Chapitre neuf : Sanguinem Lips

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16h15.
        Deux jours étaient passés depuis mon départ nocturne de son appartement suite à ma déclaration. Aucun message. Aucun appel. Aucun indice. J'étais retournée au lycée aujourd'hui, et la journée avait été aussi morose que le temps pluvieux. Je comptais les gouttes qui roulaient le long de la vitre de la salle de maths quand la sonnerie retentit, me faisant sursauter. Je rangeais mes affaires rapidement. Je quittais la salle et fus interpellée par mes amis à qui je n'avais quasiment pas parler de la journée.


 
Eh, Soane! m'appelait Livia. Ca va?
Tu nous évites ou quoi?


 
        Je fus bombardée de questions mais je n'y prêtais pas attention. En effet, j'avais senti le parfum de ma blonde dans ce long couloir et je me mettais sur la pointe des pieds pour l'apercevoir. Adriel, agacé, appuyait sur mon épaule afin de me faire reprendre ma taille initiale. Je lui lançais un regard noir et il soupirait avant de s'éloigner jusqu'à son casier. Si j'avais vu, j'aurais fais en sorte de crever mes yeux trente secondes plus tôt. Cela m'aurait évité d'être spectatrice du spectacle le plus dégueulasse jamais vu : ma blonde, sous la pluie, assise sur une moto noire, les jambes écartées, en train de galocher une rousse sûrement plus vieille qu'elle. Sans réfléchir, je poussais ma meilleure amie et Tate afin de me frayer un chemin jusqu'au parking. Je marchais dans une flaque de boue qui éclaboussait toute ma jambe. Je jetais mon sac à terre, ainsi qu'un livre que je n'avais pas eu le temps de mettre à l'intérieur. Je perdais l'une de mes chaussures. Au loin, la conquête d'Ysia partait en moto après lui avoir souillé ses douces lèvres. La blonde lui fit un signe de main et daignait enfin se tourner vers moi. Mes poings étaient serrés, tout comme ma mâchoire, et j'avais hâte d'avoir franchi les derniers mètres nous séparant pour lui coller un poing.


 
Tiens, voilà Casanova, annonçait-elle sournoisement.


 
        Elle se tenait là, étonnamment belle malgré la pluie ruisselante sur son visage, les bras croisés et son sourire méprisant accroché à ses lèvres. Ce qui avait le don de m'énerver encore plus. J'inspirais longuement en arrivant devant elle, tentant de reprendre un semblant de calme.


 
C'était qui? questionnais-je agressivement.
De quoi tu parles?


 
        Elle riait, sachant très bien où je voulais en venir. Mon self control allait m'abandonner d'une seconde à l'autre.


 
De celle qui vient de montrer la belle salope que tu es.


 
        Je vis son rictus hautain diminuer. Je ne contrôlais plus rien. Ma voix tremblait tout autant que mon corps. Mes jambes allaient lâcher d'un moment à l'autre, et cette fois je savais qu'elle ne me ramasserait pas.


 
Tu...
 

        Je baissais la tête et me mordais la lèvre, retenant une larme qui menaçait de couler. J'avais chaud. Très chaud. Et sans que je ne comprenne pourquoi, je la poussais. Une fois. Puis deux. Jusqu'à ce qu'elle se retienne à l'un de mes avants bras, me ramenant à la réalité. Je me doutais que le lycée nous observait, que tous étaient là à me juger, elle comme moi, à critiquer, à se demander entre eux "elle a dit quoi? je n'ai pas entendu". Et je m'en foutais, tout comme je me foutais du fait que j'avais oublié de foutre un short sous mon pull ce matin et que j'étais par conséquent à moitié à poil.

Hunting me [en réécriture]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant