Dehors, le paysage était recouvert de brouillard. Autour de lui, du sable, une plage, la mer. Il vit Sophie et Thomas qui l'attendaient sur la plage, leurs valises, mais aussi la sienne, à la main. En jetant un coup d'œil à l'arrière il vit une longue piste d'atterrissage construite directement sur le sable. Thomas l'interpella. Il descendit rapidement les marches, sauta dans le sable, prit sa valise, et ils coururent vers la forêt qui bordait la plage. En jetant un dernier coup d'œil en arrière, son regard croisa celui de la vieille femme à qui ils avaient parlé dans l'avion. Elle lui sourit et alla prendre sa valise, qui était comme apparue sur la plage.
Ils s'arrêtèrent quelques centaines de mètres plus loin. Un gros rocher les cachait à peu près des personnes qui pourraient arriver de l'avion. La forêt qu'ils traversaient était tropicale, comme en Indonésie. Des gazouillements d'oiseaux s'entendaient parfois depuis le haut des arbres, mais la brume empêchait de voir clairement les alentours. Pendant qu'ils reprenaient leur souffle, Thomas commença à ouvrir sa valise.
« Il faut se débarrasser de tout ce qui est inutile, la plupart de nos habits, une grande partie de nos affaires de toilettes... Ne gardez que le strict nécessaire. »
Sophie avait déjà commencé à vider sa valise et un petit tas de vêtements était étalé à côté d'elle. Une fois les trois valises vidées de leur contenu superflu, ils firent un inventaire de ce qu'ils leur restaient. Quelques habits, de la crème solaire, du produit contre les insectes, un sac de couchage que Thomas avait du prendre, une petite trousse de secours qui ne leur serait pas d'une grande aide, un couteau suisse, un gros morceau de saucisson et une bouteille de vin blanc que Sophie et Hector avaient prévue d'offrir à leurs parents. Ils avaient séparé leur butin entre deux valises en en laissant une derrière pour éviter de trop les encombrer.
« Le principal problème qui va se poser va être l'eau, dit alors Thomas, il va falloir rapidement en trouver parce que ce n'est pas cette bouteille de vin qui nous hydratera longtemps.
- Ce ne va pas être le seul problème, répondit Sophie, nous ne sommes pas armés et ça ne m'étonnerait pas que le cadeau des derniers numéros soit une arme. Surtout que... »
Elle s'interrompit. Ils venaient d'entendre des bruits de pas qui se rapprochaient.
« Arrêtons nous ici, dit une voix d'homme, j'ai besoin de reprendre mon souffle.
- Très bien, mais pas longtemps, répondit une femme, on doit vite s'éloigner de l'avion »
Ils étaient juste de l'autre côté du rocher. Hector regarda les deux autres et leur fit signe de s'éloigner discrètement. Ils ne pouvaient pas se permettre de se battre maintenant. Ils n'étaient pas assez armés. Ils commencèrent à reculer, mais dans la forêt, ne faire aucun bruit semblait impossible. Le bruissement des feuilles interloquèrent les personnes derrière le rocher qui commencèrent prudemment à en faire le tour. Thomas réagit au quart de tour. Dès que la première personne fut dans leur champ de vision, il lui sauta dessus et lui plaqua son couteau sous la gorge. La femme qui suivait l'homme s'arrêta brusquement, les mains en l'air.
« S'il vous plaît, on ne vous veut pas de mal, laissez partir mon mari.
- Pas question, Hector, fouille l'homme, Sophie occupe toi des valises. Et vous, si vous voulez que votre mari reste en vie, ne bougez pas.
- Qu'est ce qui me dit que vous n'allez pas nous tuer une fois nous avoir fouillés ? Dans tous les cas nous sommes déjà mort.
- Mais si je voulais vous tuer je l'aurais déjà fait, tout simplement.
- Non, je sais, vous cherchez à nous tuer tous les deux mais vous n'y arriverez pas ! »
Elle s'enfuit alors à travers les arbres, sa valise à la main. L'homme la regarda partir en laissant échapper un gémissement d'incompréhension. Hector avait presque fini de fouiller l'homme, qui n'avait rien sur lui, lorsque la femme s'était enfuie. Il fit un signe de tête à Thomas, qui libéra l'homme.
« Alors là, je suis sidéré, et dire que j'allais vraiment vous libérer ! Elle est paranoïaque votre femme ! Enfin, la situation aide sûrement un peu. Si j'étais vous je penserais au divorce, ricana-t-il. Bon vous pouvez y aller, quelle que soit la direction que vous souhaitez prendre. Juste, votre valise reste ici. »
L'homme fila dès que Thomas lui en donna l'autorisation, dans la même direction que sa femme avait prise quelques minutes plus tôt.
« Mais pourquoi il est parti par là, s'étonna Sophie, il a bien vu que sa femme est prête à l'abandonner !
- C'est qu'il doit être très amoureux. » répondit Thomas en faisant un clin d'œil à Sophie. Hector vit bien sa sœur rougir mais Thomas ne dut pas le remarquer car il s'était déjà baissé vers la valise abandonnée. Son contenu était peu intéressant. La seule trouvaille digne d'intérêt fut une bouteille d'eau d'un litre et demi qu'ils s'empressèrent de rajouter à leurs possessions. Ils continuèrent ensuite à s'enfoncer dans la forêt pour s'éloigner de l'avion.
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Exsercratio
Mystery / ThrillerLe vol A 320 en direction du Pérou promettait d'être tranquille, mais c'était avant qu'il se fasse détourner et que tout les passagers de l'avion dussent participer à un jeu mortel. Hector, en voyage pour voir ses parents, se retrouve alors à devoir...
