Pour mon vingt-sixième anniversaire, mes parents m'avaient offert une maison. Jusque là tout était parfait, sauf que la maison en question avait un peu trop vécu. Et comme elle avait besoin d'être rénovée, mes parents ont cru bon de commencer les travaux juste après avoir fini le gâteau.
Petit tour des lieux, ma mère notant au passage ce qu'il faudrait faire dans chaque pièce, et nous voilà affublés de salopettes bleues et de bottes en caoutchouc, dont je me demande encore l'utilité. Ma mère m'avait assigné dans une pièce qui avait du être dans un passé immémorial le salon et qui, à ce moment là, ressemblait plus à un dépotoir qu'à autre chose, comme la plupart des autres pièces de la maison. J'étais sensé trier l'amas d'objets poussiéreux qui se tenaient devant moi en deux tas : ceux qu'on pourra réutiliser et ceux qui finiront dans une décharge.
Voyant ce qui m'attendait, j'avais soupiré et je m'étais glissé délicatement entre deux montagnes d'objets sachant qu'au moindre geste à côté je serais enseveli par ce gigantesque monstre qui m'empêchait de voir l'autre bout de la pièce. Je dénichai un coin assez confortable entre une brouette et une armoire et je m'endormis.
Mais ce moment de quiétude ne dura pas car je fus réveillé par la désagréable impression de ne pas être seul. Au début, je cru que c'était ma mère qui venait vérifier que je faisais bien ce qu'elle m'avait demandé mais, après quelques secondes de silence, j'eu des frissons. Je ne percevais que les sifflements des courants d'air et le crissement des bottes des autres dans les pièces d'à côté. Avec beaucoup de précaution, je me levai et j'avançai entre tous ces objets entassés quand un scintillement à ma droite me fit tourner la tête. Je vis alors un collier suspendu au bout d'un parapluie. Quelque chose m'empêchait de me détourner de cette chaine en argent. Je m'approchai, toujours en faisant attention à ne rien faire tomber, et je le pris avec une délicatesse qui me surpris, comme l'aurait fait un collectionneur devant une pièce unique. Je le regardai sous tous les angles puis je le mis dans ma poche en haussant des épaules, ne voyant rien d'intéressant à part un simple collier en argent.
Je me retournai pour peut-être enfin me mettre au travail quand je fus pris de vertige. Je m'appuyai sur la première chose à ma portée. Malheureusement, l'amas d'objets sur lequel j'avais pris appui n'était pas du tout stable et avant que j'eus le temps de m'en rendre compte, je tombai dans un horrible fracas.
Quand je rouvris les yeux, j'étais debout face à un homme qui avait le crâne rasé et une barbe blanche qui descendait jusqu'à ses pieds. Il était vêtu d'une toge violette recouverte de rune dorée et tenait une canne en bois où était incrustée une sphère transparente où je crus discerner un tourbillon de brume. Il était penché sur un livre qui se trouvait sur une table en pierre, suivant du doigt sa lecture. Soudain, il releva violemment la tête et me fixa. Mon sang se figea et un frisson glacé me parcourut l'échine. Cet homme n'avait pas d'œil, seulement deux orbites creuses et vides. Il sourit, me faisant découvrir sa dentition qui aurait désespérée le meilleur des dentistes et s'approcha de moi. Il commença à me parler dans un dialecte que je ne connaissais pas mais que je comprenais. Je n'essayai pas de saisir pourquoi car le monstre qui se tenait devant moi venait de me dire qu'il allait m'emprisonner je ne sais où pour l'éternité. Toutes pensées cohérentes disparurent pour laisser place à une peur démesurée. J'essayai de me débattre mais je ne pouvais pas bouger. Désespéré, je me mis à crier et une sueur froide me brouilla la vue, à moins que ce ne soit des larmes. Le vieil homme se retourna, loin d'être déstabilisé, et prit quelque chose dans une de ses multiples poches. Il revint ensuite vers moi et se mit à me tourner autour en dessinant à mes pieds un cercle de poudre grise. Il se remit devant moi et brandit le collier que j'avais trouvé quelques minutes plus tôt, à moins que ce ne soit des heures. Répétant inlassablement la même phrase, il me mit la chaine autour du cou puis sortit du cercle. Il leva ses bras vers le ciel puis les rabaissa aussi brutalement. Alors un feu naquit sur la poudre et j'entendis le sorcier rire. Je me débattis de plus belle, criant de rage et de peur en voyant les flammes se rapprocher. Le feu commençait à dévorer mes vêtements...
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Dans ma tête
NouvellesMélange de toutes petites histoires plutôt sombres qui me passent par la tête. Tout et n'importe quoi s'y entrechoquent pour former ce livre aux multiples personnalités.
