31 - La vue du sang

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"L'amitié sans confiance, c'est une fleur sans parfum."

Jeudi - 15h45

Les révisions s'enchaînent, mon cerveau vrille complètement. On a passé toute la matinée à relire nos fiches, s'interroger entre nous et discuter des matières compliquées. Finalement, je n'ai pas eu besoin de louper puisque Alexis nous a donné rendez-vous vers seize heures quinze. Entre-temps, pendant la pause qu'on s'est attribué, j'ai appelé mon avocat, c'est une femme d'une quarantaine d'années, j'ai demandé à ma mère de m'en trouver une qui n'a aucun contact avec mon père puisque celui-ci dispose de plusieurs avocats, du moins il garde contact avec eux.

Maître Barrel.

Je lui ai expliqué toute la situation en vitesse puisque au téléphone ce n'est pas évident, mais je veux que tout soit réglé au plus vite et je sais que les poursuites prennent beaucoup de temps. Elle m'a expliqué à son tour ce que ma démarche engendrerait, j'ai acquiescé même si elle ne pouvait me voir. Je lui ai confié que ma mère disposait un dossier avec plusieurs preuves, mais que tout ce qui pouvait être accusation se trouvait sans doute sur son ordinateur dans son bureau professionnel. J'ai donc obtenu un rendez-vous demain en fin de journée, après les cours pour lui déposer le dossier et lui confirmer ma volonté à continuer ma démarche de poursuivre mon père pour « Détournement de fonds de l'hôtel Soriani » se servant de cet argent pour des affaires illégales.

Après ça, j'ai continué à martyriser mon cerveau, réfléchissant à tout ce qu'elle m'avait expliqué. Si je confirme, elle va demander à ouvrir une enquête, à fouiller les locaux de l'entreprise, à vérifier les comptes. Il peut être condamné ou être amené à payer une grande somme d'argent, remboursant tout ce qu'il a volé, soit, s'endetter jusqu'à la fin de ses jours.

Étant mineur, ma mère doit m'accompagner et prendre la responsabilité de toute cette affaire. Elle m'a dit être prête à prendre ses dispositions, à faire tout ce qui est possible pour m'aider. Je me doute que ça doit être difficile d'accuser son époux, de le foutre dans une merde incroyable, mais ce n'est pas comme ci, il avait été le mari parfait. Je sais bien qu'il n'a pas été indulgent envers ma mère, elle n'a pas voulu en parler. J'ai eu le droit à un : '' Je vais t'aider du mieux que je peux, mais en ce qui concerne notre mariage, reste en dehors. Je m'en occupe.''

« - Eh oh ! Thomas » Hurle Arthur accompagné de l'élève qui m'a gentiment ramené chez moi l'autre jour.

« - Désolé, j'étais dans mes pensées » répondis-je

Ils rigolent quelques instants avant de m'annoncer la fin de la journée ennuyeuse. Je les remercie, leur serre la main, prend mon sac et je me dirige vers la sortie pour le rejoindre.

De mes mains, je force sur le muret pour m'asseoir dessus, en hauteur. Mes pieds ne touchent plus le sol, je souris me maudissant d'être petit. J'enfonce mes écouteurs dans mes oreilles puis je balance mes jambes d'avant en arrière, les reluquant pour faire passer le temps.

Une paire de chaussures blanche attire mon attention soudainement. Je relève immédiatement la tête, tombant aussitôt sur le visage angélique d'Alexis. Les bras croisés, il se tient devant moi, droit comme un piquet. Je retire immédiatement mes écouteurs, prêt à descendre, mais je suis retenu par ses grandes mains posées sur chacune de mes cuisses, son corps entre mes jambes. Ses lèvres se posent sur les miennes quelques secondes, un baiser simple.

« - J'ai dû attendre ma collègue pour pouvoir partir, j'ai pris du retard » Dit-il papillonnant des yeux, me faisant rire.

« - Retarder le moment ne me dérange pas du tout » Avouais-je anxieux d'affronter nos amis.

Ne me laisse pas.Des histoires addictives. Découvrez maintenant