Suite 18 ( Ânata)
Moustapha fut placé dans un foyer coranique ainsi qu'à l'école française. Désormais, voilà ce qui occupait son temps.
A l'école française, après un test, il a été directement envoyé en première année pour des raisons d'intelligence. Kadhija avait prit un répétiteur à la maison pour lui et son fils vu qu'ils étaient dans la même école.
Les premiers jours furent difficiles pour lui entre ses déplacements, son bavardage et ses provocations. Toute l'école savait qu'il y avait un élève de la 1ère année très turbulent mais intelligent. Il s'était fait rapidement des amis, sa « bande » comme il aimait les appelés. Il se croyait dans un film de gangs. Son maître le grondait souvent malgré qu'il participait activement au cours mais le trouvait aussi quelque fois distrait .
Pendant les récréations, il partait attendre les filles devant les toilettes où il prenait de force le mangé des autres pour s'enfuir avec.
Il y avait qu'à l'école coranique qu'il se montrait sage. Le Karamoko n'était pas tolérant, il frappait à la moindre occasion.
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Des années s'étaient écoulées, Moustapha grandissait. Un jour, alors qu'il y avait une grande pluie, il rentrait du foyer coranique. Mais malgré la pluie battante, il évitait de courir. Le sol était devenu glissant, il ne voulait pas tomber .
Ânata était assise entrain de lire un livre à la terrasse. A une dizaine de mètres, elle l'observait traîné les pas vers elle. Beaucoup de choses avaient changé chez Moustapha . Il devenait de plus en plus matures.
Quand il atteignit la maison, il était tout mouillé. Sa mère s'inquiètait déjà pour lui .
- tu vas tomber malade boboan ( mon enfant ) fallait pas sortir sous la pluie
- Néné je ne suis plus un bébé j'ai grandit
- Tu n'as pas grandit et même si c'est le cas tu resteras toujours mon enfant.
- Va te changer et revient moi
Il partit vers sa chambre commune avec Ibrahim, il n'était plus avec sa mère.
Les pieds nus, il rejoignit sa mère à la terrasse.
- Nèné , je dois terminer le Coran demain à la grande mosquée.
- Alhamdoulilah !!! dit Ana en passant les mains sur son visage . J'attendais depuis longtemps ce beau jour. Enfin, mon enfant a maîtrisé le Saint Coran .
- C'est grâce à toi maman .
- C'est grâce à nous tous boboan ( mon enfant) .
Moustapha ne semblait pas tellement content .
- Néné, j'ai depuis quelques jours, des questions qui perturbent mon sommeil et ma tranquillité, j'aimerais te les posées peut-être que toi tu sauras quoi me répondre .
Ânata déposa son livre, et prit les mains de son fils .
- Je t'écoute mon fils . Demande moi, demande moi tout ce que tu veux.
- J'ai entendu des gens dire que je n'avais pas de père ? C'est vrai ça Néné ?
Ana commença à trembler à l'entente de la question. la surprise se lisait dans ses yeux . Elle savait que ce moment allait arrivé mais elle se doutait que ça soit de si tôt.
Elle inspira profondément et expira.
- maman tu trembles ? Demanda t- il en regardant les mains de sa mère .
- Non boboan !! c'est la fraîcheur. Ana opta pour un faux sourire.
- N'écoutes pas les rumeurs mon enfant, tu es un enfant légitime, tu as ton père, tu as ton papa qui t'aime énormément et qui est parti chercher de l'argent dans le monde pour un cadre de vie bien meilleure pour nous . Tu as ta famille. Héé ?? regarde moi Moustapha dit elle en soulevant son menton , tu as ta famille. C'est nous ta famille et ton père il est là dans nos cœurs, il reviendra bientôt. D'accord ?? ne te prends pas la tête pour ça ce sont des gens qui sont jaloux de ta beauté et de ton intelligence, ne les écoute pas, étudie juste bien à l'école et soit plus discipliné et ton papa sera fier de toi à son retour.
Moustapha dit ok mais ne semblait pas tellement convaincu du raisonnement de sa mère, alors il redemanda;
- Dit moi son nom Néné
Ana se tut un moment, elle n'avait pas prononcé ce nom depuis le dernier jour où elle a quitté Conakry. Et ce soir, il fallait qu'elle épelle ses lettres qui ont été à la base de tout ses maux .
- Il s'appelle Bachir, ton papa s'appelle BACHIR BAH fini t-elle par dire en fixant le fourneau dont les charbons se transformaient en cendre .
- J'aimerais tellement qu'il me voit demain tu sais ?
- Oui je sais t'inquiète pas boboan ( mon enfant ), je veillerai à ce que tout se passe dans l'ordre. Ton maître est déjà fier de toi.
- Awa néné . Accepta t-il
- Et à l'école ? Je ne te vois plus prendre tes cahiers.
- Je révise dans ma chambre, les évaluations tendent vers la fin. Et vu que c'est bientôt le ramadan on va faire la fermeture des classes bientôt.
- Fait tout pour occuper les premières places c'est la seule façon de remercier Diadia Kadhija pour tout ce qu'elle fait pour nous .
- Ne t'inquiète pas Nénè je ne suis pas bête dit il en rigolant .
- Tu as intérêt à ne pas l'être dit Ana en lui tapant sur l'épaule.
Il savait d'étendre l'atmosphère, leur complicité était énorme pour une mère et son fils. Ils étaient comme deux meilleurs amis qui ont presque le même âge et les mêmes idées .
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Ânata
Ficción GeneralÂnata Diallo une jeune fille villageoise tôt orpheline de père , pauvre ,rêveuse et ambitieuse.. La ville en fera une victime . Tombée aux pièges d'un homme pervers, elle tombera naïvement enceinte .... Livrée à elle même , elle affrontera tous les...
