— Oui, maman ? Je vais en soirée avec des amis aujourd'hui... désolée de pas t'avoir appelée plus tôt... non, je vais bien, t'inquiète pas... haha, j'ai le droit de sortir, aussi ! J'ai presque dix-huit ans... non, c'est bon, j'ai tout ce qu'il me faut. Iris ? Oui, elle est avec moi.
Léane venait d'appeler Hélène pour lui signaler qu'elle irait en soirée et qu'il ne faudrait pas s'inquiéter si elle ne répondait au téléphone au soir. En effet, mère et fille s'appelaient au moins une fois par semaine, et généralement les jeudis, lors des soirées étudiantes. Léane n'y allait jamais et ces soirs-là étaient plus calmes que les autres jours de la semaine, donc elle en profitait.
La jeune fille raccrocha après avoir dit à sa mère qu'elle l'aimait, puis elle se tourna vers Aali. Cette après-midi, ils avaient trouvé une affiche annonçant une grande fête annuelle le douze octobre ; autrement dit, le jour même. En réfléchissant, Léane avait conclu que si un Descendant qui aimait faire la fête était à Athènes, il irait très probablement là-bas. Et puis, les soirées étaient généralement des lieux de rencontre et de regroupement. Iris, Narcée, Léane et Aali iraient donc à cet endroit le soir-même. Aali avait accepté à contrecœur, puisque Morphée lui avait dit que ce serait sa première fête sur Terre, et qu'il avait prévu quelque chose avec Schéhérazade.
Au soir, ils se retrouvèrent donc tous parés de tenues pour l'occasion. Léane avait remis la robe imaginée par son père, et avait fait l'effort de mettre un peu de maquillage — Iris l'avait aidée. Celle-ci était vêtue d'une robe noire et argentée qui ne lui allait pas vraiment, mais qui moulait ses formes. Narcée, lui, portait un simple t-shirt bordeaux à motifs et un jean. Aali avait essayé de se mettre à la mode terrienne : il portait un pantalon bleu foncé, une chemise blanche à manches retroussées et un t-shirt de la couleur de ses yeux. Il avait aussi des chaussures dont il se plaignait constamment.
Les quatre jeunes gens apparurent à côté de l'auberge à laquelle Léane et Aali avaient mangé. Léane activa son pouvoir et tout lui apparut clairement. C'était la première fois qu'elle utilisait la vision du Phœnix la nuit, et c'était étrange, car elle avait l'impression d'être en plein jour... mais les lampadaires et les lumières des maisons étaient allumés. Grâce à son pouvoir, elle guida ses compagnons comme elle pouvait voir les affiches de loin. À vingt-trois heures, c'était l'heure pour les grecs d'aller manger, ainsi, il y avait encore du monde dans les rues et dans les restaurants.
— Dès qu'on arrive, j'enlève mes chaussures, se plaignit pour la énième fois Aali. Je ne sais pas comment vous pouvez les garder toute la journée, j'ai l'impression de ne plus appartenir à la Terre !
— Rien que ça, ricana Narcée. Eh ben, je te conseille plutôt de les garder, sauf si tu veux te faire marcher sur les pieds !
— De toute façon, c'est pas comme si tu pouvais faire autrement, ajouta Iris. À part si t'arrives à voler.
— Ce serait génial, de voler... pensa Léane à voix haute.
— Si ça se trouve, un des Descendants peut le faire, dit Narcée.
— Hermès, certainement.
Aali trébucha sur sa propre jambe et tomba de tout son long sur la chaussée. Les trois autres s'esclaffèrent aussitôt, même Léane ne put retenir un gloussement en le voyant étalé sur le sol. Le jeune homme se releva et les fusilla du regard. Il fit disparaître ses chaussures d'un geste de la main rageur, et bouscula Iris, qui avait voulu l'aider.
— Dégage, cracha t-il avant de se tourner vers Léane : dépêche-toi de nous amener à ta fête inutile.
En colère et du haut de son mètre soixante-dix, Léane s'avança vers lui et frappa sa nuque. Non habitué à ce que quelqu'un le tape, Aali réagit avec un temps de retard. Il s'écarta sèchement. Rieur, Narcée le dépassa. Il était temps que quelqu'un le remette à sa place.
— Par ici, montra Léane. C'est juste derrière.
La nuit noire révélait ses yeux oranges, devenus plus dorés. Ils brillaient comme deux petites lumières dans l'obscurité. Heureusement pour elle, Narcée avec assuré qu'on pouvait les confondre avec des reflets de la lumière. Elle espérait qu'il eut dit la vérité, car elle devait garder cette apparence à tout moment sur Terre. C'était ce qu'elle s'était dit, et c'était ce qu'il y avait de plus raisonnable.
Les quatre jeunes se dirigèrent vers une villa d'architecture moderne d'où provenait de la musique contemporaine, des cris et des lumières de toutes les couleurs. Léane ouvrit grands les yeux. Apparement, cette fête était vraiment quelque chose. Il y avait des gens et de la lumière sur tous les étages, au nombre de trois, y compris sur le toit. Et ce n'était pas tout : les gens étaient si nombreux qu'elle ne pouvait les distinguer, ou voir ne serait-ce qu'une trace de magie des Descendants.
Elle avait remarqué que chaque personne avait plus ou moins de magie en elle, comme une petite flamme à une certaine partie de leur corps — les mains, la poitrine, les jambes —, et que seuls les Descendants l'avaient presque partout. Lorsqu'elle regardait Iris, Aali et Narcée avec la Vision du Phœnix, elle les voyait débordants d'énergie surnaturelle. À l'inverse, quand elle observait une personne « normale », elle voyait juste un petit peu de clarté débordant ici et là.
Bien sûr, elle ne se méprenait pas.
Avant leur transformation, les deux étudiants n'avaient pas révélé plus de magie que les autres mortels dans leur corps. Seule la vision des douze dieux aidait Léane à les trouver.
Encore fallait-il qu'elle sache qui la provoquait !
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LE PHŒNIX
Paranormal[TERMINÉ] TOME 1 : L'Appel du Phœnix Il y a bien longtemps, alors que les humains n'existaient pas, que les nymphes et les elfes peuplaient la Terre et que la magie existait, une plume de Phœnix tomba sur un fleuve. Magie. Déesse. Prophétie. Terre...
