Dénouement

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Hugo n'aurait jamais pensé connaitre le quotidien de la prison d'Azkaban. Depuis ses débuts dans la carrière d'avocat quelques années plus tôt, il avait envoyé un certain nombre de détenus derrière ces barreaux hostiles. Pourtant, jamais la perspective de s'y retrouver lui-même ne l'avait effleuré.

La culpabilité l'étreignait, pourtant. La certitude de devoir payer pour son crime, de mériter un châtiment. Mais son combat contre Albus – et sa crainte de la prison, il est vrai – avaient prévalu. Plus maintenant.

A son arrivée à Azkaban, Hugo avait immédiatement été placé en isolement. La nouvelle de son incarcération n'avait pas été communiquée aux autres prisonniers, pour ne pas créer un mouvement de foule. Libre, Hugo Weasley n'était pas l'homme politique le plus populaire du pays. A présent, emprisonné et impliqué dans un scandale sexuel, à l'encontre du nouveau Ministre de la Magie, il était l'homme le plus méprisé d'Angleterre. Par conséquent, sa vie au sein de la prison d'Azkaban était menacée.

Seul dans sa cellule, Hugo ressassait ces pensées sans vraiment savoir quoi en retirer. Les conditions d'emprisonnement s'étaient tout de même améliorées depuis la guerre : les Détraqueurs étaient partis, et les prisonniers avaient le droit à un confort décent. Mais Hugo savait qu'au terme de son procès, ce qui l'attendrait, ce serait de longues années de solitude. Jamais on ne le laisserait sortir de cette cellule, pour sa propre sécurité. Jamais il n'aurait la chance d'engager un contact humain non terni par son crime. Hugo était accusé de tentative de viol. Tout le monde savait ce qui arrivait aux pervers sexuels en prison.

Hugo secoua la tête. Finalement, à l'intérieur ou en dehors de sa cellule, il ignorait ce qui était le pire. Ni combien de temps il passerait ici.

Un bruit contre les barreaux le tira de ses réflexions :

- Weasley, aboya le gardien. Vous avez de la visite.

Hugo se leva, circonspect. On le conduisit jusqu'au parloir des visiteurs. Là, lorsque la porte s'ouvrit pour se refermer derrière lui, Hugo eut la stupéfaction de se retrouver face à Albus Potter.

- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il par réflexe.

Albus sourit. Il se tenait appuyé contre le mur de la pièce isolée, les bras et les jambes croisés, dans cette attitude décontractée qu'Hugo n'avait jamais supportée :

- Salut, cousin, dit-il.

- Qu'est-ce que tu fais là ? répéta Hugo.

- Au cas où tu voudrais que je te le rappelle, je suis toujours avocat.

- Oui, pour l'accusation. C'est toi qui va instruire mon procès ?

Le sourire d'Albus s'agrandit :

- Assieds-toi, dit-il en désignant la chaise en face de lui.

Lui-même prit place en lissant soigneusement le devant de son costume. Comme toujours, il était très élégant. Mais quelque chose semblait s'être assagi dans sa démarche, sa tenue. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, maintenant que les élections étaient passées, Albus avait moins l'air d'un jeune loup aux dents rayant le parquet. Il ne dégageait plus cette aura de folie et de fanatisme qu'Hugo avait toujours décelée en lui. Visiblement, au vu de son silence, Albus était conscient de son regard, de ses réflexions, et il le laissait le dévisager sans dire un mot.

- Pourquoi tu es là ? finit par demander Hugo pour la troisième fois.

Albus hésita quelques instants. Cela non plus, cela ne lui ressemblait pas. Ses doigts pianotaient sur la table, comme s'il cherchait ses mots. Finalement, il se lança :

Pandemonium (Scorpius x Albus)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant