71

208 11 8
                                        

Votez, commentez partagez plz ⭐️
⚠️ (moment spicy à la fin)
_____________________________

Quand mon réveil a sonné, je me suis levée.

Pas parce que j'en avais envie, pas parce que j'allais mieux. Juste parce que la veille, je n'étais pas allée en cours et que rester enfermée une journée de plus aurait fini par m'étouffer.

Hier, j'étais restée chez moi. À dormir trop, à penser trop et à laisser les heures passer sans vraiment les compter. Je n'étais pas aller en cours.

Aujourd'hui, je n'avais plus cette option.

Je me suis préparée lentement. Les gestes étaient lent presque automatiques. Douche, vêtements, cheveux attachés sans y penser. Je n'ai pas cherché à être jolie, j'étais épuisée.

Dans le miroir j'avais l'air fatiguée. Les traits tirés, le regard un peu vide. Mais debout et c'était déjà ça.

La maison était silencieuse quand je suis partie. Ma mère était déjà au travail et mon frère sûrement au collège. J'ai refermé la porte doucement derrière moi, comme si le moindre bruit pouvait me faire renoncer.

Sur le chemin du lycée j'avais cette sensation étrange d'avancer à côté du monde, pas vraiment dedans. Les gens parlaient fort, riaient, vivaient. Moi, j'avançais avec ce qui se passait dans un coin de ma tête, en permanence.

Quand je suis entrée dans la cour, mon cœur s'est serré.

Darrian n'était évidemment pas là.
David non plus.
Et forcément... Laly aussi.

Même si je ne comptais pas aller avec elle. Même si on ne se parlait plus. Son absence faisait partie du vide général. Tout le monde semblait incomplet.

Je me suis dirigée vers ma classe sans traîner.

À l'intérieur, les discussions ont continué et je me suis assise à ma place, sans lever les yeux.

La chaise de David était vide.

Je l'ai regardée une seconde de trop. Mon ventre s'est noué, ma gorge aussi. J'ai détourné le regard avant que ça ne déborde.

Le cours a commencé, le prof parlait, écrivait au tableau. Je notais machinalement, sans vraiment comprendre ce que j'écrivais. Les mots entraient, mais ne restaient pas.

Mes pensées revenaient toujours au même endroit.

À l'hôpital.

Les heures se sont étirées, lentes et lourdes. Personne ne m'a vraiment parlé et ça m'allait. J'avais besoin de ce silence là, de ne rien devoir à personne.

À la pause je suis restée seule. Assise quelque part, à regarder mon téléphone sans le regarder vraiment. Aucun message. Et pour une fois, je ne savais pas si ça me soulageait ou si ça me faisait encore plus mal.

L'après midi a été pire que le matin. La fatigue est retombée d'un coup. Une fatigue profonde, pas physique. Celle qui te tombe dessus quand tu tiens trop longtemps.

Quand la sonnerie de fin de journée a retenti, j'ai senti un soulagement immédiat.

Je n'allais pas rentrer chez moi.
Je le savais déjà.

J'ai quitté le lycée sans me retourner, le sac sur l'épaule, le cœur un peu trop serré. En direction de l'hôpital.

Parce que même épuisée, même vide, c'était là que je devais aller.

Pendant le trajet, je regardais défiler les rues sans vraiment les voir. Les images se mélangeaient à mes pensées. À Darrian, à la situation, aux personnes qui lui ont fait ça. Tout tournait dans ma tête.

𝐨𝐮̀ 𝐜̧𝐚 𝐯𝐚 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐦𝐞𝐧𝐞𝐫 ?/ 𝐃𝐃 𝐎𝐒𝐀𝐌𝐀 Où les histoires vivent. Découvrez maintenant