Chapitre 13 : J'accepte
*Vanessa ALIWA
Cela fait maintenant plusieurs jours que je me sens mieux. Je peux enfin me déplacer même si c'est toujours avec beaucoup de difficultés. Les bleus sur mon corps ont commencé à diminuer, de même que ceux de mon visage avec les bosse qui les accompagnait mais il reste encore des séquelles. Je suis toujours méconnaissable . Je peux dire que physiquement ça commence à aller mais moralement c'est une autre paire de manche. Car depuis cette histoire dont tout le quartier a été au courant, ma famille et moi nous sommes maintenant stigmatisés et pointé du doigt, plus que d'habitude. Surtout moi... à chaque fois que je sors de la maison ou bien même quand je me place au niveau de la terrasse, je vois comment les voisines me regardent, me pointent du doigt et se moquent même de moi... j'ai juste la honte...tout le monde surtout les femmes du quartier me regarde maintenant comme la voleuse de mari, la sorcière, celle qui a voulu tuer le mari d'autrui...depuis ma maison j'ai entendu plusieurs versions de cette histoire, tantôt j'aurais voulu tuer Armand pour faire dans les sacrifices ou bien parce que Armand aurait découvert que je suis une féticheuse et met les médicaments dans mes parties intimes pour le maintenir avec moi et comme les médicaments n'ont plus fait effet, il a voulu me quitter et je ne l'ai pas accepter...enfin beaucoup d'histoires abracadabrantesque sortis de nulle part...
j'essaye d'essuyer tout ça et de me focaliser sur l'avenir dorénavant mais ça me fait mal. Ce qui me fait encore le plus mal c'est que ma famille se trouve maintenant impliqué dans cette histoire. Même ma Mémé qui s'entendait assez bien avec les femmes du voisinage est rejeté de tous car selon elles, les chiens ne font pas les chats. C'est elle qui m'aurait élevé comme ça au même titre que ma mère. J'ai encore plus mal pour elle, elle qui a toujours mené une vie sans histoire en se battant chaque jour pour son petit morceau de pain, la voilà qu'elle est maintenant dans la bouche de toutes les commères du quartier.
Aujourd'hui je suis seule dans la maison avec Mémé, les garçons sont sortis. Champion je ne sais où et poupon je crois que son dossier à été accepté à la fonction publique et il doit exercer dans l'un des hôpitaux publics dans les prochains jours. Il est parti remplir les formalités nécessaires pour qu'il commence son boulot d'ici là. Je sors de la maison et trouve Mémé les mains sur son visage l'air pensive et triste . Et juste en face d'elle, de l'autre côté, je vois les voisines qui étaient là et la regardaient et se moquer d'elle pire quand je me suis montré, je voyais que les commérages y allaient encore bon train.
Moi, explosant de colère et regardant ses sales mégères : OUI, Y'A QUOI ???VOUS VOULEZ NOS PHOTOS PEUT ETRE ??? OU BIEN VOUS VOULEZ QUE JE COUCHE AUSSI AVEC VOS MARIS ET ON EN PARLE PLUS ??
Je les vois seulement me toiser de loin et me dénigrer rien que par leur expression faciale.
Moi : D'AILLEURS VOUS SAVEZ QUOI ??ALLEZ TOUS VOUS FAIRE FOUTRE, VOUS COMPRENEZ !!! LA PROCHAINE PERSONNE QUE J'ATTRAPPE ME REGARDER DE TRAVERS OU BIEN ENCORE PARLER DE MOI, AURA AFFAIRE À MOI, BANDE DE SORCIERES !!!
Je les vois m'insulter ouvertement puis elles finissent par s'en aller pour rentrer à l'intérieur de leur maison
Moi : OUI C'EST ÇA, DÉGAGEZ !!!
Mémé, me tirant la main doucement : ça va aller ma fille, calme toi c'est fini
Moi, m'asseyant a côté d'elle à même le sol en larmes : non mémé comment ça pourrait aller ? A cause de moi, toute la famille est maintenant vu d'un mauvais œil. J'ai trempé notre nom dans la boue
Mémé, doucement : tu oublies que nous avons toujours été vu de travers dans ce quartier ?
Moi : oui mémé et c'est ça qui me soule, tu comprends ! Depuis toujours nous avons toujours été pointés du doigt pour les agissements de Jessica alors que nous n'avions rien à y voir dans ses actes. Même lorsqu'elle s'en ait allé, on a toujours été jugé, pourquoi ? Je dis dépassée en larmes.
Mémé : ça ira mon enfant, tout ira bien...
Moi : comment les choses pourront aller, hein ? Comment ? Tout le monde semble oublier que j'ai été avec Armand depuis le début, j'ai été la première, tous le savent. Tous savait mon amour pour cet homme même lorsqu'il a décidé de l'épouser elle au lieu de moi. Tous, ils savaient...et aujourd'hui, ils ne se gênent même pas en me jetant la pierre et trainant mon nom dans la boue bafouant mon honneur plus qu'il ne l'est déjà et pourtant tous savent que c'est Lydia qui m'a trouvé ici avec Armand. Pourquoi ne l'a-t-on pas jugé elle ? Pourquoi c'est seulement moi qui suis la mauvaise dans toute cette histoire ? Pourquoi ? Tu te rends compte que même lui, cet homme pour qui j'ai sacrifié beaucoup de choses et aurait pu encore sacrifié plus est exempté de tous reproches. C'est moi qui suis la fautive de tout ! Je dis en éclatant cette fois ci de pleurs.
Mémé, me caressant les cheveux : ...
Je suis fatiguée, vraiment fatiguée de tout ça. Mon cœur est lourd devant tant d'injustices, toutes ces injustices que nous subissons depuis toujours. Je me rappelle que depuis petite, on nous cataloguaait déjà comme les enfants de la pute. Quand elle nous a laissé c'était maintenant les orphelins de la pute. Et nous etions obligés de le subir impuissants. Puis il a fallu que je tombe amoureuse de cet homme qui m'a détruite. Aujourd'hui tout le monde me jette la pierre en me traitant de tous les noms. Et pourtant ils étaient tous présents aux prémices de cette histoire avec Armand, ils n'ont rien eu a dire. Puis quand il m'a jeté pour elle, c'était bien fait pour ma gueule, pour quoi ? Jusqu'à aujourd'hui je ne sais pas. Mais j'avais déjà été jugé et condamné alors que c'était moi la victime de ce bourreau. Puis il est revenu et a abusé de ma faiblesse. Oui, surement j'aurais du lutter plus, j'aurais du être ferme. Et pourtant DIEU seul sait à quel point j'ai essayé de m'éloigner de lui. Mais il a su comment m'avoir et je suis retombé dans ses filets comme une idiote et pourtant je sais que sortir avec un homme marié ce n'est pas bien. Mais moi je n'ai pas fait que sortir, je l'ai aimé d'un amour sincère et pur depuis toujours. J'aurais même encore voulu sortir avec lui en ne ressentant rien mais mon cœur avait décidé autrement. J'aurais tellement voulu me debarasser de ses sentiments et relation toxiques qui m'ont empoisonné la vie mais je n'ai pas pu et pourtant j'ai essayé. Aujourd'hui, ou suis-je maintenant ? Me revoilà, une fois de plus, jugée, insultée, pointée du doigt. J'ai passé toute ma vie ainsi sur les injures de tout ces gens. J'étais même déjà condamnée et jugée du simple fait d'être née entre les entrailles de cette femme. Parce que je suis sa fille que je n'en valait pas la peine, J'étais destinée à suivre le même schéma qu'elle. Et Armand ne s'est même pas gêné de me le balancer en plein visage. Qui voudrait mettre dans sa maison une fille dont la mère aurait couché avec tout les hommes du quartier ? Car les chiens ne font pas les chats dira t'on.
Puis dans un élan de colère, je me redresse en regardant mémé déterminée et avec une rage sans nom. Ils vont voir. Je vais leur montrer que je peux m'en sortir, que je peux être une femme respectueuse à part entière. Je vais le leur prouver à tous.
Moi : mémé tu sais quoi ? J'en ai marre de cette injustice. J'en ai plus que marre que nous soyons critiqués, insultés, calomniés et la risée du quartier. Tout ceci doit finir. Je vais redorer notre nom. Je ne permettrai plus que tu sois la risée de tous le monde a cause de moi ou Jessica. Cela s'arrête maintenant. Tu vas voir. Ils vont tous nous respecter ici
Je rentre dans la maison, mais une robe qui couvre tout mon corps et un foulard sur ma tête pour bien caché mes bleus et blessures, puis je sors de la maison
Moi : Mémé j'arrive. J'ai une chose urgente à faire
Mémé : tu vas ou ?
Moi : faire ce qu'il faut.
Je prends le chemin de la route avec détermination . Tout au long de ma marche, je vois toujours les gens me regarder et me critiquer
« oui allez y ! Profitez bien de ces derniers instants. Car après vous la fermerez tous, bande d'imbéciles que vous souffrez ! » je pense dans mon cœur avec colère et rage
j'arrive à mon lieu de boulot en moins de 30 minutes et je monte à l'étage où se trouve monsieur Abessolo. Lorsque je suis devant son bureau je cogne
Monsieur Abessolo : oui entrez
Lorsque je rentre, la seule chose que je dis c'est
Moi : J'accepte votre proposition.
