Obnubilé

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Pdv extérieur

Les sons lui parvenaient étouffés, comme si ils étaient à des dizaines de kilomètre.

Pourtant, il percevait l'agitation extérieur. Les enfants, les valises qu'on déplace, la sortie imminente du bus.

Mais il ne pouvait décrocher son regard du paysage qui s'étendait sous ses yeux.

L'eau n'était pas bleue turquoise, loin de là. C'était plutôt un mélange de bleu et de gris délavé. Mais, ça n'en était que plus beau. La mer n'était ni vraiment déchaînée ni vraiment calme, de petites vagues à hauteur de taille venaient s'écraser dans le sable.

La plage était déserte, en tout cas la petite crique entre les amas de rochers l'était. Kakashi apprendrai plus tard que ce bout de plage, enfermé entre plusieurs rochers de quelques mètres de haut, était réservé aux résidents de l'hôtel.

L'hôtel, qui était en fait une grande maison, était louable par des colonies de vacances ou orphelinats et possédait sa plage privée.

Mais ce qui intéressait Kakashi, c'était cette mer. Cette étendue d'eau, semblant être le synonyme de liberté.

Sans même prendre le temps de poser ses écouteurs, il sortit du bus en courant.

Bousculant les gens sur son passage, il ne parvenait pas à détourner le regard, ne serait-ce qu'une seule seconde.

Il manqua de s'étaler dans le sable à plusieurs reprises, n'ayant jamais évolué sur ce terrain.

Sa course folle prit fin à seulement quelque mètre de l'eau, à la limite dessinée par le sable humide.

Un grand courant d'air marin vint ébouriffer ses cheveux. Il passa sous son t-shirt trop large pour sa maigre carrure et le fit frissonner.

Il leva les yeux.

L'eau ne semblait pas avoir de fin, dominant la terre ferme.

La liberté...

Pdv Iruka

Kakashi était fasciné, obnubilé par la mer.

Et c'était normal. Il n'avait jamais dû voir de paysage aussi beau et encore moins la mer.

Il n'avait même pas remarqué ma présence. Il avait tout juste répondu à la petite pression exercée sur sa main, sûrement mu par un réflexe inconscient.

Moi ? Je le regardai, l'adimirais.

Son visage était redevenu celui d'un enfant.

Dans ses yeux grands ouverts brillait un éclat de curiosité pure, d'une innocence enfantine. Bien qu'il était dissimulé, je devinais sans peine un large sourire sous son masque.

Je fis de mon mieux pour graver chacune de ses expressions dans mon esprit.

Je me rapprocha de mon petit ami et lui souffla à l'oreille :

- Tes chaussures, enlève-les.

Je joignit le geste à la parole et m'exécuta le premier. Je défis mes lacets et envoya négligemment valser mes chaussures sur le côté.

Il me suivit, répétant mes gestes.

Une fois ses chaussures ôtées, il enfoui ses orteilles dans le sable encore chaud.

Il se tourna vers moi, encore plus émerveillé.

Même si notre relation restait pour l'instant cachée aux yeux des autres, nous ne nous privions pas d'affection quand l'attention n'était pas centrée sur nous.

Contre le reste du monde Des histoires addictives. Découvrez maintenant