Vendredi 23 novembre
18 : 39
Je n'attendis pas une seule seconde pour lui demander ce qu'il était allé faire avec Amir lors de cette nuit-là. Mon frère me jeta un regard en biais pour me dire que ce n'était pas mes affaires, et je m'énervais, mais je me contenais.
Moi : Dis moi où vous étiez allé.
Askhab : Pourquoi tu veux savoir ?
Moi : Je veux savoir.
Askhab : Je veux pas que tu saches.
Moi : Pourquoi ? Pourquoi vous me faites ça ? Vous ne faites que me repoussez depuis des semaines. Je l'ai pas accepté ce mariage ! Ça me fait mal de voir que vous voulez que je parte d'ici, al...
Askhab (me coupe) : Qui veut que tu partes ?
Je compris à son ton qu'il était énervé. Je ne savais pas s'il était énervé pour ce que je venais de dire, ou parce que j'étais sur le point de pleurer.
Moi : Fatima. Amir aussi, et toi.
Je le vis alors se lever et m'attraper par les bras comme il l'avait si souvent fait autrefois.
Askhab : Personne, tu m'entends ? Personne ne t'éloignera de nous sans mon autorisation.
Je me sentis bien. Sa voix était grave et dure, pleine de colère, mais je ressentais toute la bienveillance qu'il portait à mon égard. Je me sentais soutenue par ses paroles. Quoiqu'il m'arrive, il serait derrière moi, et ça je le savais déjà, mais je l'avais oublié ces dernières années écoulées si rapidement.
Il me fit un petit câlin, et j'eus un sourire. Il était si mignon ainsi. Mais je perdis aussitôt mon rictus lorsqu'il me lâcha pour rejoindre la chambre d'Amir en fermant la porte. J'eus peur qu'ils ne se battent, alors je m'approchais de la porte, tandis qu'assises dans le salon, Faiza et Fatima firent exactement la même chose, terrifiées à l'idée qu'ils ne se battent. J'entendis vaguement Amir dire qu'ils n'avaient pas besoin de moi avant que la porte ne s'ouvre. Je ne vis même pas Askhab s'énerver contre mes frères et sœurs, choquée par ce qui avait été dit. Alors comme ça, on avait plus besoin de moi.
Askhab : Vous deux (il pointa Fatima et Amir), vous allez m'expliquer tout de suite pourquoi vous voulez faire partir Makka.
Fatima : Hausse pas le ton par contre.
Askhab lui lança un regard furieux, mais Fatima l'ignora, même si elle était sûrement effrayée.
Askhab : Quelle bande de connards vous êtes hein ?
Amir : C'est marrant ça de la part du mec qui ne fait aucune de ses prières !
Il se reçut un coup directement. Faiza cria, et se jeta sur lui pour s'assurer qu'il aille bien alors que j'appréhendais avec peur la suite des événements.
Faiza : T'es malade ou quoi ? ! Il saigne !
Je repris contenance. Les disputes avec Askhab partaient souvent loins, et ce n'était pas bon pour des enfants d'entendre ce genre de choses puériles.
Moi : Faiza, prends Aslan et allez dans la chambre avec Farida.
Ma sœur m'ignora tout bonnement. Elle avait l'habitude de ne pas m'écouter. Le seul qu'elle respectait et à qui elle obéissait était Amir. Je ne sais pas pourquoi aujourd'hui son attitude me faisait mal. Je me sentais encore une fois rejetée. J'en avais marre. J'avais l'impression d'être une victime à prendre si mal toute cette histoire.
Askhab : Alors là, bravo ! Vous êtes quels genre de chiens ? Vous vous conduisez comme des gamins irrespectueux. C'est qui Fatima qui a abandonné ses études pour payer les tiennes ? C'est Makka qui avait deux travails pour que tu puisses avoir ton métier et qui s'occupait de tous les enfants parce que vous autres étiez occupés à faire vos vies ! Et toi Amir ? Avec quel argent tu t'es inscrit dans tous ses clubs de merdes ? Avec quel argent tu te payais tes affaires de sport ?
Je n'aimais pas qu'il parle de tout cet argent dépensé pour eux de cette façon, comme s'ils m'étaient redevables, parce qu'ils ne l'étaient pas. C'est moi qui avait fait ce choix, et je ne leur demandais rien en retour. Mais Askhab avait raison. Bien qu'ils ne me soient pas redevables, ils se comportaient comme des idiots, comme des enfants. J'étais leur sœur, pas une inconnue qui vivait avec eux.
Fatima : Arrête de crier devant les enfants.
Je n'étais pas étonnée que Fatima ne soit pas intimidée par le ton de notre frère, je savais très bien que ses paroles cogitaient dans sa tête et qu'elles cogiteraient longtemps encore. Elle était juste pragmatique. Ma sœur ne se laissait jamais contrôler par des sentiments néfastes. Et elle avait raison. Askhab ne devait pas crier devant Faiza, surtout que Aslan n'était que dans le salon, et l'entendait probablement.
Askhab (se tourne vers Faiza) : Elle t'as dit quoi Makka y a quelques minutes ?
Faiza baissa la tête. Je sentais qu'elle était effrayée. Et habituellement, je détestais qu'on lui fasse peur. Mais cette fois, je ne prendrais pas sa défense. Elle aurait dû m'obéir.
Askhab : Si un jour je revois que tu désobéis à un seul de tes ainés, je te promets que tu le regretteras. Je ne suis pas Amir pour accepter tous tes caprices. T'es plus une enfant de dix ans. C'est clair ?
Je vis Amir serrer des poings, et fermer ses yeux, et Faiza avait des larmes qui coulaient silencieusement alors qu'elle sortait de la chambre pour faire ce qui lui avait été dit. Amir avait toujours été proche d'elle et détestait la voir triste. Il avait toujours céder à sa bouille d'ange, et maintenant, il récoltait son attitude enfantine et immature, alors qu'elle approchait les quinze ans.
Askhab : Et maintenant, je ne veux plus jamais entendre que l'on dise à ma sœur de quitter la maison. Vous avez trop fait les fous. Et je parle surtout pour toi Fatima. Tiens toi bien.
Fatima (lève les yeux au ciel) : J'ai compris c'est bon.
Askhab : J'espère pour toi que t'as compris.
Il les regarda un par un, avant de grimacer.
Askhab : J'ai honte de même vous regarder.
Mon frère sortit de la chambre. Je jetai un coup d'œil à Fatima qui soupirait en se rendant dans sa chambre, puis à Amir qui tremblait encore. De frustration ou de colère, je ne savais pas, et pour être honnête, je ne voulais pas savoir. Je n'aimais pas du tout le sentiment qui montait en moi, mais je pouvais pas le réfuter, du moins, je ne voulais pas. Peut-être que mes torts se trouvaient quelque part dans cette histoire, peut-être même que j'étais la seule fautive. Pourtant, à ce moment, je ne voulais pas y penser. Amir et Fatima étaient fautifs, et cette pensée me permettait de me sentir bien, alors qu'elle était sûrement légèrement faussée.
29.03.20
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TCHETCHENE : Makka
RomanceC'est une simple orpheline du voisinage quand elle est repérée par une femme tchétchène. Il n'y a plus d'autre issues alors pour la jeune fille que se marier afin de satisfaire les désirs de sa famille ainsi que ceux de sa belle-famille. Mais à for...
