(Deux semaines plus tard)
Léane retournait au dortoir des filles quand elle entendit une voix derrière elle. C'était Narcée. Elle se retourna vivement et esquissa un sourire timide, ses yeux se plissants derrière ses lunettes rondes.
— Salut ! Alors, tu t'es perdue ?
— Euh... non, je vais au dortoir, c'est tout.
— Disons que tu t'es perdue, rit le jeune blond. Tu veux venir traîner un peu avec nous, après les cours ? Nous, je veux dire, moi et mes amis.
Léane sentit du feu monter dans ses joues. Elle n'acceptait que rarement ce genre de proposition, préférant se réfugier dans la lecture. D'ailleurs...
— J'ai... un devoir à terminer. Tu sais, celui que monsieur Ferrand nous a donné la semaine dernière ?
— Toi ? Tu fais un devoir de la semaine passée ? T'es possédée ou quoi ? D'habitude, tu les fais en avance !
— Oui, mais... là, j'ai oublié de le faire.
— Tu as tout le week-end pour le terminer...
— Désolée.
Elle repartit sans un regard dans la direction opposée. Bien sûr qu'elle l'aurait suivi, si cette fichue asocialité ne la gardait pas tant en son sein. Alors, à chaque fois qu'elle sentait ce bloquage en elle, elle s'excusait et repartait de son côté.
Elle arriva finalement à sa chambre et s'affala sur son lit moelleux. Son internat faisait les choses en grand. Deux lits étaient disposés au milieu de la pièce, contre le mur. Les duvets étaient blancs et les murs bleu pastel. Il y avait deux gigantesques armoires-penderies de chaque côté de la chambre. Sa colocataire était bien entendu confortablement installée elle aussi — il y avait toujours quelqu'un qui était au pensionnat depuis plus longtemps que les nouveaux, dans les chambres des nouveaux — et elle avait décoré son côté avec des posters de chanteurs connus et de magazines de mode.
Il y avait une affiche qu'elle connaissait mieux que tout : un mannequin portant une robe sur-mesure que son père avait créée il y a quelques mois. Son père l'avait créée pour elle. Il avait dû penser qu'avec ses yeux vairons la robe lui irait bien. Léane avait effectivement les yeux vairons, mais portait des lentilles de couleur noisettes, ayant peur qu'on lui fasse des remarques. Des enfants maladroits lui avaient déjà montré ses drôles d'iris et d'autres s'étaient moqués d'elle sans raison valable, disant qu'elle était déformée — ce qui était tout à fait faux, la jeune fille avait un corps plus qu'acceptable.
Léane entendit soudain un bruit venant de derrière. Elle se retourna, puis vit une jeune fille qui devait être un peu plus âgée qu'elle, peu être d'un ou deux ans, fermer la porte. Elle était blonde, possédait des yeux bruns et avait une grande taille. Elle était assez sympa, mais un peu bizarre. Léane se rappela leur rencontre, deux semaines plus tôt, après les cours.
— Hey. tu dois être ma nouvelle coloc' ?
— Oui, c'est moi. Je m'appe-
— Léane, je sais, c'est marqué sur la porte. Moi, c'est Iris. Tu es la fille de Paolo Ricardo, si je me fie à ton nom de famille ?
— Oui... tu suivais mon père ?
— Oui ! J'adore ses collections, il est... était très créatif. J'ai quasiment tous ses habits ! Enfin, pas les siens, les vêtements qu'il a créé... enfin, tu vois ce que je veux dire.
Iris n'avait rien dit de plus. Elle était allée faire sa toilette et était allée se coucher. Léane était passée à la salle de bain commune juste après elle. Elle avait pris une douche, s'était brossée les dents et les cheveux puis avait enlevé ses lentilles. Et deux ou trois micro secondes plus tard, elle avait entendu un "woah" et s'était retournée très vite, surprise. Elle avait vu Iris en train de fixer ses yeux.
— Mais je rêve ou tu m'as espionnée ?
— T'as les yeux de deux couleurs ?
— Réponds à ma question !
— Comment tu dis ça, toi ? Et oui, je t'espionnais, mais c'est pas ma faute !
— On dit les yeux vairons. Ça se fait pas d'espionner ! Et comment ça, ce n'est pas de ta faute ?
— T'es trop belle avec, tu ne devrais pas les cacher ! En fait, si, c'est de ma faute.
Fronçant les sourcils devant cette réponse ambiguë, Léane avait tout de même dessiné un petit sourire sur ses lèvres.
Iris était drôle, dans son genre. Peut-être qu'elle se ferait une amie, après tout, après deux semaines de solitude — enfin presque de solitude, parce que Narcée la hélait chaque fois qu'il la voyait, comme s'ils étaient les meilleurs amis du monde.
Et ce soir-là, Léane rêva, et ce ne fut pas un songe ordinaire.
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LE PHŒNIX
Paranormale[TERMINÉ] TOME 1 : L'Appel du Phœnix Il y a bien longtemps, alors que les humains n'existaient pas, que les nymphes et les elfes peuplaient la Terre et que la magie existait, une plume de Phœnix tomba sur un fleuve. Magie. Déesse. Prophétie. Terre...
