Chapitre 10

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-On nous a déclaré un début d'incendie.

-Ce n'était pas la peine de faire le déplacement. Je vous assure.

Alexander se considérait comme quelqu'un étant de taille moyenne.

Mais face au pompier planté devant sa porte d'entrée, ses 1m77 se réduisaient à la carrure d'une fourmi.

En plus d'être grand, le soldat du feu se montra suspicieux.

-C'est en rapport avec votre Alter ? Demanda t-il. Parce que si c'est le cas je dois le déclarer.

-Non. Je suis juste très nulle en cuisine.

Le pompier souleva un sourcil.

-Vous cuisinez ? A 23h du soir ?

-C'est interdit ?

-Juste inhabituel. Écoutez. J'ai une procédure assez stricte, si il s'avère que cet incident est lié en quoi que ce soit avec votre pouvoir, je m'en dois d'en informer l'Ordre.

-Justement, j'en fait partie.

Alexander sortit son badge pour une plus ample interprétation.

-Vous voyez ? Demanda Alexander. Ici en petit caractère on peut voir la spécificité de mon alter. Cela va s'en dire, qu'il n'a rien à voir avec la pyromancie.

Le pompier dû se baisser légèrement pour arriver au niveau de la carte tendu. Après quelques secondes de lecture, il s'écarta.

-Pardon pour le dérangement Monsieur.

-Il n'y a pas de mal. Vous ne faites que votre métier.

Le pompier prit congé avec un sourire crispé.

***

Les bras croisés signifiaient beaucoup de choses. Mais selon la posture de Dabi il traduisait surtout le mécontentement.

-Quoi encore ? Demanda Alexander.

-J'en ai marre du canapé. Ce soir on échange, je prends le lit.

-Haha. Non. Pas depuis que tu as foutu le feu à ma chambre.

-La moitié de ta chambre. Reprit Dabi. Et ce n'était qu'un incendie superficiel. Tu devrais me remercier.

-Te remercier ? Papillota Alexander.

-Si je n'avais pas un minimum de self control. Ce serait tout le quartier qui aurait disparu sous les flammes. Des personnes, des familles brûlées par la seule faute de ta provocation.

-Oui c'est clair que tu es à toi tout seul un modèle de self control : une petite image de caleçon. Et tu crames une baraque.

-Une chambre. Et demi. Et ne souligne pas l'existence de ces ignominies.

-Quoi ? Tu parles des caleç-

-Ne m'oblige pas à finir ce que j'ai commencé dans ta chambre.

Alexander étouffa un fou rire précoce.

La remarque se voulait menaçante, et peut-être que c'est lui qui avait l'esprit tordu, mais il aurait presque cru à l'instant que Dabi sous entendait bien des choses. Et il aurait volontiers continué la discussion au vue de cette continuité.

Mais il était tard, et il ne voulait pas choquer les oreilles confuses de ce pauvre réfugié, embarrassé par de simples sous-vêtements. Alexander se promit d'ailleurs de les acheter dans un avenir proche.

-Bonne nuit Hot boy. Dit il finalement avec un sourire, arbre cachant la forêt d'hilarité.

-Ne m'appelles pas comme ça. Fit Dabi vraisemblablement à des années lumières de deviner ce qui se passait dans l'esprit pernicieux du policier. Et nous n'avons pas convenu qui aurait le lit ce soir.

-C'est simple. Souria Alexander. Si tu veux mon lit ce sera avec moi. Rien d'autre.

-Je préfère encore dormir par terre.

-A la bonne heure. Au fait, tu me dois une tablette.

Dabi pratiqua le rire jaune.

***

A son réveil, Alexander perçut le canon d'un revolver sur sa tempe.

-Tu as si mal dormi ?

-Debout.

Visiblement Dabi ne plaisantait pas.

Les mains en l'air, Alexander se redressa. Ses yeux rencontrant celui de son tortionnaire. Il devait avouer qu'il était très déçu.

-Moi qui pensait qu'il y avait eu un rapprochement mutuel entre nous Hot boy. Me voilà désabusé.

-La ferme. Où est ta carte ?

-Plait-il ?

-Ton badge de l'Ordre.

-Oh. Et pourquoi tu veux t'en emparer ?

-Pour me tirer d'ici.

Alexander fronça les sourcils. Il était plus que déçu. La colère se mêla à la danse.

-Et tu penses sérieusement que de faux papiers vont t'asssurer la sécurité dehors ? Tu te feras arrêter dès que tu croiseras une patrouille. Souffla-t-il entre ses dents. C'est pas comme si tu était méconnaissable.

-Autant essayer.

-Non mais tu t'entends ? Si tu te fais prendre. Ça retombera sur moi à un moment ou à un autre. Ne compte pas sur moi pour t'aider dans tes tentatives suicidaires matinales.

-Tu n'as pas à te soucier de ce qui se passera si on me retrouve.

-Parce que tu comptes me promettre de tenir ta langue ? Railla Alexander. Tu penses que je suis stupide à ce point ?

-Oui. Mais ce n'est pas pour ça que je suis certain de ton indifférence prochaine.

Dabi souria. Alexander compris.

-Quoi ? Tu compte me tuer ? Vraiment ?

-Depuis le temps que je l'attendais.

Alexander sourit à son tour du ridicule de la situation.

"Apprend à servir ton prochain" qui disait, putain mais quel con.

Alexander ferma les yeux.

C'était tout ce qu'il y avait à faire. Fermer les yeux afin que plus jamais ils ne s'ouvrent.

Quel con.

Alexander perçoit le déclic de l'arme. Alors c'était vraiment ça sa fin ?

Sa cervelle, éparpillée dans ses draps. Il y avait pire. Mais il y avait vraisemblablement mieux. Dire qu'hier il ne pensait qu'à la farce de cocasses caleçons.

-Boom.

Le souffle de l'interjection atteignit les oreilles d'Alexander. Dabi se tenait à présent à quelques centimètres de son profil.

Il ouvrit le révolver. Vide.

-Tu vois. Fit il. Moi aussi je peux faire dans l'humour.

Alexander allait assurément acheter ces caleçons.

Un malheur n'arrive jamais seul.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant