II - Pourquoi écrire, entre arrogance et pathétique...
Il y a des tas de raisons d'écrire qui ramènent toutes à un même principe : exister.
Écrire, c'est extérioriser ce qui est en nous pour que d'autres y aient accès, participer, en étant lu, à l'identité d'autrui (principe de l'autobiographique qu'on retrouve dans ma nouvelle Effets de modes ou mes poèmes inspirés de ma vie dans mon recueil Aubes et crépuscules).
Écrire, c'est donc exister aux yeux du monde, faire société.
Bien sûr, il faut une certaine forme de prétention et d'exhibitionnisme pour écrire, car l'acte d'écrire crie au monde qu'on s'estime digne d'intérêt, qu'on a quelque chose à proposer qui mérite d'être connu, reconnu (vous en avez un bel exemple dans le présent ouvrage que vous honorez de votre lecture. Hum.) Mais, après tout, si nous sommes tous semblables par notre nature d'humain qui rend chacune de nos expériences universelle, nous sommes aussi tous singuliers, façonnés que nous sommes par nos parcours particuliers : deux bonnes raisons, donc, de s'estimer intéressant.
Parfois, cette prétention vient d'une impérieuse nécessité d'être reconnu comme individu en vie dans la masse anonyme et déshumanisée de nos sociétés : être lu, être vu pour se sentir vivre. C'est un sentiment grisant que d'être lu, apprécié pour ce qu'on a créé ! Et cela peut vite devenir une drogue, une dépendance qui peut nous pousser à être prolixe, à nous répandre sans discernement et, en nous diluant, à nous perdre nous-mêmes en n'ayant plus rien à apporter aux autres, qui se lassent et se détournent de nous, nous laissant retomber dans la solitude, l'anonymat, la mort (j'espère n'en être pas là mais vous avez ici une évocation pathologique de ce que sont souvent pour moi les réseaux sociaux, thème récurrent dans mes textes).
D'autres fois, ce sont nos mondes intérieurs qui deviennent trop grands pour nous et il devient vital d'y accueillir des lecteurs pour habiter ces univers imaginaires de leurs commentaires et émotions afin de ne pas s'y isoler et dépérir (c'est par exemple le cas pour mes romans Le Miroir du Temps, Échecs et mat ou Puzzled).
En d'autres occasions encore, c'est le besoin, le désir d'influer sur le monde qui nous pousse à prendre la plume afin d'agir depuis l'abri de notre écran, de notre feuille, à peu de frais en somme, afin de se sentir citoyen et acteur du monde (référence à mes textes engagés : L'actualité rongée par les vers, Journal d'un militant, mes essais du recueil Cogito ergo boum ! mon objet sonore Une bouteille en enfer et à mon engagement dans tous mes textes).
Généralement, l'écrivant est tout cela à la fois : enfant en mal d'amour, Dieu créateur peuplant sa création et messie venu guider le monde.
Enfin, si on est si nombreux à aimer écrire, au-delà du plaisir d'ego d'avoir une existence aux yeux des autres, c'est surtout parce que ça fait du bien. Écrire est une activité de psychanalyse : on ne crée jamais à partir de rien mais à partir de ce qui nous constitue, de notre passif familial à notre expérience de la vie, en passant par notre culture et nos idéaux. Écrire, c'est brasser tout ce qui nous compose et le réordonner pour donner du sens à notre existence. On vit les vies de tous ses personnages, qui revivent notre vie différemment. Écrire, c'est être mille humanités en un seul esprit, c'est se démultiplier par des incarnations fictives pour mieux se comprendre et devenir. La fiction est une part de la réalité de celui qui l'accouche comme de celui qui s'y plonge.
Bref : écrire, c'est le total kif !
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RastgeleGuide d'écriture pour écrivant débutant. Ce guide se compose de plusieurs parties : - une introduction pour nourrir votre réflexion d'écrivant ; - des fiches outils sur les différents aspects de l'écriture pour vous perfectionner ; - des explicatio...
