Vision

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Avant même que je pose ma main sur la poignée de la chambre, la porte s'ouvrit à la volée. Jay était dans l'encadrement, ses cheveux noirs mouillés et son regard métallique pétillant de fureur. Oups, j'allais payer.

- Tu étais où ? Demanda-t-il d'un ton énervé.

- Je peux entrer et on en discute à l'intérieur ?

Il me laissa passer non sans lâcher quelques grognements et je m'installai sur le lit. Puis, dans une vaine tentative de défense, je regardai Sam qui sortait tout juste de la salle de bain.

- Sam le sait, je lui ai dit !

- Tu m'as juste dit que tu allais faire un tour, répliqua Sam sèchement en haussant un sourcil.

Merci pour le soutien...

- J'étais dans un bar, répondis-je honnêtement (pour la première fois de toute mon existence)

- Tu as bu de l'alcool, déclara Jay.

- Je...

- Ce n'était pas une question, mais une constatation, tu sens l'alcool.

Je fermai la bouche. J'entendis le rire étouffé de Sam et je le fusillai du regard. Le Démon se ressaisit et se mit à tousser.

- Et alors ? Rétorquais-je avec arrogance, tu fumes bien toi ! Pourquoi je n'aurais pas le droit de m'amuser, papa ?

- Mayra...

- Je n'ai rien fait ! Même mieux, j'ai prévenu un gars qui me...

Je m'arrêtai. Oh non, je n'aurais pas dû commencer cette phrase...

- Qui te faisait quoi ? Grogna Jay en plissant les paupières.

- Rien, rien du tout. Oh mais qu'est-ce que je raconte moi ? Bon je vais à la douche ciao !

Ouais j'ai rien trouvé de mieux

Je soupirai en claquant la porte de la salle de bain.

Quelques minutes plus tard, je sortis de la salle de bain, les cheveux mouillés, habillée d'un pyjama composé d'un T- shirt et d'un short. Jay était posé sur son lit et Sam était sur son téléphone qui venait d'apparaître dans ses mains. Jay se redressa a ma venue et me regarda m'avancer vers mon lit. Comme personne daignait commencer une discussion, je me suis jetée sur le lit et me suis enroulée dans la couette. Une ombre est ensuite allée éteindre la lumière. Quelques grognements de protestation s'élevèrent, mais je leur ai gueulé de se taire avant de leur souhaiter bonne nuit. Ils ne m'ont bizarrement pas repondue.



Je me trouvais dans une pièce blanche, très lumineuse, contre un mur. En face de moi, je vis un homme tout habillé de blanc assit sur un fauteuil. Devant lui trônait un bureau rempli de paperasse en pagaille et une chaise opposé à son fauteuil.
Qui était-ce ? Je voulus m'approcher mais c'était comme si mon corps ne répondait pas. Comme si j'étais la spectatrice de la scène qui allait probablement suivre. Pourtant l'homme devait savoir que j'étais là puisqu'il tourna sa tête dans ma direction et dit :

- Votre altesse, il ne vous reste pas beaucoup de temps.

- Qui êtes-vous ? Arrivais-je à articuler.

- Cela n'a pas d'importance, écoutez-moi. Il n'est pas loin, il devient de plus en plus puissant. Il...

- Professeur ? Demanda une personne a l'autre bout de la pièce invisible pour moi, à qui parliez-vous ?

- Je rouspétais sur mon bureau mal rangé, répondis l'intéressé en détournant vite fait sa tête.

- J'ai besoin de vous.

Je vis le professeur plisser les paupières et un de ses sourcils se hausser. Cela semblait sérieux.

- Que voulez-vous Raphaël ? Que voulez-vous réellement ? Rectifia le professeur.

- Votre mort.

Sans explications une lance d'or se ficha dans l'abdomen du professeur. J'étais stupéfaite. Le professeur se plia  en deux et des ailes s'élevèrent dans son dos. Des ailes d'Ange. Ses plumes étaient bordées d'or et ses ailes immenses. Pour la première fois, je les trouvais magnifiques. Mais une volée de flèches s'y fichèrent, barbouillant les plumes immaculées d'or. Certes, ces ailes étaient déjà bordées d'or, mais l'or qui giclait de ses ailes n'était pas aussi somptueux, et les tâchait.

Le professeur, qui était en lévitation, s'écrasa au sol, s'étalant au travers de la pièce. Des pas se rapprochèrent. Désormais, je voyais Raphaël dans toute sa diabolique splendeur. Il n'avait pas changé, mais il dégageait une aura forte et puissante, comme s'il avait soudainement ingurgité une dose de pouvoir en plus. Pourtant, il ne semblait pas me voit contrairement au professeur. Ce dernier n'en menait pas large et suffoquait, tentant de se protéger avec le reste de ses ailes. Raphaël s'approcha de l'Ange blessé, et s'accroupis face à son visage.

- Professeur, déclara-t-il d'un ton sadique mais doucereux a la fois, vous m'avez déçu. Je saviez que vous n'étiez pas de mon côté, mais il ne fallait pas tenter de créer une rébellion contre moi, vous savez que je déteste qu'on me désobéisse. (Il fit une pause en se relevant, il commença à faire les cents pas.) J'ai l'immense honneur de vous annoncer que votre fils est mort de mes propres mains. Oh ! Exagéra-t-il, mais n'était-il pas de cette rébellion ?  Le chef qui plus est ! Tanpis, finit-il.

- Vous...le payerez...murmura le professeur.

- Comment professeur ? Comment ? Michael et Gabriel ne sont plus là. Vous me deviez obéissance ! (Raphaël fit une pause) Une dernière chose à ajouter avant de mourir ?

Le professeur ne pipa mot. Un poignard argenté et bleu apparu dans la main de l'Archange. Il lui abattit froidement l'arme dans le cou de l'Ange. Un flot de sang doré jaillit et une flaque s'étala au sol près de moi.

Je me réveillai soudainement et me redressai. C'était bel et bien Raphaël qui avait assassiné un des siens. Avais-je donc vu une vision ? On aurait dit que le Professeur savait que je viendrais là-bas. M'avait-il appelée ? En tout cas, j'étais sûre d'une chose, Raphaël était devenu beaucoup plus puissant. Je le ressentais jusqu'au fin fond de mon être.

 La Mort Où les histoires vivent. Découvrez maintenant