Nous sommes toujours acollés l'un à l'autre. Elle est encore dans mes bras, et moi, j'apprécie cela, au point même de ne pas vouloir la lâcher.
Je me fiche complètement du vent qui souffle derrière nous, du soleil qui en profite pour essayer de se faire la male dans le ciel, ni du moment qui cherche à nous indiquer qu'il faut nous en aller.
Je veux d'abord "conclure" avec Anne-Merveille, et je suis prêt à rester ici, si jamais elle accepte enfin de me laisser dérober ses commissures. Mais, il y a problème, un gros : elle a posé son index sur mes lèvres !
Bon sang ! Je suis obligé de m'arrêter si je ne veux pas que ça dégénère. Il ne faut pas que je perde la raison. Il est hors de question que je me laisse diriger par mes émotions.
Du calme Mako. Ne stresse pas. Ce n'est pas le game over, vu qu'elle ne t'a pas administré une paire de claques, et que d'ailleurs, elle ne semble pas avoir envie de le faire.
Si ça se trouve, elle veut juste clarifier une chose avant de me laisser enfin l'embrasser. Je joue alors au patient, en espérant que tout va bien se passer.
Ma déesse par contre, continue de m'observer. Son doigt est certes accolé à mes lèvres, mais ce n'est pas lui qu'elle contemple. En fait, c'est mon regard qu'elle observe, ce regard de braise qui semble l'envoûter.
Ses yeux à elle, expriment une certaine surprise, mais surtout, une espèce de plaisir qu'elle essayait de masquer depuis longtemps. J'ai même l'impression d'y lire un message : "Ça ne me déplairait peut-être pas de laisser ce garçon m'embrasser après tout"
(Bon d'accord...vous allez dire que je me fais des films ou que je frime, mais c'est vraiment ce que je perçois en observant son visage. Oui, je le sens. Je n'en suis pas sûr à 100%, mais je pense fermement que je lui fais de l'effet.)
Les secondes défilent, mais lentement. Je me refuse à la lâcher, et elle, à me laisser goûter à ses lèvres. Puis, enfin, elle se décide à briser le silence :
-Je savais que depuis le début, c'était ce que tu voulais.
-Et on dirait que tu m'as laissé faire.
-Etant donné que tu m'avais fait une crise la dernière fois, je me suis dit que je devais procéder autrement pour te faire avouer. D'ailleurs, le coup du garçon blessé, je l'avais vu venir à des kilomètres.
-Vraiment ? Tu sembles être experte en la matière.
-En fait, pas vraiment. C'est juste qu'à force de voir les garçons essayer de me séduire, j'ai fini par les cerner.
-Je vois. Mais avoue aussi que la dernière fois par SMS, tu ne voulais pas m'avouer que je te fait de l'effet ?
-Et qu'est-ce qui te fait croire que tu me fais de l'effet ?
-Laisse-moi t'embrasser et tu le sauras.
Le moins que l'on puisse dire c'est que je ne perds pas le Nord. OK, elle m'a démasqué depuis un moment, mais ça montre juste que c'est une joueuse.
Suite à ma question, elle sourit. Je réplique pour lui montrer que je suis sérieux. Elle veut jouer ? On va jouer.
Je resserre un peu plus mon étreinte de sorte que son visage soit encore plus près du mien, surtout qu'elle a enfin retiré l'obstacle qui me séparait de ses commissures.
Je m'avance alors, mais suis arrêté par sa prise de parole :
-Pas si vite, le dom Juan.
-Un souci ?
-Oui. On est censé bosser non ?
-Tu le fais exprès ou quoi ?
-Non, je suis sérieuse. J'ai une matière à comprendre. Et...pour ce qui concerne ta demande..., on en reparlera après que tu aies lu ma lettre.
-Ta...lettre ?
Elle se défait de mon étreinte, et cherche quelque chose dans son sac. Après plusieurs secondes de fouille, elle en ressort un cahier, le feuillette un peu, et en récupère une enveloppe.
Dessus, il y a un cœur, ainsi qu'une note : "Pour le garçon à qui je plais". Je sourie en ayant lu cela, car je sais de moi qu'elle parle. Visiblement, elle est du genre "Romantique". Parfait, vu que ça aussi je sais faire. (La preuve avec Debby)
Quoi qu'il en soit, elle me la donne et dit :
-Ne l'ouvre pas tout de suite s'il te plaît. Je serai trop gênée.
-Bon. D'accord. Mais, tu ne veux vraiment pas me donner un baiser ? Juste un ?
-Non mon cher.
-Allez...s'il te plaît.
-Non...mon beau séducteur...non !
-"Ton" beau séducteur ? J'aime bien le surnom. Mais, ce que tu peux être dure !
-Désolé mais je suis comme ça. Bref, et si on travaillait maintenant ? Ou alors tu préfères que je rentre ?
-OK. Ça va.
Je n'ai pas eu ce que je voulais, mais j'ai tout de même obtenu une sacré garantie de sa part. Oui, je lui plais et d'une certaine manière, elle me l'a confirmé.
Je prends donc place avec elle, et nous nous mettons à réviser. Ce n'était pas évident au début, car mes pensées tournaient toujours autour d'elle, mais par la suite ça s'est bien passé.
01 heure plus tard...
Nous avons fini d'étudier, et je l'accompagne à la sortie. Vu que nos domiciles sont dans des directions opposées, nous arrêtons devant le portail et avant de partir, elle s'approche de moi, et me donne une bise sur la joue.
-À Lundi beau séducteur. Prépare toi bien pour les compositions, et n'oublie pas de lire ma lettre.
J'étais tellement heureux suite à son bisou que je n'avais pas eu le temps de répondre. J'ai juste hocher la tête en la regardant s'en aller.
Ouiiiiii !!! Ma déesse est dans la poche ! Je viens de valider ma 20e conquête ! C'est qui le plus fort hein ? Bah... moi, Mako Aymeric Constand, le Sapeur Pro !!!
Rodrigue ne pourra plus la ramener. Je vais le saigner holalà ! Fini les économies pour aller acheter des tenues. Ce sera désormais lui qui s'en chargera.
Mais Anne-Merveille n'est pas comme les autres. Je sens que vu qu'elle a de l'affection pour moi, je commence à éprouver la même chose. Suis-je en train de tomber amoureux ? Hum ! De toute manière, elle est à moi, et je ne compte pas la décevoir.
Ma déesse a secrètement accepté de sortir avec moi. Oui !!! Je suis aux anges. Je rentre donc chez moi en sifflotant. Quelle belle journée les amis. La vie n'est-elle pas magnifique ?
J'arrive un peu plus tard à la maison. Je ne veux plus attendre plus longtemps. Je prend alors sa lettre, une fois dans ma chambre pour la lire...mais de manière incroyable... son contenu me choque !!!!
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Sapeur Pro
Spiritual"Être le plus grand dragueur du monde", tel est l'objectif de ce petit fou de Mako, un jeune lycéen de 16 ans. Comme si ce projet n'était pas déjà assez "hilarant", il décide d'y ajouter un challenge supplémentaire : "le faire uniquement par le biai...
