— Incroyable... fit Léane.
— Ouais, ouais, bah en attendant j'ai ultra mal à mon crâne, j'ai l'impression qu'il va fondre !
— Non, pitié, garde les neurones qu'il te reste !
Surpris, Narcée regarda la jeune fille redevenue absolument normale. Venait-elle vraiment de faire... de l'humour ? Se reprenant rapidement, il contre-attaqua... à sa manière.
— Je suis bien plus doué que tu ne le penses, je te montre si tu veux, déclara t-il avec un air aguicheur.
— Narcée ! rougit la jeune fille.
— Oui ? Tu t'es décidée ?
— Arrête ça ! Ce n'est pas drôle ! s'écria t-elle, à bout de nerfs.
Le blond faillit ajouter une autre phrase, mais en voyant le visage rougi de colère de Léane, il se stoppa net. Il était peut-être allé trop loin... sûrement, même. Et bien qu'il aimait beaucoup jouer à ce genre de jeux, il savait quand s'arrêter. Enfin, presque. Il s'excusa auprès de la sérieuse jeune fille, et lui demanda plutôt ce qu'elle comptait faire par la suite. Il l'avait bien remarqué, elle avait souvent un coup d'avance dans ses actions.
— Tu connais bien Iris ? demanda t-elle lorsqu'elle fut un peu calmée.
— Ta coloc' ? Nan, pas trop. Pourquoi... elle aussi, tu crois que...?
— Je n'en suis pas très sûre. Ma vision, je l'ai eue quand on était tous les trois, et je croyais d'abord que c'était elle — mais c'est toi que j'ai transformé, donc mes doutes planent toujours.
— On va la voir ? proposa Narcée.
— Tu sais où elle se trouve, demanda Léane ironiquement, peut-être ? À part notre chambre, je ne sais pas où elle va d'habitude. Elle n'est pas dans notre classe et elle ne revient au dortoir que pour dormir.
Penseur — ou alors, complètement à l'ouest —, Narcée réfléchissait. Léane, elle, se demandait comment elle allait approcher Iris. Il était certain que si elle allait la voir en lui disant « Salut, j'crois qu't'as des pouvoirs, tu viens ? On va aller sauver le monde ! », elle ne risquait pas vraiment de la croire. D'un autre côté, c'était comme ça qu'elle avait annoncé à Narcée qu'il était un être magique — mais elle avait su qu'il avait des pouvoirs avant de le lui dire.
Peut-être devait-elle tout simplement attendre la nuit, qu'Iris vienne se coucher dans leur chambre, et voir si elle était effectivement ce qu'elle pensait. C'était probablement la solution la plus douce. Cependant, il faudrait lui expliquer la situation ; que Léane ne maitrisait pas encore totalement d'ailleurs, et cela risquait d'être compliqué. Enfin, si elle était une descendante.
Le cerveau de la Chercheuse — car elle avait fini par se considérer comme telle — travaillait à toute allure. Si effectivement il y avait douze descendants de dieux grecs à trouver, tous ne se trouvaient certainement pas dans son internat. Puisqu'au départ, Gaïa et sa clique étaient grecs, ils auraient dû se réincarner en Grèce. Tout au plus, ils auraient pu renaître en Italie, car les romains de l'antiquité avaient repris ces dieux en changeant leurs noms. Mais en France ? À la limite, l'Italie était proche de ce pays, mais des dieux grecs n'y avaient rien à faire. Ainsi, ils pourraient s'être réincarnés n'importe où dans le monde. Et voyager n'était pas à la portée de tout le monde — sans compter que Léane ne savait pas du tout comment retrouver les descendants : Narcée avait été un coup de chance.
— Si seulement ma mère était là... se lamenta t-elle à voix haute.
Elle devait rentrer chez elle dans un mois à compter de ce jour, à la Toussaint. Sa famille lui manquait, elle l'appelait régulièrement, mais ce n'était pas la même chose que de les voir en vrai. Léane avait toujours été proche de sa mère, et la distance censée les éloigner les rapprochait encore plus. Hélène lui envoyait des messages presque tous les jours pour lui dire qu'elle lui manquait. La jeune fille ne pouvait que s'impatienter quant aux prochaines vacances, même si les études étaient très importantes pour elle.
— Donc ? Léane ? s'impatienta Narcée.
— On retourne à nos occupations, et... je verrai ce soir avec Iris. Je te dirai demain comment ça s'est passé.
— Mouais. Tu veux pas plutôt sortir avec nous en attendant ?
— Qui, « vous » ?
— Bah, mes amis quoi ! Et moi, évidemment.
— Non.
— Non ?
— Non. Je te l'ai dit, j'ai un devoir à finir. Ce n'était pas une blague.
Sur ce, elle s'éloigna, pas fière de son coup.
Fichue asocialité !
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LE PHŒNIX
Paranormal[TERMINÉ] TOME 1 : L'Appel du Phœnix Il y a bien longtemps, alors que les humains n'existaient pas, que les nymphes et les elfes peuplaient la Terre et que la magie existait, une plume de Phœnix tomba sur un fleuve. Magie. Déesse. Prophétie. Terre...
