Mardi 13 novembre
13 : 54
Je montais les escaliers de l'immeuble, marche après marche, comme d'habitude, je me tenais à la barre, glissant ma main le long de celle-ci, et les écouteurs enfilés dans mes oreilles, je me sentais normale. La routine avait pris place dans ma vie et ne l'avait plus quittée depuis plusieurs années.
Mais aujourd'hui, tout avait changé. Tout avait changé à la seconde même où mes yeux ont croisé les siens. La seconde d'après, mon regard était déjà posé sur la porte de mon foyer.
Je rentrai chez moi, en disant bien fort la phrase qu'on avait pris l'habitude de dire dans la famille lorsqu'on entrait ou sortait : Assalamou aleykoum.
Aussitôt, j'entendis mon frère me répondre, les voix de mes sœurs suivirent, puis les cris du dernier-né de la maison. Je compris qu'il nous manquait plus que mon second frère et ma dernière sœur pour être au complet.
J'allais dans la cuisine en hurlant à l'une de mes sœurs de s'occuper de Aslan qui pleurait. Mon frère, Askhab se trouvait là, en train de manger un kebab alors que ma sœur Fatima préparait une soupe.
Moi (légèrement agacé) : Vous avez fait vos prières ?
Fatima : C'est pas encore l'heure, j'ai fait à manger donc assis-toi. Je vais appeler Amir pour qu'il nous achète du pain en rentrant.
Je lorgnais Askhab du regard car il ne quittait pas son téléphone des yeux, et il savait à quel point ça m'énervait qu'il le fasse à table.
Moi : Askhab, t'as fait la prière du midi ?
Il ne me répond pas, et je comprend que j'aurai beau essayé, je n'obtiendrais pas de réponse, ce qui signifiait qu'il n'avait pas fait sa prière. Je soupirai. Ça faisait des années qu'il était comme ça, et j'en avais marre de courir après lui pour qu'il les fasse.
Je sortis de la cuisine pour retirer mon voile et rejoignis ma seconde sœur dans la chambre où elle avait réussi à endormir Aslan. Je posais mes affaires sur notre tiroir et fit signe à Farida de me suivre.
On s'installa dans la cuisine, autour de la table avec mes deux sœurs et Askhab, et on mangea en papotant un peu de nos journées routinières mais c'était assez ennuyant puisqu'on pouvait pas évoquer de sujets trop intimes devant notre frère. On se contentait de blabla sur des trucs inintéressants du quartier.
Donc, pour présenter un peu, je suis l'ainée de la famille, j'ai 24 ans, et j'ai fini mes études il y a deux ans, je travaille dans un magasin en tant que vendeuse en centre-ville, pas très loin de chez moi. Et je m'appelle Makka.
Ensuite, viens ma sœur Fatima. Elle a 23 ans, et c'est l'impulsive de la maison : elle crie très souvent, mais c'est aussi l'une des cuisinières, donc personne ne dit grand chose quand elle s'énerve. Elle a fait des études en immobilier et travaille dans une agence immobilière où elle est autorisée à porter son voile Alhamdoulilah.
Puis, il y a Askhab, 21 ans, le plus fainéant de tous les hommes que je connaisse. Il ne travaille pas, ne fait aucune étude, s'est fait virer de sa fac pour quelque chose qu'il ne veut pas nous dire. Bref, c'est le cancre de la famille, et aussi le seul qui ait le courage et l'audace de répondre à Fatima.
Après, c'est Amir, qui a 18 ans. Il va passer son bac cette année, et étudie beaucoup. Il est souvent à la mosquée ou la bibliothèque, donc on ne le voit pas souvent chez nous. Il rentre tard le soir la plupart du temps, mais il me prévient de ses déplacements au cas où j'aurais besoin de quelque chose. Le vrai homme de la maison.
Le tour de Farida, 17 ans, qui est encore au lycée aussi. Elle est très serviable et m'aide beaucoup avec le plus petit, mais elle est aussi très capricieuse, et pleure souvent, ce qui a le don d'agacer Fatima.
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TCHETCHENE : Makka
RomanceC'est une simple orpheline du voisinage quand elle est repérée par une femme tchétchène. Il n'y a plus d'autre issues alors pour la jeune fille que se marier afin de satisfaire les désirs de sa famille ainsi que ceux de sa belle-famille. Mais à for...
