Monsieur E.

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- Je vois que même après une trentaine d'années, tu n'as pas perdu la main avec les armes, continuais-je ( Je sens le canon trembler à ma mention des trentaine d'années) Et oui Edmund, trente ans que nous nous sommes pas revus. Il va falloir cependant que je t'explique quelque chose. Je t'en prie, assieds-toi en face. (Le canon ne bougea pas) Edmund, repris-je calmement, assieds-toi, fait moi confiance.

Il semble que mon vieil ami m'ait écoutée, puisque l'arme se déplaça de mon crâne. Les pas lourds reprennent. Désormais, en face de moi, se trouve un vieil homme torturé par le temps. Le dos courbé, il s'assit dans le fauteuil en face de moi. Je détaillai son visage, des rides encerclaient ses yeux, ses cheveux étaient grisonnant et manquaient par endroits. Malgré ça, je reconnaissais Edmund dans la lueur de son regard, toujours d'un bleu/gris électrique. Je m'appréciais pour avoir désactivé les prédictions de mort. Je remarquai aussi, l'arme toujours pointée sur moi :

- Joli Beretta...

- C'est impossible ! Tu ne peux pas être elle !(Il fit une pause avant se reprendre) Tu...tu es sa fille c'est ça ? Mayra serait-elle morte ? Et comment es-tu entrée ici ? Le bâtiment est surveillé tout le temps !

- Le passage Edmund, tu t'en rappelles ? (Je montrai l'armoire du doigt, il se redressa en écarquillant les yeux) il n'y a que toi et moi qui connaissons le passage, je me trompe ?

Je souris lorsque son regard passait de l'armoire à moi. J'espère qu'il a comprit.

- Mayra ? C'est vraiment toi ? Après toutes ces années...Mais comment as-tu fais pour rester aussi jeune ?

- Justement... Je veux t'en parler. Mais il ne faut pas que tu deviennes fou, les mots que tu entendra sont vrais. (Il fronça les sourcils en hochant la tête, je soupirai) Edmund, je ne suis pas humaine...

Edmund éclata de rire et il faut dire, je m'attendais à cette réaction. Mais la plupart sombrent dans la folie lorsqu'on leur avoir ce genre de chose. Pour m'assurer que mon vieil ami ne perde pas la tête, je me concentrai sur son aura et senti une pointe de folie. Il fallait agir, si ça continuait, il deviendra totalement fou. Je me levai brusquement, fis le tour du bureau et lui attrapai les épaules.

- S'il-te-plaît Edmund, crois-moi ! Regarde moi dans les yeux ! (Je plongeai mon regard dans ses yeux bleu océan) Edmund, te souviens-tu lorsque nous étions pourchassés par la police dans le hangar ? (Il acquiesça) la police avait tiré sur nous. Je m'étais prise deux balles dans l'épaule, proche du coeur. J'ai survécu et même couru ! Comment tu peux expliquer ça rationnellement ? (Edmund se crispa et je sentis que sa folie s'apaisait, il fallait que je continue) te souviens-tu, qu'après m'être battue sur le toit du building, un type m'avait jetée par dessus le toit et j'avais fait une chute libre d'une vingtaine dégage ? Comment peux-tu expliquer que je m'en sois sortie rien qu'avec des égratignures ?

Edmund baissa la tête et sa folie disparu entièrement. Il me croyait désormais. Je lui ordonnai de regarder mes yeux pour lui montrer les vrais. Mes iris changèrent de couleurs : l'un rouge et l'autre blanc. Je vis Edmund se retenir de crier de stupeur. Il prit la parole après que mes yeux soient redevenus noisettes, à l'image des mortels.

 La Mort Où les histoires vivent. Découvrez maintenant