Chapitre 11.

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C'est une odeur de nourriture qui me sort de mon sommeil. Je fronce les sourcils et me redresse. Ok, correction : je tente de me redresser. C'est absolument pas confortable de dormir dans une position improbable sur un fauteuil. A chaque mouvement un peu trop brusque, il y a un truc qui craque, et j'ai l'impression d'avoir pris 90 ans en une nuit. Lorsque je sens quelque chose glisser sur mes bras, je baisse les yeux et remarque qu'un plaid me recouvre. Je l'avais pas quand je me suis endormi, si ?

-Tu tremblais en dormant, alors je t'ai couvert.

Je sursaute -et me retiens aux accoudoirs du fauteuil en manquant d'en tomber- et tourne brusquement la tête vers Harry et ça craque encore. Aïe.

-Quoi, tu vas me dire que tu lis dans les pensées maintenant aussi ? Je demande en me massant la nuque d'une main.

Il a l'air amusé par ma question, pour une raison que j'ignore, et ne me répond que par un sourire en coin. Bah quoi ? Après tout ce qu'il m'a annoncé, ça ne m'étonnerait pas tant que ça qu'il en soit capable.

-Hum... Merci.

Je soupire et m'étire -histoire de faire craquer les derniers trucs qui veulent craquer-, puis je me frotte les yeux. C'est horrible, j'ai cette impression désagréable de n'avoir dormi que quelques minutes, comme si j'étais toujours aussi -si ce n'est même plus- fatigué qu'avant que je dorme. Je soupire encore. Deux fois de suite, ça commence à faire beaucoup. "Cœur qui soupire n'a pas ce qu'il désire.". Ouais bah là, en l'occurrence, j'ai pas assez dormi. Je chasse rapidement de mon esprit cette voix que je ne veux pas entendre maintenant.

-On est déjà demain ?
-Non. T'as dormi que deux heures.

Deux heures ? C'est déjà pas mal. Je m'attendais à moins.
En me réveillant, j'ai senti une odeur de nourriture, et ce n'est que maintenant que je capte qu'Harry est en train de faire cuire quelque chose sur un réchaud de camping. Il a trouvé ça où ? Sûrement dans les étagères remplies de conserves.

-Je... J'ai euh... J'ai pensé que t'aurais faim en te réveillant alors...

Je hausse les sourcils. Je m'y attendais pas à celle-là.

-Oh euh... Merci ?

Et j'aurais pu jurer voir un sourire se dessiner en coin.

-Dis, comment tu connais cet endroit ?
-Je te l'ai déjà dit.
-Non, mais je veux dire, ce bunker ?
-Si j'ai habité ici, tu crois que je le connais comment ?
-T'as habité dans ce bunker ?
-Mais non... Rah, si ton appartement possède une cave, tu le sais pas vrai ? Il demande en arrêtant ce qu'il était en train de faire pour se retourner vers moi. Même si t'y vas pas, tu sais qu'elle est là et ce qu'elle contient. C'est pareil avec cet endroit.
-Oh...

Ça peut paraître n'être rien, mais je suis quasiment sûr qu'avant, il n'aurait pas pris le temps de clarifier sa réponse si je le lui demandais, et j'ai l'impression qu'on avance. J'enfouie ma tête dans le plaid, je sens la fatigue reprendre possession de moi, mais j'ai pas envie de la laisser gagner pour l'instant alors je lutte.

-Pourquoi tu pensais que cet endroit serait surveillé ?
-Tu comptes me reposer toutes les questions que tu m'as déjà posé et auxquelles j'ai déjà répondu ?
-Non, mais j'espérais avoir des précisions...

Ok, bah pour l'avancement, on repassera. Il soupire à son tour et se remet à fixer la casserole comme si c'était devenu l'objet le plus intéressant de la pièce, et moi je me recale mieux dans le fauteuil en remontant le plaid.

-Tu te rappelles, avant qu'on parte, quand je t'ai dit que ma famille avait toujours eu des différents avec certaines personnes ?

Je relève la tête vers lui, et la penche sur le côté.

Would you run ?Où les histoires vivent. Découvrez maintenant