Monsieur Lockwood

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Lorsque je me réveille, Joen dort. Je ne l'ai pas entendu rentrer. Aujourd'hui, j'ai mes premiers cours. Enfin, ce sont plus des approches de cours pour présenter les matières. De ce que je sais, certains professeurs font même des sortes de présélections, ne supportant pas d'avoir un niveau trop bas dans leur classe. Ma colocataire m'a expliqué que si je veux entrer dans le cours du plus beau professeur de cette université, je vais devoir affronter une belle brochette de filles gouvernées par leur hormones et non par le cerveau qui les a fait entrer dans l'une des universités de la Heavy League.

Je me lève, impatiente de commencer mes cours, d'essayer mes options. Je sais que je n'ai pas besoin de réveiller ma colocataire. Redoublante, elle n'a pas besoin de recommencer cette journée. Je sais d'ailleurs qu'aujourd'hui, je vais essentiellement croiser des premières années ou des changements d'orientation. C'est donc d'un pas plutôt serein que je passe le pas de ma porte. Prête à donner le meilleur de moi-même.

J'enchaîne les cours que j'ai choisi, le sourire aux lèvres. Ravie que mon esprit soit accaparé par ce que je vois, ce que j'entends et ce que je dois fournir en travail. Jusqu'à maintenant, j'ai enchaîné le dessin, la littérature anglaise, reste le meilleur du meilleur, la matière que j'attends, mathématiques appliquées. C'est trop heureuse que j'entre dans cette immense salle de classe. C'est un mini amphithéâtre, les sièges m'ont l'air très confortables, malheureusement, ils sont tous pris. Les quelques élèves, qui comme moi arrivent juste à l'heure, se regardent en chien de faillances, déçus, ne sachant que faire. Je prends l'initiative de m'asseoir sur une marche de l'escalier principal. Je me sens observée et vite imitée. Je ne vois pas comment un cours tel que celui-ci peut avoir autant de monde. Joen m'avait prévenue mais j'espère que beaucoup vont couler, moi, je rêve de poser mon petit céans dans ses fauteuils qui me semblent si moelleux.

Attendant le professeur, j'analyse les gens peuplant cette salle. Joen avait raison, il y a énormément de filles, je dirais environ 80 pour cent. Beaucoup sont habillées comme si elles sortaient en boite ou pour un rencard. C'est écœurant. Je détonne réellement, avec mon jean et mes converses. Mais je m'en moque, je suis là pour résoudre des équations. Le bruit est infernale, ça caquette dans tous les coins.

Le silence se fait d'un seul coup lorsqu'un homme entre dans la salle par une porte près du tableau. Je suis quelque peu abasourdie par sa beauté, grand, carré, on devine ses muscles sous son t-shirt du bleu de ses yeux. Ses traits sont virils. Il est vraiment très beau et ne paraît pas très âgé mais il n'est pas lui. Foutu cerveau ! Arrête de comparer tous les hommes à ce traître. Je reprends vite mes esprits, j'ai hâte de commencer, d'apprendre, d'approfondir mes connaissances.

– Bonjour à toutes et à tous. Je suis monsieur Lockwood.

Sa voix cassée fait vibrer les femmes de l'assistance. Je souris en coin, ma colocataire connaît vraiment bien son sujet, je croyais qu'elle exagérait, mais non.

Il s'avance avec un énorme tas de feuille et les donne au premier rang.

– Veuillez faire passer. Ceci est un test de niveau. Il n'est pas simple. Si vous voulez rester dans ce cours vous devez au moins avoir la moyenne.

Il se tourne vers son bureau puis part s'asseoir. Lorsque j'ai enfin le sujet dans mes mains, je suis heureuse et donne tout ce que j'ai, je ne calcule pas pour avoir la moyenne ou m'approcher de la perfection comme je le faisais avant. Non, j'y vais franchement. Je m'y plonge avec bonheur pour une demi-heure. Quand je relève la tête, je suis surprise de l'ambiance stressée qu'il règne dans la salle. Le professeur nous observe un rictus malicieux aux lèvres. Une élève se lève et va lui déposer sa copie.

– Vous abandonnez demoiselle ?

Elle se penche sur le bureau alors que je m'approche pour rendre à mon tour mon devoir.

– Oui, je ne comprends rien mais je vous ai laissé mon numéro et ma photo.

Monsieur Lockwood, sourit mais ne paraît pas si à l'aise, il paraît même énervé.

– Merci, vous êtes la septième à abandonner et à me filer son numéro. Je ne vous appellerai pas. Vous pouvez sortir.

La blonde part légèrement vexée.

– Vous abandonnez ?

Je me tourne vers mon futur professeur sourire aux lèvres.

– Non, j'ai fini.

Il fronce les sourcils avant d'attraper ma feuille. Je commence à reculer.

– Bonne journée monsieur et je ne vous ai pas laissé mon numéro.

Il m'offre un sourire en coin que je sens amusé mais peut-être que je me trompe.

– A demain mademoiselle.

Je n'attends pas plus et disparais de sa vue pour laisser les autres déposer leurs copies.

Je vais faire un tour à la supérette pour acheter de quoi grignoter puis rentre dans ma chambre déserte. Un mot m'attend sur mon lit : Je ne rentre pas ce soir, tu manges avec moi demain midi ?

Je lui envoie un message de confirmation et passe une après-midi et une soirée tranquille a regarder des films et à lire.




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