Chapitre 28

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Deux ans avaient passé.

Jay serrait tendrement Mila dans ses bras. Il enfouissait son visage dans ses cheveux, respirant son odeur comme pour s'en imprégner avant de partir. Il ne voulait pas la lâcher. Il avait rêvé de ce week-end en tête-à-tête avec Tessa, imaginé chaque instant, mais à présent, tout ce qu'il ressentait, c'était ce tiraillement au cœur à l'idée de laisser sa fille. Il savait que ce n'était que deux nuits, que Mila serait avec Salvina, sa cousine, qu'elle s'amuserait, mais il comprenait enfin Tessa. Il comprenait pourquoi elle avait hésité à fêter leurs deux ans de mariage, eux qui n'avaient pas célébré leur première année car ils ne voulaient pas laisser leur fille.

- Jay, tu vas l'étouffer.

Il relâcha légèrement son étreinte. Mila éclata de rire, ses petites mains posées contre son torse.

- Mais elle va tellement me manquer.

- Papá et mamá aussi vont me manquer. Mais je vais m'amuser avec Salvina pendant trois jours. Tía Sophia a dit qu'on irait à la grande foire.

- C'est vrai, dit-il en souriant tendrement devant sa joie.

- D'ailleurs, Princesse, il faudra que tu aides tía Sophia à surveiller tío Tony. Quand il va à la foire, il mange trop de bêtises, après il a mal au ventre, dit Tessa avec un sourire.

Mila rit.

- Je le surveillerai, mamá.

- Je sais, princesse.

Tessa prit leur fille dans ses bras.

- Tu vas vraiment nous manquer, mais amuse-toi bien. On viendra te chercher dimanche avant souper.

- On pourra faire dodo ensemble ?

- Bien sûr, princesse, répondit-il en caressant ses cheveux.

Depuis que Mila faisait partie de leur vie, elle dormait rarement ailleurs, même lorsqu'elle passait ses journées chez sa cousine. En deux ans, cela n'était arrivé que trois fois. Mais cette fois-ci, elle allait passer deux nuits loin d'eux. Deux longues nuits. Le plus long éloignement qu'ils avaient connu.

¤¤¤

Tony était passé chercher Mila après avoir fait des courses. La séparation avait été plus difficile qu'ils ne l'avaient laissé paraître. Mais ils n'en avaient rien montré devant Mila, qui rayonnait à l'idée de la foire le lendemain.

Une fois la porte refermée, le silence dans la maison leur avait semblé assourdissant.

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Leur première nuit avait été calme. Se retrouver seulement tous les deux, sans les petits pas de Mila, sans ses rires, sans ses appels, c'était étrange. Il ne s'y ferait jamais.

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Ce samedi, il avait prévu un petit-déjeuner au lit. Il s'était levé tôt, était allé à la boulangerie préférée de sa femme, choisissant avec soin chaque viennoiserie. Il n'était pas aussi doué que Severide en cuisine, et sa belle-mère ne lui avait pas encore appris à faire des petits-déjeuners, mais il faisait de son mieux, avec tout son cœur.

En rentrant, il vérifia que Tessa dormait encore.

Il prépara le café.

Quand il fut prêt, il servit deux tasses, les posa sur le plateau avec les viennoiseries, puis entra dans la chambre baignée par la lumière douce du matin.

Il déposa le plateau sur la table de chevet, puis, après s'être mis en sous-vêtements, il se glissa dans le lit réveillant Tessa avec tendresse et sensualité.

¤¤¤

Le petit-déjeuner fut suivi d'une douche sensuelle, puis d'étreintes passionnées.

Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas pu entendre sa femme se laisser aller complètement, sans retenue. Ils faisaient l'amour, bien sûr, mais les occasions où Mila n'était pas là étaient rares. Alors ils se contenaient, retenaient leurs voix, leurs gémissements. Mais là, il n'y avait plus de retenue.

Leur faim l'un de l'autre finit par s'apaiser lorsque leurs estomacs se rappelèrent à eux, les faisant rire, encore essoufflés, encore enlacés.

Après une nouvelle douche, séparée cette fois-ci, ils mangèrent des pizzas qu'il avait commandées pendant que Tessa se préparait.

Installés dans le salon, ils regardèrent les films qu'ils avaient vus lors de leur premier moment tendre, presque trois ans auparavant.

La nostalgie se mêlait à la douceur du présent.

Au bout du troisième film, le désir revint. Un simple regard échangé suffit. Sans un mot, ils quittèrent le salon pour leur chambre. Ils ne voulaient pas faire l'amour à l'endroit où ils vivaient des moments en famille.

**

Tessa ne savait pas où Jay l'emmenait. Il lui avait seulement demandé de porter une belle robe, et son ton mystérieux avait éveillé sa curiosité.

- N'ouvre pas les yeux tant que je ne te le dis pas.

- Promis. Je ne suis pas celle qui rompt ses promesses, répondit-elle en souriant.

- J'étais trop impatient et curieux de savoir ce que ma fille m'avait fait comme gâteau pour mon anniversaire.

- Tu lui avais promis de ne pas ouvrir le frigo pour avoir la surprise, mais tu l'as ouvert

- Je sais ... J'ai toujours aussi honte de moi. Merci de ne lui avoir rien dit.

- Je ne voulais pas gâcher sa surprise.

Jay posa un baiser sur sa main.

- Nous sommes arrivés, mais n'ouvre toujours pas les yeux.

- D'accord.

Il l'aida à sortir de la voiture, guidant chacun de ses pas.

- Voilà, tu peux ouvrir les yeux.

Elle les ouvrit lentement et resta figée.

C'était le restaurant italien qu'elle adorait. Celui qui avait fermé quelques mois plus tôt.

- Jay ... comment ... ?

- Si Monsieur Cariano a fermé, c'est qu'il n'avait personne pour reprendre le restaurant, mais il a trouvé quelqu'un. Un apprenti sorti de nulle part, mais qui aimait énormément cet endroit ... comme sa sœur.

- Quoi ?

- Monsieur et Madame Halstead, votre table est prête.

- Thiago ?

La surprise fut totale en découvrant son plus jeune frère devant elle.

- Bonsoir Tessa.

- Tu as repris le restaurant ?

- Oui. Je n'en parlais pas, mais j'en avais marre de travailler dans cette agence de marketing. Je n'y trouvais aucun plaisir, à part la paye. Mais quand je cuisinais ...

- Attends ... tu n'as jamais voulu cuisiner avec mamá.

- Parce qu'elle était une professeure trop difficile. Je voyais comment elle était avec toi, ça m'intimidait. Mais j'ai recopié ses cahiers de cuisine et je m'entraînais chaque fois que j'avais du temps. Quand j'ai appris que notre restaurant préféré avait fermé, j'ai contacté Monsieur Cariano. J'ai dû faire mes preuves, mais il a accepté avec joie de me confier son restaurant. Ce soir, c'est une soirée privée. Mais dès lundi, j'ouvre officiellement.

- Je suis si heureuse que tu aies trouvé ta voie, Thiago.

Elle le prit dans ses bras, le serrant avec fierté et tendresse.

- Et merci de faire revivre cet endroit.

- Tout le plaisir est pour moi.

Sous un sourire complice, son frère les guida, Jay et elle, jusqu'à leur table.


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