Samedi douceur-douleur

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Mes pensées m'assaillent dès que mes yeux s'ouvrent,  ma montre m'indique qu'il est à peine sept heures du matin. Je décide de me lever pour aller manger un bout et chercher un livre dans la bibliothèque d'Armand. Lorsque j'arrive à la cuisine, le soleil est déjà levé.

– Tu ne fais pas le poids papa.

Je pivote ma tête pour apercevoir Maya et son père sur la terrasse en train de déjeuner encore en tenue de soirée.

– Je t'avoue chérie que je n'ai pas envie d'abandonner.

Me sentant mal à l'aise de les écouter, je décide de me manifester. Je ne suis pas du genre petite souris.

– Bonjour.

Tous deux tournent leur têtes vers moi, surpris de me voir déjà debout. Maya me sourit tendrement, tandis qu'Armand détaille ma tenue. Mince. Un frisson me prend sous son regard gourmand.

– Bonjour, si tu as froid, il y a une veste derrière toi, sur le canapé, me dit Armand tandis que Maya lui tape le bras.

– Quoi ?! Elle sait qu'elle me plaît. Je n'ai plus à me cacher.

Je souris en leur tournant le dos pour aller enfiler la veste bienvenue.

– Un peu de tenue quand même ! Je me demande parfois qui est l'adulte entre nous.

Je reviens près d'eux et leur dit :

– C'est moi !

Ils arrêtent de se chamailler et me détaillent gentiment. Maya me désigne la chaise libre près de son père, avant de croiser ses mains devant elle de façon très sérieuse et de se racler la gorge. Je ne peux m'empêcher de glousser devant son ton impérieux. Elle me gronde des yeux, ce  qui me fait éclater de rire, Armand se joint à moi.

– Arrête Maya, tu n'es pas crédible. Lui dit son père.

– Hé bien, je ne suis on ne peut plus sérieuse pourtant. Nous avons un problème.

Nous nous calmons et l'écoutons.

– Tu vas souffrir ma chérie.

– Mais pourquoi tu lui dis ça ? Lui demande Armand effaré.

Elle prend une grande inspiration théâtrale et se lance. Je m'attends au pire car parfois son cerveau disjoncte.

– Alors, avant que tu arrives, je disais à mon cher papa qu'il ne faisait pas le poids face à Lohgan le dieu de la guerre, champion toute catégorie de la sensualité, de la sauvagerie et certainement de la passion.

Je lance un regard désolé à Armand, qui hausse les épaules, signification : elle est irrécupérable mais elle continue :

– Écoute, ma belle, vous êtes fait l'un pour l'autre. Vos corps s'appellent, c'est magique.

Je l'écoute mais tout ce que je revoie, c'est son regard méprisant et une pouffe coller à lui.

– Ce n'est pas un gars pour moi ! Tu l'as bien vu hier soir, non ! Tu m'as dis qu'il était avec non plus une mais deux blondes ! Lui réponds-je avec hargne.

– Oui mais...

– Il n'y a pas de mais ! Il s'en ait même taper une avant que nous arrivions. Il a une drôle de façon de penser à moi tu ne trouves pas ?!

– Il compense le manque de toi, me dit-elle le sourire aux lèvres.

– N'importe quoi !

– En tout cas, il te fait réagir comme aucun autre mec jusque-là. Tu es plus vivante que jamais.

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