Éros
Assis dans une célèbre boite de nuit qui m'appartient, un verre de whisky coupé à l'amaretto, une prostitué sur les genoux, des liasses de billet entassé sur la table, des lignes de cocaïne préparées mais rien n'apaise le feu qui me consume. L'argent, le pouvoir, le respect et la loyauté dont me font preuve mes hommes me rendent puissant, mais pas assez pour effacer mes cauchemars. Je sniff ma lignée et observe du haut de mon carré VIP le monde présent ce soir.
- Segnore Giordano, me dit un de mes gardes rapproché. Segnore Ignacio veut vous parler.
- Fait le monter. Dis-je sans prendre la peine de poser mon regard sur lui.
Je fais partir la prostitué par un geste de la main et quelques billets négligemment jetés par terre pour l'observer se pencher en avant.
- Puttana. Crachais-je en la voyant glousser.
Elle ramasse les billets en se dandinant et me lance un clin d'oeil avant de sortir par la porte.
Pathétique.
-Strano. (Dégage). Dit Ignacio en bousculant la pute.
Il entre et m'accorde un hochement de tête les yeux baissés par signe de respect.
- Sedere. (Assis toi )
Il semble nerveux, sa jambe tremble lorsqu'il s'assoit, son doigt tapote frénétiquement son genou droit. La mâchoire serrée, il lance.
- On a un problème Capo (patron). Dit-il en évitant mon regard scruteur.
Je me tend, Des picotements parcourt ma nuque et je serre les poings jusqu'a voir mes jointures blanchir.
- Parle. Dis-je entre mes dents serrés.
- Dí Maria. Il prend une longue pause avant de continué. On la retrouvé mort, balle dans la tête et dans l'abdomen. À Vomero, Via Andrea vaccaro... Capo ! Stai bene ?! Dit-il en écarquillant les yeux sur mon verre.
Je suis son regard jusqu'à mon verre, en effet, il est brisé entre ma paume, des éclats de verre s'enfoncent dans ma chair, les arômes d'amaretto me chatouillent le nez et je vois mon sang chaud éclabousser le sol et la table.
Je secoue la mains rapidement, immunisé contre toute sorte de douleur, je l'essuie maladroitement sur le canapé rouge en velours sur lequel je suis assis. Ma vision s'entache de point noir, ma respiration s'accélère...
Non, pas maintenant.
Il faut que je reprenne mes esprits.
Je ne peux pas devenir lui.
Pas maintenant.
- Verse moi un verre, dépêche toi. Crachais-je en tentant de renfermer le démon qui me possède.
Il s'exécute maladroitement. Je prend le verre en le tachant de sang et le bois d'une traite.
Vide toi la tête, Éros, ne pense pas à ça. Pas maintenant.
Je me concentre sur ma respiration en serrant les dents le plus fort possible.
- Plus d'info ? Dis-je en le fixant méchamment.
- Euh... il a été aperçus avec une fille avant de mourir. Dit-il en respirant difficilement. Elle est à l'hôpital, elle a perdu connaissance mais elle va bien. Continu-t-il.
- Chi è lei ? (qui est-elle ?)
- No lo so Capo... commence-il en baissant la tête. Ils n'ont pas son identité, elle a été retrouvée sans son sac et sans ses papiers...
Le deuxième verre dans mes mains se retrouve éclaté contre le mur derrière ce stupido d'incapable. J'ai frôlé volontairement sa tête, sentant une dangereuse pression monter en moi.
- Si je te vois encore une fois avant d'avoir toutes les informations la concernant je te brûle vif à l'acide. Dis-je froidement. Maintenant Strano ! Et dépêche toi de me ramener de bonnes nouvelles, tu sais que je n'aime pas attendre.
Je le congédie avec un vulgaire geste de la main.
- Que personne ne rentre. Lançais-je au garde près de la porte.
Mon démon me tourmente, il a soif de vengeance, soif de sang, soif de haine. La haine que je contient pourrais brûler toute la ville, la rage coule dans mon sang comme l'alcool.
Je veux,
Non
J'ai besoin de la tuer, de la torturer jour et nuit, de voir son sang se déverser, de voir la douleur froisser ses traits', de lui arracher sa peau avec les ongles, de couper ses membres uns par uns...
Un sourire sadique étire mes lèvres, oui, bientôt je pourrais me faire plaisir et satisfaire mes démons.
Néanmoins, l'attente me torture, j'ai besoin de faire du mal, rien ne peut apaiser mon âme, sauf la douleur des autres.
J'attrape les clés de ma voiture posés sur la table avant de sortir du club. Je déverrouille la portière avant de m'installer et soupirer de satisfaction en observant l'intérieur en cuir de ma Ferrari 296 GBT rouge offerte par le directeur même de Ferrari.
Je me gare sur le trottoir en face de ma salle de sport et entre tel un roi dans son royaume. J'attrape le premier garde que je vois et le traine sur le ring.
Tout les coups sont permis, rien ne m'effraie même pas la mort.
Je vois le garde en face de moi se décomposer de peur, ce qui m'agace au plus profond.
- Plus tu as peur, plus j'ai envie de d'étriper Stronzo ! Soit un homme et bat toi. Dis-je agacé par son manque de courage.
Il avale difficilement sa salive et se met en position maladroitement.
J'ai besoin de cogner. J'éteins mon cerveau et laisse mon mes poings pleuvoir sur le corps déjà inerte de l'homme en face de moi. Je ne ressens plus rien, mis a part un grande satisfaction de voir mon adversaire souffrir. J'enchaine quelques mouvement et finis par lui écraser le crâne avec mes pieds. Je ne m'arrête pas avant de voir une marre de sang m'entourer, à la vu du sang, je me sens plané. Comme si j'avais bu des litres de whisky, comme si j'avais sniffé des grammes et des grammes de cocaïne, comme si j'avais baisé pendant des heures et des heures.
Une profonde satisfaction me prends lorsque je vois mon adversaire KO au sol. J'en ai fini avec lui. Je descend du ring, et m'essuie les mains avec une serviette posée sur un banc. Je suis poisseux de transpiration, mon t-shirt me colle à la peau et m'est désagréable.
Je pars à la douche et laisse le jet brulant effacer mes tourments. J'en ressors 15min ou 1h plus tard, je n'ai plus la notion du temps. Je m'habille avec quelques vêtement de rechange qui sont dans mon casier et reprends ma voiture pour rentrer chez moi. Le soleil commence à se lever, il doit être 6h ou 8h je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que je ne vais pas réussir à dormir paisiblement comme d'habitude.
Mes nuits sont rythmées de cauchemars, de spirales infernales, de sang et de torture.
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Obsession destructrice
ActionUne obsession. Un mystère. Son âme apaise mes tourments mais sa présence déchaine mes démons. Il me berce pour dormir mais hante mes pires cauchemars. /// contenu violent et mature /// Œuvre commencé le 14/05/2022
