On était restés jusqu'au soir, jusqu'au moment où le café s'était transformé en bar à l'arrivée de Yongguk, le gérant de nuit. Tout était passé d'une ambiance douce à des néons rougissants et chaud. Alcool et musique, ces facteurs m'avaient fait détester à nouveau Ten. J'imagine que c'était une personnalité qu'on devait toujours détester un peu au fond pour apprendre à l'apprécier. Il s'amusait trop. Il envoyait tout valser pour un shot de téquila et finissait à se déhancher sur la piste de danse. Je l'observais toujours. Il avait beau m'énerver, il était magnifique. C'était peut être sa liberté qui le rendait beau. Ça me secouait. Ce garçon me secouait, me tordait. Il m'avait raconté, après notre discussion on s'était raconté nos vies, il m'avait dit qu'il avait été battu par son père. Il avait ris en me disant que c'était drôle qu'alors il me parle, qu'il parle à un boxeur. Du haut de ses jeunes vingt-trois ans il avait ris de l'enfer qu'il avait vécu jusqu'à deux ans auparavant. C'était après m'avoir demandé si je voulais être sa nouvelle personne. Je n'y avais même pas pensé, mais en le voyant en train de danser, en repensant à sa façon de me parler... je voulais être la nouvelle personne. Même si j'étais éphémère. Même si il était si volage que je savais qu'il allait partir aussi vite qu'il est arrivé, qu'il allait s'envoler dans un futur proche. Je voulais être la nouvelle personne parce qu'en repensant à ma vie à moi, je n'avais jamais rien vécu d'aussi révolutionnaire que lui, et j'en avais envie. Moi j'étais juste un gars qui avait décidé de se venger sur le monde, prendre le dessus maintenant qu'il avait grandi. Parce que quand j'étais enfant j'étais un petit gringalet maltraité par ses camarades, puis quand j'eus grandis j'avais décidé de chercher le pouvoir physique pour leur montrer. Parce qu'on m'avait fait trop de mal et que je voulais en faire moi aussi maintenant que je le pouvais. J'avais eu une vie simple et idiote. Puis un jour j'avais rencontré ce gamin. Ce n'était qu'à ce moment que je m'en rendais compte mais qu'est-ce qu'il était incroyable. En fait il était énervant, exubérant, désespérant, bruyant et plein d'autres mots qui riment. Il était une tornade dans une vie, un accident sur le bord de ma route mais qu'est-ce qu'il était beau pourtant. Malgré tout, il avait une beauté spéciale, quelque chose de magique et impensable, comme un lendemain d'apocalypse: imprévisible, étonnant et dévastateur, mais qu'est-ce qu'il était beau putain. Il foutait le bordel dans ta vie puis il te souriait et tout reprenait un sens. Il était beau comme un accident de bagnole, le genre de beauté qui t'explose au visage, que tu déteste pendant un moment puis un jour tu te réveilles plus vivant en te disant que ça t'a aidé à avancer. C'était mon accident de bagnole à moi, il était idiot, inconscient, insouciant et pourtant il avait quelque chose d'inexplicablement lumineux. Malgré ses cassures il arrivait à bousculer la vie des autres alors que la sienne était un bordel sans nom. Malgré la fissure dans son sourire il arrivait à illuminer toute une journée avec, même avec le faux contact dans son regard il arrivait à faire voir à travers tout l'univers à disposition qu'on était en train de rater.
J'avais souri, puis j'étais allé le tirer de la piste de danse pour être seul avec lui.
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happiness ; johnten
Fiksyen Peminat- On ne m'a dit que du bien de toi. - Ah oui? C'est bizarre. Je ne suis qu'un petit con.
