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Cedric et Chloé passent le week-end avec Nolwann et moi dans l'appartement que louons.

Coïncidence, Cédric est en congés à Paris. En réalité il habite et fréquente à Montpellier. Les congés touchant à leur fin, il rentrera dans sa ville lundi par train, accompagné de Chloé.

Il est actuellement 1h30 du matin, nous sommes tous installés devant un film d'horreur et Chloé s'est endormie dans les bras de Cédric qui lui-même somnole.
Nolwann quant à lui est à fond dans le film, la main plongée dans mes popcorns improvisés.

De mon coté, ma tête repose sur l'épaule de mon ami-amoureux. Ma concentration alterne entre le film et mes pensées. Depuis que nous sommes arrivés hier, je n'arrête pas de consulter mes mails. Toujours rien.

Nolwann : Semble remarquer ma distraction. Aïda lève-toi, suis moi.

Il se lève et réajuste son sweat puis mets le film sur pause et me tend sa main. Je la saisis et me lève. Nolwann me guide sur le balcon-terrasse avant de l'appartement.

Le contraste entre la température ambiante de l'appartement et l'air frais de l'extérieur, qui caresse ma peau, me fait frissonner

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Le contraste entre la température ambiante de l'appartement et l'air frais de l'extérieur, qui caresse ma peau, me fait frissonner.

Nolwann pose son bras sur mon épaule, me rapproche de lui et dépose un délicat bisou sur mon front.

Moi : C'est beau. Dis-je en observant le ciel étoilé.

Lui : C'est vrai. Et le calme qui règne est très apaisant.

Moi : Tu as raison.

Lui : C'est l'ambiance parfaite pour exprimer ce que l'on a sur le cœur tu ne crois pas ?

Je lève ma tête vers lui pour le regarder et essayer de le cerner.

Moi : Oui... si tu le dis.

Il me lâche soudainement pour s'appuyer contre la rambarde du balcon.

Lui : Aïda qu'est ce que tu as ces derniers temps ?

Je soupire bruyamment et m'assieds sur l'un des transats d'extérieur. Nolwann finit par s'installer en face de moi.

Moi : Tu sais déjà ce qu'il y'a Nolwann. C'est le fait que je n'ai toujours pas reçu de confirmation de stage...

Nolwann ne répond pas et m'écoute attentivement.

Moi : Tu commences lundi, Chloé mardi et moi ? Je n'en sais rien !

Toujours aussi silencieux, Nolwann les yeux plongés dans les miens, semble m'analyser. Il finit par prendre une grande inspiration.

Lui : Mlle Muene. Je vous connais depuis plus de 15 ans. Je connais vos moindre faits et gestes. Vos habitudes, vos tics, vos goûts, vos peurs, vos buts, vos échecs, vos réussites et tout ce qu'un meilleur ami est censé savoir.

Moi qui fuyait son regard jusque là finit par le fixer.

Moi : Meilleur ami... c'est donc tout ?

Lui :  N'essaye pas de changer de sujet. Oui, c'est le Nolwann meilleur ami qui te parle. C'est ce Nolwann qui te connaît depuis très longtemps.

Moi : Et qui est l'autre Nolwann ?

Lui : Aïda là n'est pas le sujet. Tu essayes d'échapper à la discussion.

Moi : Non. Dis-je fermement. Tu n'en as pas marre de cette relation floue ? Ne te rends-tu pas compte que le fait de ne pas savoir où nous en sommes conditionne nos comportements ? On agit bizarrement en présence de l'autre par peur d'aller trop loin !

Nolwann soupire et je sens qu'il se crispe.

Lui : Aïda je t'ai déjà assez prouvé que je t'aimais. Le problème c'est que je ne t'ai jamais sentie vraiment réceptive.

Moi : Sentant la fureur monter. Pardon ?! Mais qu'est ce que tu racontes ?!

Lui : Écoute moi avant de t'énerver. Il marque une pause pour réfléchir. Tu sais que généralement c'est délicat lorsque c'est le garçon qui tombe amoureux de sa meilleure pote. Cependant c'est ce qui m'est arrivé, et je te l'ai fait comprendre. Alors oui Aïda, je me suis confié à toi, oui je t'ai avoué mes sentiments, oui nous nous sommes embrassés, mais toi, l'as-tu fait parce que le sentiment était réciproque ou par simple empathie ?

Sa question me laisse perplexe. C'est vrai qu'il y a une part de moi, aussi infime soit-elle, qui de temps à autre pense à Arthur, malgré le fait que je nourrisse également de la haine et de la déception pour lui.

Mais comment puis-je expliquer à Nolwann que mes sentiments pour lui sont réels, mais que cependant ils sont entachés par ceux que je nourris à l'égard de Arthur, et que je me force à faire disparaître ?

Comment avouer à celui que j'aime et qui m'aime qu'il y a une part de moi qui pense encore à MON COUSIN ?

Peu importe les 15 années que nous avions partagées, je savais que Nolwann ne me pardonnerait jamais une telle chose, et si bien même il y parvenait, l'image qu'il avait de moi, sera brisée à jamais.

Une fois de plus, je préfère mentir à Nolwann. Il est hors de question que cette affaire se répande encore plus. Arthur, Leïla et moi, c'est déjà assez suffisant.

Lorsque je sors enfin de ma transe de réflexion, je me rends compte que ça fait un moment que la question de Nolwann est restée en suspend.

Lui : En se levant. Tu vois ? Je n'aurais pas dû te dire tout ça. Je n'aurais pas dû t'avouer mes sentiments, c'était trop risqué.

Je me lève à temps pour l'arrêter avant qu'il ne rentre dans l'appartement.

Moi : Je prends son visage entre mes mains et le force à me regarder. Nolwann je t'aime. Je ne veux pas que tu doutes une seule seconde de ma sincérité sur ce point.

Il détourne son regard.

Lui : Aïda ne joue pas avec moi s'il te plaît. Je n'ai pas envie de perdre une amitié qui date de plus de 15ans, j'ai encore moins envie de souffrir.

Je lui fais un câlin. Lui également resserre son étreinte.

Moi : Je n'ai pas l'intention de te perdre non plus Nolwann.

Nous restons comme ça durant de longues minutes puis finissons par nous rasseoir.

Lui : Et que sommes-nous donc ?

Moi : Faisant mine de réfléchir. Hmmm je ne sais pas, à toi de me dire.

Lui : Tu sais quoi ? Je ne vais pas te répondre ce soir. Allons dormir. Je te prépare une surprise pour l'après-midi d'aujourd'hui. Faudra que nous soyons en forme.

Moi : Mr Mukete toujours aussi spontané.

Nous nous levons et rentrons dans l'appartement. Nous décidons de mettre fin à la soirée film, pour aller nous coucher.

J'ai pu une fois de plus éviter le sujet du père de Nolwann et celui de Arthur... mais jusqu'à quand vais-je devoir repousser l'échéance ? Nolwann mérite de connaître la vérité.

《 UNMENTIONABLE 》Où les histoires vivent. Découvrez maintenant