Ça fait deux jours que je n'ai pas dormis. Je m'en sors pas si mal, j'arrive encore à tenir debout et à rester concentrer pendant les cours.
Je ne fais pas ces nuits blanches pour le plaisir mais parce qu'il y a beaucoup trop de choses dans ma tête... rien que d'y penser, une boule se crée dans mon ventre et je sens les larmes me monter aux yeux. Je demande au professeur si je peux sortir et sans attendre sa réponse je me précipite dans le couloir. Je marche à toute vitesse, entourée par les murmures des autres professeurs qui filtrent à travers les portes.
Enfin arrivée aux toilettes, j'entre dans une cabine et ferme la porte à clé. Je reste un moment debout, presque essoufflée, à regarder cette toilette complètement immaculée. Puis des larmes se mettent à couler sur mon visage, je me tords alors, les bras autour de mon ventre, et me penche en avant, la bouche ouverte dans un cri muet. J'expulse tous l'air de mes poumons puis me redresse pour m'appuyer contre le mur. J'ai du mal à respirer, je retiens mes pleurs de peur que quelqu'un rentre et m'entende. Je plaque ma tête contre le mur et pousse mon bassin en avant en essayant désespérément d'évacuer toute cette douleur. Cette douleur... j'ai tellement mal. Pourquoi j'ai si mal ? Je me retourne pour poser mon front contre le mur et mets mes mains dans mes cheveux en m'y agrippant en me répétant cette question. Je sers mes poings de toutes mes forces et tire sur mes cheveux comme si je voulais que mon cuir chevelu se détache de mon crâne. Puis je lâche tous, laisse tomber mes bras le long de mon corps et souffle. C'est fini ? Non... une nouvelle vague de sanglot me secoue les épaules. Je me retourne à nouveau et glisse le long du mur pour me retrouver par terre. Je suis si pathétique, à pleurer comme ça, toute seule dans des toilettes. Je pose mes mains sur mon ventre et appuie aussi fort que je peux dessus. Je sens mes poumons se vider complétement, je ne peux maintenant quasiment plus respirer mais j'ai toujours mal. Je meurs d'envie de m'ouvrir le ventre pour arracher tous ce qui s'y trouver. Au lieu de ça, je me retrouve en boule avec le ventre, la gorge, la tête, les yeux douloureux. J'ai mal partout... j'ai mal nul part... Je sens mes mains et ma lèvre inférieure trembler pendant que mon visage continue à être submerger par ses pleurs incontrôlables.
J'entends la sonnerie mais elle me semble tellement loin... en revanche, ce bruit de la porte qui frotte le sol et ses voix sont trop proches et me font revenir à la réalité. J'essaye de respirer le plus doucement possible tout en écoutant ces voix, ces pas, tous ces bruits. J'ai l'impression qu'elles restent ici une éternité. Mon cœur me fait mal à force de battre aussi vite. Puis elles s'en vont, enfin. Je prends une grande inspiration en penchant la tête en arrière. Ce moment de stresse m'a calmé. Je sors de la cabine et prends du papier pour m'essuyer le visage. Je me penche ensuite vers le miroir, hésitante. Mis à part le contour de mes yeux qui sont légèrement rouges j'ai l'air d'aller très bien. C'est alors que la porte s'ouvre.
-Ça va ? Qu'est-ce que tu fous ?
Je me retourne vers mon amie en souriant.
-J'ai eu la nausée, vraiment l'truc horrible, fallait que je sorte. Mais c'est bon c'est passé maintenant.
-On a cru que t'étais tombé dans les escaliers et que tu t'étais cassée la nuque nous ! Arrête de trouver une excuse pour sécher.
Je ris avec elle. Elle se retourne et commence à partir. Juste avant de la suivre, je jette les papiers que j'avais encore dans la main : seule preuve de tous ce qui c'était passé.
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Dans ma tête
Historia CortaMélange de toutes petites histoires plutôt sombres qui me passent par la tête. Tout et n'importe quoi s'y entrechoquent pour former ce livre aux multiples personnalités.
