Le laboratoire est plongé dans la pénombre, dissimulant aux yeux de tous les ustensiles et étranges machines qui trônent sur les multiples tables. Pas un bruit, si ce n'est celui du crayon contre le papier, signe que quelqu'un rédige frénétiquement une note.
Le bruit provient du bureau situé dans le fond du laboratoire. Assit à ce même bureau, le docteur Gaster fait dos au reste de la pièce, concentré sur sa rédaction intense. Il est crispé, anxieux, impatient. Les cernes sous ses yeux témoignent de ses nombreuses nuits blanches, de sa fatigue insoutenable qui le pousse vers les bras de Morphée. Mais il résiste : en cet instant, Morphée est loin de lui être attirante.
La porte d'entrée ne grince pas. Elle s'ouvre sans un bruit, faisant honneur au silence qui règne, et l'invité indésirable qui pénètre dans la salle est tout aussi discret. La porte se referme lentement, suffisamment lentement pour qu'un léger courant d'air pénètre le lieu, amenant un petit nuage de poussière à l'intérieur. Une poussière qui recouvre le nouveau venu.
L'indésirable ne bouge plus, guette un signe, une preuve que le docteur a senti sa présence. Mais il n'y a rien, seulement ce bruit continue de griffonnement. L'invité s'approche, glisse dans la noirceur, s'y mêle avec naturel.
Il parvient derrière Gaster.
Il brandit son couteau.
« Chara. »
L'intrus se fige, son arme maintenue en l'air. Un ange passe, pendant lequel l'assassin pense avoir rêvé. Mais en voyant sa victime reposer son crayon, le doute n'est plus permis et Chara perd des couleurs.
Gaster se lève sans un mot, fait reculer l'humain, puis se retourne pour lui faire face.
Chara frissonne devant les orbites sombres du scientifique, de l'expression haineuse qu'il aborde. Et sa voix gronde encore, pleine de rage et d'exaspération :
« Je n'ai pas dormit depuis une semaine à cause de ses putains de recherches, et je suis sur le point d'enfin trouver cette putain de solution. Alors ne daigne MÊME PAS me faire participer à cette route génocide, je ne suis pas d'humeur ! »
L'humain s'outre :
« MAIS GASTER ! Tout le monde doit participer !
— Je suis occupé, ne me mêlez pas à vos enfantillages ! »
Le scientifique reprend sa place initiale ainsi que son crayon.
Mais Chara est un jeune homme têtu : il gonfle les joues et s'agrippe à la manche de l'adulte, tirant dessus pour attirer son attention.
« S'il te plait ! J'ai besoin de L.O.V.E !
— Demande à tes frères.
— Noooon, Frisk veut pas participer non plus ! Et Asriel me boude, du coup il a donné du L.O.V.E à Sans ! Je vais me faire massacrer au jugement ! »
Gaster grogne, se dégage de la prise du tueur pour continuer sa rédaction en paix.
Chara retient une sublime insulte et se met à bouder, croisant les bras avec véhémence. Voyant que l'adulte l'ignore superbement, il se met à taper du pied.
Gaster se masse les tempes. Bon sang, qu'est-ce que le benjamin des Dreemurr peut se montrer insupportable ! Il préfère bien plus la douce présence de Frisk. Mais ce n'est pas le moment de penser à lui : Chara fait toujours son caprice.
« Non, c'est non. »
L'humain va pour répliquer, mais il se glace d'effrois quand un grincement strident résonne. Un grincement provoqué par la tête du scientifique qui vient, dans le plus grand des calmes, de se retourner à 180°, plantant une nouvelle fois ses orbites dans les yeux de l'humain.
« N.e m'o.b.l.i.g.e p.a.s à m'é.n.e.r.v.e.r C.h.a.r.a. »
L'adolescent hoquète de terreur :
« Ou... OUI CHEF ! COMPRIS CHEF ! »
Puis il détale en quatrième vitesse, faisant claquer la porte derrière lui.
Gaster pousse un profond soupir tandis que son crâne revient dans le bon sens. Il espère que cette petite frayeur ne traumatise pas Chara, quand bien même il l'a largement cherché.
Ses pensées sont interrompues par de nouveaux bruits de pas. Croyant au retour de l'humain, le scientifique grogne de mécontentement et se retourne avec rage, prêt à engager un combat si cela s'avère nécessaire :
« Chara, j'ai d ... ! »
Il s'interrompt, surpris et déconcerté par la masse imposante qui le surplombe. Ce n'est pas Chara mais son père adoptif : le roi Asgore Dreemurr, souverain de l'Underground. Gaster se trouve fort embarrassé d'accueillir ainsi son supérieur et se lève immédiatement, la posture droite et la tête haute :
« Mes excuses mon roi, je ne m'attendais pas à votre présence. »
Asgore fronce les sourcils puis soupire :
« Mon fils vous a encore importuné ?
- Comme à chaque route génocide monsieur, mais ce n'est pas un problème. »
Le roi grogne :
« Si, s'en est un. Je lui ai pourtant dit de ne pas vous déranger mais il n'en fait qu'à sa tête.
- Cet enfant a besoin de se dégourdir, tout simplement. Vous ne retournez pas au château l'attendre ?
- A quoi bon ? Ce n'est pas aujourd'hui qu'il parviendra à passer Sans. »
Gaster ne fait pas de commentaire, mais d'une certaine façon il est assez fier que son fils soit plus puissant que celui du roi. Une question d'ego de parent, voyez-vous ? Cependant, le scientifique culpabilise de ressentir une telle fierté en voyant le comportement du roi envers Chara. Le jeune humain lui est sympathique, malgré son attitude immature. Voir qu'Asgore n'a pas foi en lui le désole.
« Comment avance vos recherches ? interroge le souverain en regardant les notes disposées sur le bureau.
- Très bien monsieur. Je pense avoir trouvé un moyen de 'sauver' certains éléments de notre monde, de manière à ce qu'ils ne soient pas affectés par le RESET. Cependant j'aurai besoin de l'aide de vos fils, ce sont eux les principaux concernés après tout.
- Pensez vous que nous pouvons les dotés d'un tel pouvoir ?
- J'en ai l'espoir. S'ils sont capables de manier le bouton RESET, je ne vois pas pourquoi ils ne pourraient pas user d'un bouton SAUVEGARDER. »
Asgore lui offre un sourire amical, heureux d'une telle nouvelle :
« Vous êtes un génie mon ami.
- Vous me flattez mon roi, mais je ne suis pas l'auteur de cette idée. C'est mon ancienne assistante, la jeune Alphys, qui m'a soufflé l'idée.
- Oh je vois, la programmeuse qui vit en Hotland, l'amie de Undyne ?
- C'est exact.
- Vous penserez à la féliciter pour moi dans ce cas. Son idée nous sera sûrement d'une grande utilité. Les RESET sont puissants, mais perdre toutes nos avancées à chaque fois est des plus déplorables.
- Je ne peux que vous donnez raison. Quand tout sera au point, je viendrais trouver Chara et Frisk puis vous ferais un rapport détaillé. »
Le roi hoche la tête, puis le salue et repart, ne souhaitant pas le retarder davantage.
Gaster soupire, reprend sa place ainsi que son travail. Il doit finir ça en vitesse, avant que Chara n'atteigne le hall du jugement et ne se fasse tuer par Sans.
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TeserTale (FR)
Fiksi PenggemarChara essaie de gagner en crédibilité en essayant de finir une route génocide. Mais bon, mourir face a Papyrus, ça a de quoi foutre la honte ... surtout quand tout le monde se rappel de chaque Reset ! L'AU devait se nommer "ResetTale" mais j'ai déco...
