[TERMINÉ] TOME 1 : L'Appel du Phœnix
Il y a bien longtemps, alors que les humains n'existaient pas, que les nymphes et les elfes peuplaient la Terre et que la magie existait, une plume de Phœnix tomba sur un fleuve.
Magie. Déesse. Prophétie. Terre...
Léane, Iris et Narcée écarquillèrent les yeux. Ce qui les entourait ne pouvait pas être réel ! Des colonnes d'un style grec ancien se dressaient devant eux sur des dizaines de mètres en longueur et en largeur. Sur plusieurs étages se superposaient des sortes de pièces, toutes bordées par des colonnes. Autour du gigantesque édifice, des canaux larges d'une douzaine de mètres bordaient le sol, tout fait de marbre couleur crème. Des cascades partant du haut du bâtiment se déversaient dans ceux-là, comme une énorme fontaine. Mais là n'était pas le plus impressionnant : à tous les niveaux étaient plantés des arbres, des arbustes, des fleurs et tout ce qui pouvait appartenir à la flore d'une planète. Toutes sortes de plantes se trouvaient là : du simple crocus au baobab — quatre de ces deniers arbres étaient visibles, aux quatre bouts de l'édifice.
— Soyez les bienvenus dans les jardins suspendus de Babylone, déclara fièrement l'homme aux cheveux bleus en se dégageant des trois jeunes gens. Remodelés à ma façon.
Léane, le souffle coupé, ne cessait de détailler la merveille disparue. Certes, le style des colonnes n'était pas celui qui correspondait à la Mésopotamie, mais il restait impressionnant. et toutes ces plantes !
— C-comment on y... entre ? balbutia Iris.
— Par le pont, bien sûr, répondit l'homme comme si c'était évident.
Léane n'arrivait pas à détacher son regard de l'édifice. Et que cela donnait-il, à l'intérieur ? Déjà que l'environnement autour des jardins n'était pas commun, elle n'osait pas imaginer dedans. Soudain, une passerelle apparut devant les quatre personnes. Ce n'était pas un pont levis, non : c'était véritablement une passerelle qui venait d'apparaître devant eux : toute faite de marbre blanc, l'homme y marcha et attendit les jeunes gens. Toujours impressionnés, ils le suivirent.
L'intérieur des jardins suspendus était aussi stupéfiant, mais d'une autre manière : contrairement à ce que Léane avait supposé, rien n'était construit comme à l'extérieur. Certes, il y avait des plantes aux murs et tout était de couleur crème, mais rien n'avait de style ancien. Tout était technologique ! Un robot attendait à l'entrée. L'homme aux cheveux bleus ôta sa veste et la lui donna, faisant signe aux jeunes gens de faire de même. Hésitants, ils s'exécutèrent pourtant.
Le rez-de-chaussée était relié à plusieurs pièces, toutes ouvertes. Quelques unes étaient séparées par des murs de moins d'un mètre de haut, d'autres par des parois en verre. On pouvait ainsi facilement repérer un salon, une salle de jeu et une salle de détente — cet étage était réservé à la tranquillité. L'homme aux cheveux bleus ne les amena pourtant pas dans une de ces salles et les guida plutôt vers un escalier que Léane n'avait pas vu. La jeune fille se retourna et constata que la passerelle avait disparu, et qu'un mur en verre translucide fermait l'entrée. L'homme rentrait donc ici par la seule force de son esprit, aussi invraisemblablement que cela puisse être. Et les jeunes gens étaient vraisemblablement coincés ici...
Les trois étudiants furent encore une fois surpris en voyant le second étage. Il n'y avait plus rien de technologique, tout était à l'image de l'époque de la Renaissance. Pour l'instant, ils ne pouvaient voir que le long corridor, mais c'était déjà assez : des lustres grandioses pendaient du plafond, et deux couleurs étaient dominantes : le doré et le marron. Un tapis de velours brun était posé sur toute la longueur du couloir, large de deux mètres au moins. Sur les murs parallèles, entre chaque porte — Léane pensait que c'était des chambres — se trouvaient des tableaux encadrés de doré. Les bords des portes et les poignées étaient également de cette couleur.
L'homme aux cheveux bleus mena les jeunes gens au fond du couloir éclairé par une baie vitrée. Un salon sophistiqué les accueillait, et les décorations étaient toutes extravagantes. Que ce soit le divan en cuir à la petite nappe sous le vase rempli d'orchidées, rien ne manquait — que ce soit en détails ou en grandes couleurs.
Narcée siffla d'admiration.
— Vous vivez pas dans un endroit banal, apprécia t-il.
— Ah ! Tout est décoré selon les désirs de ma douce, répondit l'homme. Elle a tout imaginé, sauf le dernier étage — celui-ci, j'ai tenu à m'en occuper. Il y a là toutes... tout ce dont je veux me rappeler.
Léane sentit l'homme appuyer sur le mot « imaginé ». Curieuse, elle s'apprêta à demander son nom, mais il ne lui en laissa pas le temps.
— Zaza, on a des invités ! cria t-il.
Moins d'un instant plus tard, une dame apparut devant eux. Ils sursautèrent en la voyant. Elle avait un visage serein, emprunt d'une douceur sans nom. Ses longs cheveux noirs ondulaient jusqu'au sol et ses yeux verts contrastaient pour le mieux avec son visage mat. Elle paraissait jeune, à peine plus âgée que les étudiants. Elle ne portait pas de vêtements modernes, mais une toge verte, à la façon des femmes de la Grèce antique. Elle adressa aux jeunes gens un petit sourire.
— Bonjour, les salua t-elle.
— Bon... jour... balbutia Narcée sans quitter des yeux ses formes voluptueuses.
— Je m'appelle Schéhérazade, à votre service.
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