J'étais encore en soirée, pour changer. J'y allais encore plus souvent, peut être dans l'espoir de revoir mon thaïlandais passer la porte. Ça ne s'était jamais fait, la seule personne qui venait m'enlacer était TaeIl, il essayait de consoler l'inconsolable.
Je détestait ne pas voir Ten arriver, ne jamais le voir débarquer. Pourtant c'est ce qui se passa, à l'instant où j'avais mon substitut de meilleur ami accroché dans mes bras. Ten arriva dans le salon, bousculant tout sur son passage. Tout semblait s'être atténué pour le laisser passer. Il arriva dans mon champ de vision, de grosses cernes sous les yeux et les lèvres gercées que je trouvais malgré tout magnifiques. Le cœur rouge tatoué par dessus ma cicatrice l'était encore plus, même si je ne comprenais pas pourquoi il avait fait ça. Il avait l'air encore plus beau que d'habitude même s'il était encore plus fatigué et triste. Puis son regard se posa sur moi, et j'ai vu quelque chose se casser dans ses yeux. Sans la musique, j'aurais pu entendre son cœur exploser en morceaux. Je me rappelais du coréen accroché à moi quand le thaïlandais passa à côté de moi pour aller dans le couloir. Il me fallut quelques secondes de réaction, mais je me détachais finalement de TaeIl pour presque courir dans le couloir où je ne retrouvais pas Ten. Comme un réflexe, je me dirigeais sur notre balcon. Le notre.
Je l'y trouvais. Assis en train de fumer, pas une cigarette. Ça avait une odeur doucereuse. Doucereuse comme ses yeux qui se posèrent sur moi lorsque je m'assis à ma place, en face de lui.
Je l'observais, essayant de trouver quelque chose, quelque chose qu'il m'aurait dit dans son silence. Mais je ne trouvais rien que ses beaux yeux, ses lèvres mordues, ses doigts élégants portant l'arme d'un plaisir psychotrope à sa bouche, son nouveau tatouage rouge passion qui couvrait ma marque. Il inspira pour dire quelque chose, mais se ravisa. J'aurais du entendre ce qu'il voulait dire parce que je savais comment il voulait être aimé. Il voulait être deviné, être aimé muet. Il ne voulait pas avoir à se servir des mots, ça aurait pu marcher si je l'avais écouté, mais j'étais trop obnubilé à le regarder. Il planta ses yeux dans les miens, m'arrachant un frisson et parla.
- Je t'aime aussi, lança-t-il. Je te le dis maintenant parce que ça n'a plus d'importance, il fit un petit mouvement de tête vers l'intérieur, me coupant le souffle. C'est idiot de ma part d'avoir attendu, il commença a se lever. Mais s'il te plaît, n'oublies rien. N'oublies pas. J'ai pas envie que t'effaces toutes nos étreintes, nos fous rires. N'oublies rien de moi, même mes défauts et mes faux pas. La seule chose que je veux que tu oublies c'est que je t'ai dit que je ne t'aimais pas et que tu ne devais pas m'aimer. A part ça, n'oublies rien s'il te plaît, sa voix se brisa et je n'eus le temps de rien faire qu'il était déjà parti.
Je rentrais a sa suite espérant le trouver dans le salon, mais rien. J'étais affolé, la panique complète et Lucas le vit bien quand il arriva devant moi pour le dire «il est sorti». Je courrais presque dehors, cherchant sa silhouette et quand je la trouvais enfin je me précipitais devant lui. Il ne dit rien, ne sourcilla même pas. Les seules choses qui bougeaient étaient les larmes sur ses joues, inexorablement vouées à s'écraser au sol. J'effaçais ces larmes de mes manches, attrapant Ten par le bras pour le tirer à ma suite. Il me suivi sans rien dire. Je l'asseyais côté passager de ma voiture et m'installais côté conducteur, désormais en route jusque chez moi. La bas je t'irais à nouveau Ten par le bras jusqu'a l'intérieur. La porte fermée, je le poussais délicatement contre avant de lui parler. Enfin.
- Ne dis plus jamais un truc pareil.
Il éclata en sanglots alors je le prenais dans mes bras, le serrant assez fort pour espérer recoller son cœur. Il pleurait encore et encore comme si tous les malheurs du monde passaient à travers son petit corps. Mes mains tentaient de le choyer, ma voix au creux de son oreille tentait de lui dire des choses qu'il n'avait jamais entendues et enfin il se calma. Il se recula et me regarda dans les yeux, alors je l'embrassais. Je laissais vaquer mes lèvres sur les siennes et lui répondait à l'identique. J'aimais nos lèvres qui se parlaient d'amour en toute intimité. J'aimais aussi ses mains qui vinrent s'accrocher à ma nuque comme si ça allait le sauver.
J'aimais ce baiser.
VOUS LISEZ
happiness ; johnten
Fanfiction- On ne m'a dit que du bien de toi. - Ah oui? C'est bizarre. Je ne suis qu'un petit con.
