Chapitre 3

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— Encore

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— Encore.

Mei Ing était en sueur, son corps la faisait souffrir de toute part mais elle était déterminée à remporter le Royal Game. Elle prit une grande inspiration et souleva son bâton pour frapper la marionnette automatisée, qui se tenait face à elle, pour lui donner des coups.

— Non, Mei. C'est simple, le combat est une danse qui requiert-

— Agilité, rapidité et détermination. Je sais, Simplet.

Son mentor hocha de la tête et replaça ses mains dans sa tunique violette.

— Le problème, et tu le sais, c'est que je ne suis pas agile.

— C'est pour ça que nous nous entraînons à renforcer les deux autres. Recommençons.

— On peut faire une pause ?

— Il n'y aura pas de pause dans l'arène. On reprend.

Intérieurement, elle pestait contre lui bien qu'il eut raison. La détermination, elle l'avait, c'est ce qui l'avait tenu toute sa vie. Le Royaume Enchanté était sa promesse d'une vie plus agréable. Dès sa naissance, ce ne fut pas le cas. Mei Ing était née sous la politique de l'enfant unique en Chine. Comme il était presque de coutume, les filles étaient rejetées, considérées comme peu rentable.

Mais ses parents avaient gardé espoir en leur fille qu'ils avaient voulu éduquer comme les bonnes filles à marier qu'elle devait imiter. Sa mère lui apprenait à se tenir convenablement, à servir le thé et à apprendre l'art de converser. Mais tout ceci ne collait pas à Mei Ing, tout ce qu'elle arrivait à faire c'était renverser tout ce qu'elle touchait et à dire aux gens ce qu'elle pensait d'eux, sous le regard honteux et déçu de sa mère. Elle ne rentrait tout simplement pas dans le moule.

La jeune asiatique se souvint également des journées sans fin, passées au jardin avec son annonce. Dès ses dix ans, son père l'emmenait tous les samedis au parc où le marché était déjà en place. Comme tous les autres, ils se trouvaient un emplacement, ouvraient leur parapluie posé par terre et y collèrent leur feuille A4 ventant les mérites de Mei Ing à quiconque voudrait en faire l'épouse de son fils. C'est comme ça qu'on mariait les enfants en Chine, pratique qui se fait encore aujourd'hui. Bien évidemment, la franchise de Mei Ing revenait au galop à la moindre remarque des passants qui osaient la critiquer.

Au bout de trois années à participer au marché, Mei Ing en eut marre et elle avait jeté son dévolu sur une mère venue l'interroger sur sa façon de parler. La jeune adolescente ne s'était pas retenu de lui balancer toutes les insultes qu'elle connaissait. Énervé, son père avait tout remballé et ils étaient rentrés chez eux.

— C'en est fini, avait scandé son père à l'adresse de sa mère.

— Que se passe-t-il ?

— Je t'avais dit qu'on aurait dû s'en débarrasser à la naissance ! Elle n'est bonne à rien. Tu ne fais que ramener la honte et le déshonneur sur notre famille.

Royal GameOù les histoires vivent. Découvrez maintenant