance. Lorsque son regard se posa sur la conque posée sur des dossiers comme un presse-papiers parfaitement ordinaire, il déglutit. Où Befana avait-elle trouvé cet encrier ? Lily l'avait perdu alors qu'ils étaient en deuxième année ; sa mère le lui avait offert pour Noël et un jour, elle l'avait oublié en classe et ne l'avait plus jamais retrouvé...  Rogue ouvrit soudain de grands yeux.

— La Salle sur Demande ! C'est sûrement là qu'elle se cache !

Il amorça le mouvement de se lever, mais s'arrêta en cours pour se rasseoir lentement.

⏳ L'héritièreDes histoires addictives. Découvrez maintenant