minifantome
Hermione, assise sur son lit, secoua la tête et la prit entre ses mains. Ses longs cheveux châtain foncé vinrent chatouiller son visage quelques instants. Ses yeux marron étaient animés d'une lueur de désespoir. Elle grogna et jeta ce qu'elle tenait dans la main. L'objet atterrit à l'autre bout de la pièce et éclata contre le mur dans un bruit à peine perceptible. Elle se leva d'un bond, et, maladroite, se cogna violemment dans sa table basse. Elle marmonna un juron moldu des plus réputé et se rassit et se tenant la jambe.
Elle se sentait stupide. Elle s'était, à vrai dire, rarement sentit aussi bête. Comme il le lui disait si bien, elle était une « stupide fille ». Elle soupira et rejeta sa tête en arrière, la posant sur le dossier du canapé. Elle recommençait à penser à lui. Attrapant un coussin dans lequel elle enfoui son visage, elle hurla un bon coup pour se défaire de sa colère magistrale.
« Stupide fille. »
Sa voix ne voulait pas la quitter. Elle la hantait, quoi qu'elle fasse. Son ton narquois ne cessait de résonner dans sa tête. Elle jeta le coussin qui ne tarda pas à rejoindre l'objet qui avait volé en éclat contre le mur. Elle essaya de calmer sa respiration saccadée et se leva à nouveau, s'approchant de la fenêtre. Son souffle forma une trace ronde de buée sur la surface plane et transparente. Elle contempla la rue grouillante de monde. Cette ville où elle avait mit les pieds plutôt par hasard était finalement devenue le lieu de tous ces sentiments contradictoires qui s'agitaient en elle. Si seulement elle n'était jamais venue habiter ici. Si seulement…
Pour commencer, elle ne serait jamais sortie dans toutes ces soirées mondaines. Si seulement elle n'était pas la voisine de Ginny et Harry Potter… Elle avait eu le choix mais avait eu la mauvaise idée de s'installer à quelques minutes de leur vaste appartement. C'était une effroyable erreur parce que oui, elle avait des amis qui souhaitaient ardemment la voir officiellement avec quelqu'un. Hermione n'était pas une allumeuse, ça non. Mais il lui était arrivé de voir quelques hommes depuis que la guerre était finie. Des hommes qui ne restaient pas longtemps, parcequ' Hermione ne pouvait pas tomber amoureuse.
Enfin, elle l'avait longtemps pensé.
Avec Ron, ça ne s'était pas très bien fini. Son obsession à parler de son frère Fred était morbide. Hermione ne supportait plus de l'entendre répéter à quel point la guerre avait été injuste avec eux, emportant les meilleurs et laissant des pourritures sans nom s'en sortir. Elle n'avait pas réussit à vivre avec ça. Elle avait étouffé dans les souvenirs du rouquin. Il vivait dans le passé sans s'attarder sur le présent. Sur celle qui attendait patiemment qu'il fasse comme Harry et Ginny et lui offre un somptueux mariage, brillant, lumineux, romantique et tourné vers le futur. A la place de ça, il continuait de vivre dans ces souvenirs douloureux qui l'habitaient, de jour comme de nuit.
Elle avait fini par jeter les armes. Elle ne voulait pas de cette histoire là. Elle l'aimait, bien sûr. Mais elle détestait la guerre.
Pour l'aider à fonder une famille digne de ce nom et à surmonter sa peine, ses deux amis l'avaient fortement incitée à participer à ces nombreuses célébrations où les héros de la guerre étaient sublimés et mis en valeurs. Sous les spots lights, comme on dit dans un certain jargon.
Hermione aimait la lumière. Elle aimait qu'on la félicite. Mais pas pour cette guerre. « Bravo d'avoir tué des hommes qui avaient choisit le mauvais coté ! ». Bien sûr. Merci. Félicitations. Joie. Bravo. Et surtout n'oubliez pas de vous pendre en sortant. Non, décidément Hermione n'était pas de ceux qui aimaient être adulés pour avoir sauver le monde.
Elle haussa les épaules, plus pour elle-même que pour autre chose et retourna s'installer confortablement dans le canapé, essayant de se remémorer quand toute cette horrible mascarade avait commencé.
