Chapitre VI

64 7 16
                                        

Éros

J'enchaine mon quatrième cigare de la journée, en tirant une longue taffe. Un fond d'amaretto dans mon verre, j'observe encore son maladetto dossier. J'ai dû le lire une centaine de fois sans comprendre pourquoi. 

Sa misérable photo est éparpillée parmi les feuilles de son dossier. L'observation accrue de son dossier ne fait que nourrir la haine qui fleurit en moi. Mon besoin de lui faire du mal me brûle les doigts, je serre les poings d'impatience.

Bientôt.

La porte de mon bureau s'ouvre à la volée, ce qui a le don de me mettre en rogne encore plus que je ne le suis. Marco rentre dans la pièce tout sourire.

- Hello brodher ! dit-il d'un piètre accent.

Smettila stupido. (arrête idiot). L'anglais ne te va pas du tout. Assis toi plutôt, nous avons des choses à se dire. Dis-je d'un ton calme

Geloso. (jaloux) Dit-il en me tirant la langue.

Mais quel âge a-t-il ce cretino sérieusement. Je me demande vraiment comment est-ce qu'il gère les affaires quand je ne suis pas là. Je le regarde incrédule. Il s'assoit en ravalant son sourire.

- Di Maria est mort. Annonçais-je

Che vuoi dire? (qu'est-ce-que ça veut dire). Il me regarde les yeux écarquillés. Comment on va faire pour la retrouver putain ! il se lève et commence à faire les cent pas.

Calmati ! (calmes-toi). Avant de mourir il a été aperçu avec una bambina (une fille). Je la traque depuis plusieurs jours. Il est mort à quelques rues de son domicile. Je la soupçonne d'avoir été de mèche avec les tueurs. Soufflais-je en repensant à la stronza.

Tu as des preuves ? me demande-t-il.

Pas encore, j'attends de l'avoir pour confirmer mes dires.

Il me regarde longuement avant de soupirer.

- Ça se complique de jour en jour cette histoire. Me dit-il.

On l'aura notre vengeance fratello. te lo prometto, on va la retrouver et la tuer... Non on va la torturer pendant des mois et des mois et ensuite on la regardera brûler vif. Affirmais-je d'une voix tranchante. Demain tu iras avec Ignacio amener l'autre stronza et la déposé al deposito.

- Va bene. Il hoche la tête et suit mon regard posé sur le dossier devant moi. C'est elle ? Il s'empare de la photo. Mignonne. Conclut-il.

Une rage soudaine m'enflamma le corps. Comment ça mignonne ? Elle n'est absolument pas mignonne, elle sera mignonne quand je l'aurais mutilé, quand je lui aurais arraché tous ses membres un par un, elle sera mignonne quand je la verrai se vider dans son sang.

La vue de Marco m'est devenue insupportable après ce qu'il a dit.

- Dégage. Crachais-je en ne prenant pas la peine de le regarder.

Il sort du bureau en soufflant et claque la porte.

Bastardo !

Je pris la photo et le dossier de l'autre stronza et le déchire avant de les jetés à même le sol.

Bientôt Alma, bientôt...

La relation que j'entretiens avec mon frère se dégrade de plus en plus. Depuis le décès de notre père, je ne m'autorise que la colère et la haine comme sentiment et même si j'épargne mon frère, je ne ressens aucune sympathie enfin, je ne veux pas ressentir de sympathie ni avec lui, ni avec qui que ce soit.

 Il reste malgré tout important à mes yeux, je suis son grand frère et je dois le protéger même de moi.

Je consacre le reste de la journée à mes différents RDV. Entre les Colombiens et les Américains qui me fournissent en drogue et en esclave je finis tardivement ma journée.

Je me change malgré tout et réalise ma séance de sport quotidienne.

Le soir venue, je vais voir une importante cargaison provenant de la Colombie : des armes, de la drogue et des femmes.

2h30 affiche ma montre. J'épie minutieusement la cargaison, en prenant en main les armes de manière à contrôler la qualité et la conformité des produits, je goûte la cocaïne –pas aussi bonne que la nôtre- pensais-je. J'analyse les quelques femmes dévêtues – ouais bof- j'espère juste pour qu'elles nous apporteront un bon prix.

Je contrôle encore quelques cargaisons au Molo Carlo Pisacane. Donne les directives à suivre à mes hommes et prend ma voiture pour rentrer chez moi. Sur le chemin du retour, encore une fois, je ne me rends pas compte du moment où ma main tourne le volant vers direction que je commence à connaître.

Je me gare sur le trottoir mais reste assis dans le noir à observer sa fenêtre. Les volets ne sont pas fermés, la lumière est allumée et je vois son ombre derrière le voile fin du rideau. Je reste là à observer sa silhouette élancée. 

Je vois ses maudits cheveux longs que je rêve d'arracher. Les bras croisés sur la poitrine je suppose elle fait les cents pas. Je ressens sa peur d'ici. Un sourire narquois étira mes lèvres malgré moi.

Demain ...

Demain...

Je satisferais mon besoin ....

Kikou les filles, comment vous allez ? 

C'est un chapitre court, mais la suite qui arrive s'annonce très dark...comme on l'aime 😉

Prenez soin de vous ❤️

Obsession destructriceOù les histoires vivent. Découvrez maintenant