Chapitre 74 : « Wade, ça va ? »

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Attention, ce chapitre parle de suicide. Si vous n'êtes pas à l'aise avec ce sujet, ne lisait pas ce chapitre. Protégez vous.

*~*~*~*

Wade ouvrit difficilement les yeux en plein milieu de la nuit. Les voix avaient décidé de faire leur coming-out et de l'empêcher de dormir. Elles parlaient beaucoup trop fort, se moquant de lui à outrance pour une raison que le mercenaire n'arrivait pas à cerner, pas assez réveillé pour cela.

Il se retourna pour attraper son araignée dans ses bras mais le simple frottement des draps sur sa peau lui parut une immense supplice. Il avait la sensation d'être terriblement irrité, comme si le tissus autour de lui le brulait et il ne put s'empêcher de résister à la tentation de gratter son torse.

Mais cela ne l'apaisait pas. Bien au contraire.

Semi-endormi, il se leva du lit et partit dans la salle de bain.

Il alluma la lumière, se frottant les yeux d'une main avant que sa vue ne s'habitue et qu'il ne voit son reflet dans le miroir.

Il était là. Devant lui.

L'ancien Wade.

Celui à la peau dégueulasse et au crane dégarnis.

Le monstre répugnant.

Son cœur se serra tellement qu'il eut l'impression qu'il allait se briser en mille morceaux, ce qui fit rire de plus belle les voix. Elles s'amusèrent à énumérer une à une ses peurs et autres insécurités.

Tu vas redevenir seul. Peter va se casser, qui voudrait rester avec un monstre aussi hideux que toi ? Tu savais que ça allait revenir. Pourquoi tu fais genre que t'es surpris ? Réellement, tu pensais que ce beau rêve allait durer une éternité ? Mais quel abrutit tu es ! Ahah, une grosse blague ! Petey ne reste avec toi que par charité. Et maintenant il va se barrer parce que tu es à nouveau un avocat pas frais, ahah ! Tu redeviendras juste le bon pote, exactement comme avant. Finis les balades à l'extérieur ! Finis les mains de Pete dans tes cheveux ! Finis ton beau rêve à la con, ahah ! Ahahahah !

Les voix, leurs rires, leurs paroles. Wade ne pouvait plus les supporter. Sans s'en rendre compte, son poing valsa contre le miroir, le brisant en mille morceau avec fracas.

Sa main lui faisait mal, mais pas assez pour que la douleur fasse taire ses maudites voix. Il baissa les yeux sur sa mains ensanglantées mais la vue de sa peau recouverte de cicatrice lui donna la nausée.

Il devait trouver une solution. Il devait trouver comment arranger tout ça avant que Peter ne le voit.

Il ferma la porte à clé alors que les voix l'assiégeaient un peu plus avec leurs remarques désobligeantes qui ne réfletaient que les pires craintes du mercenaire. Il posa fermement ses mains sur ses oreilles, comme si cela lui permettrait de ne plus les entendre mais cela ne fit qu'augmenter leur hilarité.

Son dos tapa contre le carrelage froid et il se laissa glissa jusqu'au sol, suppliant les voix de se taire.

Il ne savait les faire taire que d'une seule manière. Son regard se posa sur un morceau de miroir qui trainait au sol et il l'agrippa, la main tremblante.

Il n'avait pas le choix

Il appuya sur sa peau déjà meurtrit et l'entailla sur tout la longueur de son avant-bras. Son esprit se retrouva engourdit alors que le sang dégoulinait abondamment de la plaie.

Sir WoofingtonOù les histoires vivent. Découvrez maintenant