Mes pensées m'assaillent à peine ai-je ouvert les yeux. Mon réveil n'a pas encore sonné, je souffle dans mon lit et laisse libre cours à mes réflexions tout en fixant le plafond de ma maisonnette. Hier, nous avons passé l'après-midi ensemble. Ses bras sont devenus mon endroit préféré. Je m'y sens tellement à ma place. Nous avons beaucoup discuté, de mes goûts musicaux, de ce que j'aime. Ses questions sont incessantes. Lui se livre avec difficulté, pas de réticence juste de la nouveauté, il n'a pas l'habitude et ça se voit. Nos conversations sont variées mais n'abordent jamais le sujet qui fâche ou plutôt qui me stresse. Que feront nous en septembre ? Cela commence à me peser. Je ne vais pas tarder à mettre les deux pieds dedans. Je ne suis pas du genre à repousser les discussions mais pour une fois, celle-ci me fait peur. Ici nous sommes dans un microcosme. Là-bas nous serons sous les projecteurs, nous retrouver serra difficile. Nous cacher encore plus. Je ne sais pas comment cela va se passer. Je déteste cette situation. Je laisse cette soirée, ho combien angoissante, passer et dimanche nous aurons une discussion.
Je me lève, éteins mon réveil et me dirige vers la cuisine. Ma mère est dos à moi, assise elle boit tranquillement son café. Je n'ai pas eu l'occasion de la revoir hier soir. Elle est rentrée trop tard. Je l'enlace tendrement par derrière, elle pose sa tête près de la mienne.
– Ciao, mamma.
– Mia Kiara.
Sa voix semble triste, je la lâche et vais m'installer face à elle. Ses yeux sont emprunts de douceur et d'autre chose plus mélancolique.
– Qu'y-a-t-il mamma ?
– Je suis désolée pour hier, je n'aurais pas dû réagir ainsi. Je vous ai fuit, j'ai peur de cette situation. Mais je ne me mettrai pas en travers. Si tu me le demande j'irais voir monsieur Laurence. Je démissionnerais pour que tu sois heureuse. Tu as fait tellement de sacrifice. Je ne veux pas t'imposer celui-ci. Je trouverais un autre travail. Je ne laisserai pas cette petite vipère s'interposer entre vous. Je...
Je crois que j'ai arrêté de respirer, ma mère fond en larme. Elle, si forte, c'est la première fois que je la vois ainsi. Je lui attrape la main, elle me scrute avec attention.
– Mamma, nous ferons attention. Tu aimes ton travail dans cette maison, je le sais. Et soyons franches, jamais Rebecca n'acceptera, elle me pourrira la vie même si tu ne travailles plus ici. Et où trouverais-tu un autre poste comme celui-ci ?
– J'ai de l'argent de côté Kiara. Je peux arrêter et prendre le temps de trouver autre chose.
– Mamma, tes économies te laisserait vivre tranquillement combien de temps ?
– Un an ou deux peut-être.
– Et après ? Que feras-tu si tu ne trouves pas de travail ? Si Rebecca se charge de faire capoter chacun de tes emplois pour me faire tomber moi ?
Les épaules de ma mère s'affaissent, sa tête se baisse.
– Tu as raison mia bella.
– Comme souvent lui dis-je, l'humour dans la voix.
Elle relève son visage vers moi, un petit sourire aux lèvres.
– Ti amo mamma.
– Moi aussi mia Kiara.
Elle se redresse et regarde sa montre.
– Je vais être en retard.
– Ho moi aussi !
– Prends ma voiture Kiara, tu iras plus vite. Je n'en ai pas besoin aujourd'hui.
– Ok Mamma !
Je la regarde partir tandis que je finis mon petit déjeuner, non sans réfléchir à ce qui m'attend. Rapidement, je suis dans la vieille auto de ma mère, habillée et prête à affronter cette journée et cette soirée. Ou pas.
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Plus que ça...
CintaKiara est une jeune fille belle, intelligente, forte et sans complexes. Elle n'est pas riche mais ne s'en plaint pas. Elle pourrait être pleinement heureuse si elle ne devait pas organiser sa vie selon les caprices de Rebecca, la fille de Monsieur L...
