-« Melody ! Réveille-toi, on est presque arrivées.
Je levai une paupière, puis l'autre. Le paysage me parut entièrement vert émeraude à perte de vue.
- Quelle heure est-il ? Demandai-je à ma mère, embrumée par le sommeil.
- Il est 18h30. »
J'avais dormi deux heures sans me réveiller. Un vrai miracle. Je m'étirai longuement tout en observant ce nouvel environnement, qui n'avait rien à voir avec les rues parfaitement pavées de la Philadelphie. C'était une grande étendue de verdure, parsemée d'arbres au feuillage roux, majoritairement des érables. La route sur laquelle on roulait était étroite, vieille et en mauvais état. C'était une route de campagne. Il y avait une chaîne de montagnes conséquente à ma droite, ce devait sans doute être les fameuses Montagnes Vertes de Killington Peak. Elles étaient magnifiques. On arrivait à présent à Mendon, une ville légèrement plus petite que Chittenden. Le soleil était au rendez-vous et illuminait l'orée de la Forêt des Montagnes Vertes. Le Vermont était un endroit sauvage, toujours vert grâce aux pluies régulières, et assez touristique, malgré son isolement et la faible population.
J'étais d'habitude plutôt calme mais une certaine agitation s'était emparée de moi à mon insu. Mon cœur battait la chamade et j'étais impatiente de voir notre nouvelle maison, notre nouvelle vie.
Au beau milieu de la forêt dense, Chittenden était en vue, construite dans cet océan floral, semblable à un havre de paix.
Ma mère gara la voiture devant un petit hôtel entièrement en bois et entouré d'érables rougeoyants. L'endroit était magnifique.
-« Je vais demander où se trouve notre chalet Mélo, tu peux sortir te dégourdir les jambes si tu veux. » me dit ma mère qui avait l'air sous le charme, elle aussi, de ce lieu unique en son genre.
Je descendis avec elle. Le vent était frais pour une soirée de fin d'été, il faisait beaucoup moins chaud qu'à Philadelphie mais j'avais l'impression que l'air était plus pur que dans le centre de la ville aux pavés. Je pris une grande inspiration, consciente que cet environnement me plaisait déjà. Je vis un chemin de fer ancien qui avait dû être rénové pour favoriser les déplacements touristiques jusqu'au lac, ou pour le transport du sirop d'érable, une spécialité de la région vendue à prix d'or.
Ma mère et moi entrâmes dans l'établissement touristique. Je l'attendis dans la salle de réception de l'hôtel étoilé, puis je me mis à observer les gens qui allaient et passaient. Pendant que ma mère demandait des informations à la jeune réceptionniste, des touristes, valises ou sacs de voyage à la main, faisaient leurs adieux aux employés de l'hôtel avec de grands sourires ravis. Ils semblaient comblés par leur séjour mais, malheureusement, ne pouvaient pas rester plus longtemps à cause de l'été qui s'achevait et du travail qu'il allait falloir reprendre bientôt. Je me mis à penser à ma rentrée prochaine, moi aussi. A quoi ressemblait le lycée de Chittenden ? Allais-je devoir suivre des cours par correspondance comme je l'avais fait la majorité de ma scolarité ?
Ma mère me sortit de mes pensées en me faisant un petit geste de la main pour me dire qu'on repartait. Je me levai et je la suivis.
Le trajet dura un peu plus d'un quart d'heure. Nous arrivâmes devant le chalet. J'eus le souffle coupé tant c'était beau : nous étions légèrement en retrait de la ville, près d'un cours d'eau. Il y avait de nombreux chemins en terre battue qui longeaient la petite rivière dont je ne connaissais pas le nom. La verdure y était abondante. Les érables nombreux et flamboyants nous procuraient leur ombre protectrice. Le chalet était fait en bois majoritairement, comme l'hôtel et certainement comme une bonne partie des bâtiments en ville. Ce matériau donnait un charme singulier, très forestier, à notre nouveau chez-nous.
-« Prends tes affaires, nous allons nous installer ma chérie. » m'ordonna gentiment ma mère en m'arrachant à ma contemplation béate.
De tous les endroits que j'avais vus dans ma courte vie, Chittenden et ses environs allaient être de loin mes préférés, j'en étais certaine. Le Vermont nous ouvrait grand les bras en nous souhaitant la bienvenue dans son paradis vert. J'avais déjà oublié le soleil de la Philadelphie.
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Les Voyous.
AdventureIl était une fois une belle histoire avec de jeunes gens qui jouaient à devenir grands. Il était une fois une bande d'amis aux allures de voyous, qui remplissaient la vie avec des doses excessives de danger. Il était une fois une aventure de jeunes...
