Coucou!
Bon bah voici ma nouvelle lubie du moment ^^ Ce texte n'a pas encore de suite. Je pense bien m'en servir comme prologue d'une histoire. Je ne sais pas si elle sera rapidement la prochaine que j'écrirais, mais suite à une musique que m'a fait écouter ma soeur, j'avais envie de l'écrire. J'avais besoin de coucher ces mots sur un papier avant qu'ils ne m'échappent. C'est fou comme des fois le temps peux être votre pire ennemie. J'ai des tonnes d'idées et pas assez de temps pour toutes les exploiter --"
Bref! J'espère que ce petit passage vous plaira aussi! ^^
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Des regards braqués sur moi. Beaucoup trop. Des visages qui n'ont même pas besoin de sourire pour montrer leur joie. Des sourires d'enfants, des sourires d'adultes, des sourires que ressemblent à ceux de monstres pour moi. Le son du violon. Un son distordant. Un son que je ne veux pas entendre. Il n'a rien à voir avec toi.
Le violon continu de craché ses notes pourpres. Je trembles. L'esprit vide, le cœur engourdie, je suis perdue. Les sons s'étendent à l'infini autours de moi. J'entrouvre mes lèvres. Mais rien ne vient. Rien. Je suis seule. Je suis perdue sans toi. Des rires froids résonnent dans mon dos mais je ne les entends même pas. Seul le violon continu de tourner encore et encore.
-Chantes!
L'injonction me fait sursauter. J'ai peur. Sa voix me terrifie. Ses regards fixés sur moi me paralyse. Je n'y arriverais pas. Je ne le peux pas. Les jambes tremblantes, je ne vois que ces visages. Ces visages qui ont changé d'expression. Plus de joie, plus d'excitation, juste de la déception, de la colère.
-Chantes!
J'ai beau déglutir, je ne peux pas. Le violon me semble à présent sinistre. Les notes discordantes m'entourent et m'oppressent. Je ne peux pas chanter. Aucun son ne me vient. Ma voix ne me répond pas. Tout m'échappe alors que je ne voudrais plus que hurler. Les huées emplissent bientôt le chapiteau. Tous les visages figés sur moi ne me font que me faire me sentir rejetée. Je ne suis pas à ma place ici. Ce n'est pas moi. Je ne suis pas moi, ici, debout sous ce dôme de toile. Ce n'est pas moi! Les cris ricochent sur ma peau me meurtrissant avec une douceur acerbe. Une nouvelle injonction et des rires mesquins dans mon dos. Mais je ne peux pas. Je ne le peux tout simplement pas. Tournant les talons, je m'élance vers la sortie.
Les larmes m'échappent alors que je reste muette. Je ne peux pas. Je ne peux tout simplement pas. Et tu n'es plus là. Continuant à courir, je bouscule à l'aveugle ce qui heurte mon chemin. Je ne veux pas voir le monde qui m'entoure. Je ne veux pas le voir. Il n'a plus aucune saveur sans toi. Toute couleur semble l'avoir déserté comme tu as déserté... Les poumons en feu, ma gorge me brule mais c'est bien le seul signe qui me prouve qu'elle est toujours là. Aucun son ne me vient. Rien n'échappe du gouffre de mes entrailles. Rien alors que je ne voudrais que hurler. Je ne souhaite que me perdre dans la nuit. Je ne veux que disparaître. Puisque tu n'es plus là, je n'ai plus de raison de continuer à vivre. Je n'ai plus de raison de chanter...
Le sol se dérobe sous mes pieds. L'humus s'enfonce sous mes doigts. Mes ongles raclent le sol alors que je m'effondre. Où es-tu? Pourquoi es-tu parti? Pourquoi m'as-tu laissé? Toutes ces questions s'embrouillent dans mon esprit. Elles s'enfoncent jusque sous ma peau. Elles me marquent au fer rouge. Elles sont là, omniprésentes. Elle ne veulent pas se taire ni disparaître. Alors que toi, tu n'es plus là. Toi, tu t'es évaporé. Des pas s'approchent de moi. Je les perçois plus que je ne les entends. Des bottes crissent dans mon dos. Je ne veux pas me redresser. Je ne veux pas regarder derrière moi. A quoi bon? Ce n'est pas comme si tu allais réapparaitre derrière moi. Et pourtant, je me relèves sur un coude. Le vent me frôle avec délicatesse. Une délicatesse qui me manquera atrocement par la suite. L'ombre dans mon dos n'en est pas une. Même dans la nuit noire, je distingue son haut-de-forme. La forme cylindrique qui surplombe sa tête ne peut pas me tromper.
C'est lui.
Mon bourreau.
Le premier coup, je ne le vois pas arriver. Seule la douleur me surprend. Le visage à nouveau contre la terre, la souffrance gonfle ma joue gauche. J'ai mal. La gifle fait déjà tonner le sang à mes tempes, mais il ne s'arrête pas là. Un autre coups. Puis encore un autre. Plusieurs coups suivent. Trop nombreux pour que je puisse les compter. « Tu aurais dû chanter! Tu n'avais qu'à chanter! Et tout ce serait bien passé! » Il continu de crier. Il continu de m'injurier, pourtant, je ne l'entends plus. Les coups continuent de pleuvoir. Mais je ne les sens plus. Je ne sens plus mon propre corps. Il ne me semble même plus être le mien. Chaque sens engourdie, chaque sensation anesthésiée, le sang poisse lentement ma peau. Je devrais souffrir. Je devrais hurler. Mais je n'en ai plus la force. Le visage déformé par la haine de mon bourreau entre dans mon champ de vision. Je n'entends plus sa voix. Je n'entends plus rien d'autre que les battements de mon cœur. Il continu à battre, même sans toi. Je continue à vivre, même sans toi. Et même si cela me tue, je n'y peux rien. Je pleure en silence. Le sang glisse de mes plaies. Des bosses et bleus peinturent ma peau. Le goût salé des larmes et celui métallique du sang s'est répandu dans ma bouche sans que je ne m'en rendre compte. La vérité me saute soudainement au visage en même temps que la boue se forme contre ma joue. Mon cœur ne se brise pas dans ma poitrine. Il n'était déjà plus entier. Des bras m'entourent solidement. On me tire du sol froid et du calme de la nuit. Tu m'as abandonné. Tu m'as laissé derrière toi sans te retourner. Tu m'as abandonné!
Le sol tangue dans mon champs de vision sans que je ne le vois. Une porte. Des planche de bois claquent sous des bottes. Je ne me sens plus présente. Je ne suis plus là. Je le sais à présent. Je suis morte. Totalement morte. Déposée inerte sur un lit, une respiration sifflante m'échappe. Je ne la perçois pas vraiment. Tout comme je ne perçois pas vraiment la souffrance de mon corps. Respirer m'est difficile et malgré tout, ma cage thoracique continu de se soulever. Des pas s'éloignent. Une silhouette noire franchit la porte pour mieux la refermer derrière elle. Une clé tourne dans la serrure. Je suis enfermée. Je suis totalement seule. Tu m'as renié. Tu m'as abandonné. Et maintenant, je suis prisonnière. Je suis prisonnière d'un cauchemar.
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Écrits en vrac
FantasiaRecueil de fragments d'inspiration. Extraits d'histoires futures, de projets en attente ou juste de mots couchés sur le papier.
