Chapitre 18 : La Meute

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Désormais, cela faisait deux semaines que Swann et Alexandre avaient quitté la colonie d'Alice et Edward. Ils avaient eu la chance de croiser un long-marcheur avec lequel ils avaient partagé d'inquiétantes nouvelles concernant l'avancée des Cyniks. Ils se faisaient de plus en plus nombreux et de nouvelles attaques avaient visé des colonies. Les longs-marcheurs devraient redoubler de vigilance même si les Cyniks, se déplaçant par cohorte, n'étaient pas difficiles à éviter. Le long-marcheur qu'ils avaient rencontré leur avait parlé de lui-même du grand projet de fonder une capitale panesque et que même si on ignorait encore si c'était vrai, une rumeur se répandait selon laquelle elle serait située un peu plus au nord, sur la côte Est. Swann et Alexandre avaient échangé un coup d'œil complice sans rien ajouter. Le long-marcheur avait griffonné sur la carte de Swann l'emplacement de colonies qu'il avait recensées, puis était reparti de son côté colporter ses propres nouvelles.

Swann et Alexandre étaient entrés dans une vaste forêt -la région était plus boisée à mesure qu'ils avançaient- et cheminaient côte à côte sur leurs fidèles montures. Avec le temps, leurs rapports s'étaient améliorés et ils se sentaient désormais réellement compagnons de route, et même s'ils n'étaient pas toujours très démonstratifs ils étaient attachés l'un à l'autre. Les voyages resserrent les liens, d'autant plus s'ils se font en tête à tête en pleine nature.

Sentant leurs chevaux fatigués, ils firent une petite halte. Swann sortit pour tenter de chasser un peu de gibier, art dans lequel elle s'était révélée assez douée, tandis qu'Alexandre veillait sur les chevaux et le matériel. Swann ressentait un petit orgueil bon enfant à cette supériorité qu'elle avait au tir à l'arc, d'autant plus qu'Alexandre ne cédait pas beaucoup de terrain par ailleurs.

Swann marcha un certain temps, il lui semblait avoir aperçu une mare sur le chemin. Elle savait que les points d'eau étaient des endroits très fréquentés par les animaux qui venaient y étancher leur soif. Elle choisit donc de s'y embusquer en espérant qu'un animal y passe.

Dissimulée sous un buisson surplombé par un rocher, elle tenait fermement son arc. Elle avait mis un moment avant de pouvoir s'en servir à nouveau, chaque fois qu'elle encochait une flèche sa main se mettait à trembler au souvenir du Cynik tué et elle n'était plus capable de viser correctement. Avec le temps, elle avait fini par considérer cet épisode tragique comme une chose qu'il fallait accepter, elle s'était forcée à se convaincre qu'Alexandre avait raison, qu'elle n'aurait pas pu faire autrement pour préserver les Pans qui l'avaient accueillie.

Swann attendait donc depuis un long moment avec patience quand enfin une biche sortit du couvert des arbres et se dirigea vers la mare boueuse de sa démarche gracile. Elle avait une tête étonnamment grosse, sûrement à cause d'une mutation. Swann encocha la flèche, pinça la corde entre ses doigts et recula son avant-bras de façon à la tendre le plus possible... quand elle heurta malencontreusement une brindille qui cassa avec bruit.

Quelle erreur stupide ! Elle pouvait dire adieu à sa viande fraîche, alors qu'ils avaient pourtant vraiment besoin d'économiser leurs réserves !

Cependant, la biche, au lieu de s'enfuir comme Swann l'avait prévu, tourna sa grosse tête dans sa direction. Dévoilant une rangée de crocs épais et pointus.

Ça, Swann ne l'avait pas prévu.

La biche fit un pas dans sa direction, puis se mit à courir en faisant de grandes enjambées, tous crocs dehors. Swann tira, mais dans la panique, la manqua. Elle n'était plus qu'à quelques mètres quand elle fut brusquement stoppée dans son élan par une forme qui la percuta et la renversa sur le côté. La biche monstrueuse laissa échapper un gémissement pitoyable tandis que la créature la mettait en pièce.

Autre Monde : L'appel des Longs-MarcheursDes histoires addictives. Découvrez maintenant