Kiara, photo Pinterest.
J'avance difficilement dans les broussailles, que je connais pourtant par cœur, la chaleur étouffante ralentie mon pas. Je n'ai qu'une hâte, arriver dans mon petit paradis, mon endroit où personne ne vient jamais à part moi pour mon plus grand bonheur. J'y passe souvent mes journées libres à nager, à résoudre des équations, à lire ou à dessiner. On pourrait me penser sans amis mais c'est faux. Plus de deux heures nous séparent, eux sont à New-York, moi dans les Hampton. Les vacances viennent de commencer et ils me manquent déjà mais ils sont trop loin, je souffle devant ce fait qui m'agace de plus en plus.
Je m'intime l'ordre de mettre cela de côté, je ne les verrai pas pendant un moment et il est nécessaire que je fasse avec. Ma rentrée à l'université approche, j'ai besoin d'argent. Demain, je commence mon nouveau travail, et ce, jusqu'en septembre. Femme de chambre dans une des plus riches familles résidant ici à l'année ou presque, ce n'est pas très reluisant mais ça paie bien. Le salaire n'a rien à envier à celui de serveuse et j'en suis très heureuse. Je travaillerai uniquement en matinée à partir de 6h00 ensuite l'équipe d'après midi prendra le relais.
Quand j'aurai fini ces deux mois de dur labeur, j'irai enfin à l'université à Princeton, où, j'espère enfin me sentir libre.
Lorsque j'arrive sur mon rocher surplombant le mini lac à l'eau claire, j'ôte tous mes vêtements à la vitesse de Flash et plonge dans l'eau cristalline. Ici, seul les bruits de la nature se font entendre. Je nage un peu, lentement, l'eau fraîche caresse mon corps en surchauffe, elle m'apaise.
Je me mets sur le dos et me laisse flotter, j'observe le ciel vide de nuage. Je réfléchis à ma vie, à ce qu'elle pourrait être si ma mère ne travaillait pas pour cet homme gentil mais trop puissant. Il la paie gracieusement et c'est en partie grâce à lui que j'ai pu intégrer une des meilleures universités mais j'aimerais parfois ne pas avoir à vivre ainsi. Cachée, afin que mademoiselle Rebecca, sa fille, ne me croise pas.
– Hé ! Qu'est-ce que tu fais là ?! C'est mon coin !
Surprise par cette voix puissante et inattendue, je coule brièvement avant de me redresser en colère. Non mais qui est-ce ?!
Je me tourne dans tous les sens et le vois, là, près de mes affaires, de toutes mes affaires. Arf, il va me voir nue cependant mon bronzage est impeccable et je ne suis pas pudique, pas exhibitionniste mais pas pudique.
Je nage vers l'intrus, à cette distance je ne le distingue que vaguement. Plus je m'approche et plus j'ai la certitude qu'il s'agit d'un de ces gosses de riches. Je l'ai déjà entraperçu, cachée derrière les rideaux de ma chambre aux soirées de Rebecca, l'an passé. Une fois à portée de voix, je lui réponds :
– Pardon, mais j'étais là avant toi. Je viens ici depuis mes douze ans et ne t'en déplaise, je ne t'ai jamais vu.
Ma voix est légèrement irritée. Les gens s'appropriant tout, du simple fait de leur statut, m'horripilent. Arrivée près du rocher, je me rappelle avoir balancé mes vêtements et mon sac n'importe où. Parfois, je me giflerais.
– Et tu as quoi ? Quatorze ans ?
Pathétique. Je lève des yeux sarcastiques vers lui, oui je sais le faire. Il est pas mal mais ce n'est pas mon genre, enfin j'essaie de m'en convaincre. Grand, brun, musclé, tatoué, ce n'est absolument pas mon genre. Il est carrément canon. Ayant passée déjà trop de temps à le contempler, je m'empresse de rétorquer :
– Alors soit tu as des problèmes de vue, soit c'est un subterfuge un peu tordu pour savoir mon âge.
Il me scrute avec ses yeux gris et profonds, un sourire en coin. Il passe la langue sur sa lèvre inférieure avant d'ouvrir la bouche pour me répondre.
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Plus que ça...
RomanceKiara est une jeune fille belle, intelligente, forte et sans complexes. Elle n'est pas riche mais ne s'en plaint pas. Elle pourrait être pleinement heureuse si elle ne devait pas organiser sa vie selon les caprices de Rebecca, la fille de Monsieur L...
