Chapitre 17: Mila

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Date de publication: 10/01/2018



Chapitre 17: nouvelle expérience

Une nouvelle année a commencé depuis maintenant trois jours. Une nouvelle année qui était censée être différente la dernière dans bien des aspects. Et pour être différente, oh oui qu'elle l'est, juste pas de la façon que je désirais qu'elle le soit. Ma routine semble avoir repris son cours, même sans Max. J'ai l'impression de l'avoir perdu à nouveau. La seule différence est qu'au lieu de le détester et d'avoir peur de lui, je me fais du souci. La voix de Briana dans le téléphone me fait sortir de mes pensées. Elle m'avait commissionnée pour aller remettre des clés d'un local à un de ses clients et comme une grosse attardée, j'ai oublié de feuilleter le contrat afin de voir son nom, et je n'ai écouté Briana que d'une seule oreille.

- Le nom est Enzo Dambreville. Et dépêche-toi s'il te plaît, il t'attend...

Je m'empare de mon sac à main laissé en catastrophe sur le siège passager et vérifie que les clés s'y trouvent bien. Je descends ensuite de la voiture et traverse la rue pour rentrer dans le commissariat où j'étais venue lorsque je voulais voir Max. Je secoue la tête tentant de chasser ces pensées de mon esprit. J'ai terriblement besoin d'arrêter de penser à cela. Je prends les escaliers qui mènent à l'intérieur et me dirige vers l'homme qui se trouve à l'accueil. Je le reconnais car c'est le même que l'autre fois.

"J'aimerais voir le capitaine Dambreville", dis-je après avoir vérifié une dixième fois le nom que m'a envoyé mon superviseur afin de s'assurer que je ne l'oublie pas.

L'homme lève enfin la tête de son écran et semble me remarquer pour la première fois. Il semble encore moins enthousiaste que la première fois que je suis venue. L'autre fois, j'avais tellement l'impression qu'il ne voulait que se débarrasser de moi que pendant une seconde, j'avais douté de ses paroles lorsqu'il m'avait affirmé que Max n'était pas là. Un de ses sourcils est légèrement surélevé, je me retiens de lever les yeux vers les cieux.

"Est-ce que le capitaine Dambreville est ici ?» ; je demande à nouveau, persuadée qu'il ne m'a pas entendue.

"Ça dépend de qui le demande. Vous avez rendez-vous ?"

"Non, mais..."

"C'est une question de vie ou de mort ?

"Non..."

" Alors, il n'est pas là. Vous voulez laisser un message ?"

Je reste stoïque sous la surprise. J'espère qu'il plaisante. Ou pas. Je ne suis pas d'humeur pour ce genre de plaisanteries, ni pour supporter les caprices du jeunot. Vu son allure, je pense qu'il sort fraîchement de l'école de police. Et ça prend déjà des airs hautins. Je me retiens de lui faire des remarques désagréables, ce qui pourrait très certainement empirer la situation.

"Ecoutez, dites à votre capitaine que je suis une employée de Dill Habitation et que..."

"Mon capitaine m'a clairement fait comprendre qu'il ne voulait pas être dérangé..."

"Ecoutez, je comprends que vous ne faites qu'obéir, mais moi aussi j'ai reçu des ordres clairs de ma patronne. Alors, prenez juste le temps de contacter votre patron et dites-lui que je suis de Dill Habitation et que je viens de la part de Briana Woods".

De ses yeux verts, il me fixe pendant de longues secondes qui semblent durer une éternité que je commence à me demander si je saurais me montrer polie encore longtemps. Finalement, il finit par lâcher un long soupir, à croire qu'il est tout le temps fatigué et prend le téléphone. Je me permets d'observer autour de moi pendant qu'il parle au capitaine Dambreville. Des affiches sont postées un peu partout, de prévention, de recrutement. Des personnes vont et viennent, je suppose que pour certains le réveil après le réveillon du nouvel an n'a pas été sans mauvaises surprises. Lorsque finalement il me demande de patienter, j'ai presque envie de lui balancer une remarque cinglante. Ce n'était pas si compliqué finalement. Je me contente de lui adresser un sourire qui se veut chaleureux et m'éloigne de son comptoir.

PROMESSES (PIIL Tome 2)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant