Chapitre 3 Réflexion

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La partie arrière de l'avion était très bruyante et mouvementée. Les gens parlaient entre eux, s'engueulaient, voir se menaçaient. A chaque rangée, des gens les interpellaient pour leur demander ce qu'il s'était passé à l'avant. Hector l'expliqua en détail aux premiers mais rapidement il fit un résumé très rapide. Arrivés à leurs sièges, ils se regardèrent les uns les autres, sans que personne ne parle. Thomas finit par briser le silence.

« Vu toutes les informations qu'on a, je pense qu'on peut se dire que cette histoire de jeu est vraie. Ce qui veut dire qu'il va falloir qu'on tue des gens. Mais est-ce que vous vous sentez capable de faire ça ?

- Je ne sais pas, pour protéger ma vie certainement, mais pas de sang froid, murmura Sophie.

- C'est un peu brusque, mais je ne prévois pas de me laisser tuer, ni de mourir, tout simplement, donc je tuerai si c'est nécessaire.

- Ça va l'être, affirma Thomas » Il ricana « Quelle ironie un psychologue criminologue réduit à tuer des gens. C'est un comble. Enfin au moins j'ai l'habitude des scènes de crimes horribles, ce qui n'est pas votre cas. Je préfère vous prévenir, tuer quelqu'un est quelque chose de très facile, mais ce qui nous détruit c'est les pensées qui surgissent après. Tout simplement à partir de maintenant il faut que vous abandonniez toute empathie. Ne pensez qu'à vous, les autres ne sont que des obstacles.

- Mais, il y a 150 numéros sur le classement donc si chaque personne en tue neuf autres, seize peuvent s'en sortir ! s'exclama Sophie

- Tu es trop optimiste, jamais seize personnes sortiront de ce jeu, déjà il va y avoir les gens qui vont mourir au bout de leur temps de survie, qui ne seront donc pas tués, ensuite il n'y a pas que les gagnants qui vont tuer d'autres joueurs. De plus rien n'empêche quelqu'un de tuer plus de neuf personnes, et quand des tueurs goûtent pour la première fois au sang et apprécient l'expérience, ils peuvent tuer beaucoup, beaucoup de gens. Et même si tu tues neuf personnes, il faut que tu survives jusqu'à la fin des 40 jours. Avant, tu peux toujours être tuée.

- Mais ça nous laisse quand même une chance de nous en sortir tous les trois, dit alors Hector, on doit s'aider et survivre ensemble.

- Ha ça, j'ai jamais dit le contraire, affirma Thomas en souriant.

- La question est de savoir si on essaie de s'allier à d'autres personnes.

- On peut, mais se sera une alliance de courte durée, dès que la date de la fin du jeu se rapprochera on ne pourra plus faire confiance à personne, même si je pense que, de toute façon, je ne pourrais faire confiance qu'à vous deux.

- Vu qu'on va sortir les uns après les autres regardons si les numéros 36 ou 40 veulent faire une alliance, proposa Sophie. »

Ils se retournèrent alors d'un même mouvement pour observer le rang derrière eux. Un des sièges était actuellement vide tandis que les deux autres étaient occupés par deux vieilles dames, l'une consolant l'autre. Cette vision frappa Hector au plus profond de son cœur. Jusqu'à présent, il n'avait pensé qu'à sa survie et n'avait pas réalisé que dans cet avion il y avait aussi des enfants, des personnes âgés, qui n'avaient aucune chance de survivre.

« On ne peut pas les laisser seules, murmura Sophie, il faut les prendre avec nous.

- Pas question, répliqua Thomas, je ne dis pas ça le cœur léger mais même si on les prend avec nous elles ne survivront pas, en plus de nous ralentir, elles seraient un poids pour nous.

- Mais...

- Écoutez votre ami, jeune fille, dit alors la vieille femme, j'ai déjà accepté la mort et mon amie est sur la voie de l'acceptation. Nous avons bien vécues et nous ne seront pas une grosse perte, mais c'est très gentil d'avoir pensé à nous, ajouta-t-elle avec un sourire. »

Hector allait se retourner pour regarder la rangée devant eux quand son regard fut attiré par les sièges derrière les vieilles femmes. La fille d'une vingtaine d'année, assise au numéro 43, était seule sur sa rangée et quand leurs regards se croisèrent, Hector fut tétanisé par l'assurance de ses yeux verts. Mais si une personne dans cet avion pouvait devenir une alliée, c'était elle.

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