Chapitre 21

101 10 0
                                        


Mes yeux s'ouvrent difficilement. 

Je les cligne plusieurs fois car ils me piquent à cause de la fatigue. 

Pendant un très court moment, j'ai l'impression d'être dans mon petit appartement près de la fac. Que je me réveille pour aller en cours ou même passer mes partiels. J'ai même tâté dans l'air vers la gauche : c'est l'endroit où je trouve normalement une prise pour allumer ma lampe de chevet. C'est quand je ressens une présence avec moi et que j'entends les ronflements de Castiel ça me revient.

 Je suis dans un van défraichi et je voyage depuis presque quatre mois avec mon meilleur ami. Meilleur ami avec qui il y a une ambiguïté depuis quelques jours. Et peut-être même depuis plus longtemps que ça et que je ne m'en rends compte que depuis peu. 

Depuis peu, c'est-à-dire depuis ce jour où nous étions sur le point de nous embrasser. 

Je me tourne sur le côté dans mon duvet en étirant mes muscles endoloris par l'inconfort de notre logement. Je tombe sur le visage endormi de Castiel. Sa bouche entrouverte m'arrache un rire tellement il a l'air stupide. Je vois alors ses traits qui se déforment signe qu'il va se réveiller, il ouvre alors un œil après l'autre avec un bruit de gorge montrant son mécontentement.


« Putain Mya tu m'as réveillé.

-Je suis désolée, ricané-je. Mais quand tu dors t'as vraiment une tête de teubé. »


Il grogne mais je sais qu'il trouve ça drôle. C'est bizarre qu'on ait une relation basée sur une forte complicité. Mais en même temps qu'il y ait tant de secrets entre nous et tant de choses que l'on ne se dit pas.

 Par exemple, mes doutes en ce moment même, normalement les gens en parlent non ? Je souris doucement en voyant que Castiel s'est déjà rendormi. Je fais de petits bruits avec ma bouche pour le réveiller mais en vain. Je le regarde un long moment avant de chuchoter pour moi-même.


« Castiel, ça recommence comme en l'an 40... je retombe amoureuse comme une idiote. »


Il ne réagit pas et ça me rassure. J'ai voulu prendre des risques en disant des choses dont je ne suis même pas encore sûre moi-même.


♪♪♪♪♪♪♪♪♪♪♪♪♪♪♪♪♪♪♪♪


Lucas, un grand ami de Castiel, vient avec une tonne de pintes de bières sur un plateau. Il galère un peu et les pose sur la table centrale. Je souris moqueusement ce qu'il remarque immédiatement. Il vient se poser à côté de moi sur la banquette et me donne un coup de coude dans le bras. Je ris un peu. Son bras se pose sur le repose tête derrière moi et il fait mine de rien tout en discutant avec un autre gars du groupe. Comme si je n'avais pas remarqué que, depuis ma rupture avec Castiel il y a deux mois, il tentait n'importe quel rapprochement avec moi. Je ne suis pas naïve. Il est gentil comme garçon malgré qu'il soit un peu trop moqueur. Mais là n'est pas la question : il ne m'intéresse pas.

Une personne vient tout juste de rentrer dans le bar et mes yeux ont capté ce visage que je reconnais. Un sourire éclot sur mes lèvres presque automatiquement. Ses prunelles grises presque noires, zigzaguent dans le bar pour trouver où nous sommes. Ma main s'élance dans les airs pour capter son attention. Il nous remarque enfin. Je me mords la lèvre avec malice tandis qu'il s'approche de nous. Ses cheveux noirs caressent son visage anguleux au rythme de ses pas. Je remarque qu'il porte un jean noir et le t-shirt à l'effigie de Nirvana que je lui ai offert et ça me fait étonnement plaisir de voir qu'il le porte. Comme si il m'adressait un message à moi et seulement à moi, une sorte de clin d'œil. Il s'arrête enfin devant les gars et non devant moi.

On the RoadOù les histoires vivent. Découvrez maintenant