Éros
Je fulmine, je bous, je vais exploser de rage.
Comment est-ce possible d'avoir des hommes aussi incompétents ?
Aucune bonne nouvelle, ni concernant l'autre puttana ni concernant le stronzo (connard)qui a tué Dí Maria.
J'abats férocement mon poing sur la table en verre du salon. Les éclats de verre mélangé à mon sang éclaboussent tout le sol.
Je souffle bruyamment faisant comprendre à Ignacio mon mécontentement.
- Capo... commence-t-il.
Je l'arrête dans son élan en l'attrapant par le col de sa chemise. Je serre assez fort pour qu'il puisse comprendre à quel point ma haine s'intensifie quand le travail n'est pas fait.
- Qu'est-ce que je t'avais dis stupido ? Dis-je dans un ton faussement calme. Je déteste me répéter, tu le sais. Qu'as- tu de nouveau sur l'autre stronza (salope)?
- Je l'ai approchée, mais elle m'a donné un faux nom et elle s'est vite échappée.J'ai essayé d'avoir plus d'informations à l'hôpital mais je n'ai rien eu. Elle a déposé plainte au commissariat, j'attends notre source pour avoir plus d'informations. Il ne devrait pas tarder. Dit-il d'une voix tremblante.
Je le relâche, et grogne de mécontentement.
- Dès que tu as les informations, je veux un mail détailler sur toute sa vie: sa famille, ses études, sa taille, tout ce qui la concerne. Tu as intérêt à être à la hauteur Ignacio, je ne suis pas Marco moi.
En effet, Marco mon frère est beaucoup trop laxiste avec nos hommes. Je lui ai maintes fois répétées de ne pas leur donner trop de liberté sinon ils ne respecteront plus rien.
- Désolé Capo... dès que j'ai les informations je vous les envoies sur-le-champs. D'ici l'après midi, je pense que tout sera là.
Je hoche la tête toujours en rogne et le congédie.
Il va falloir se bouger pour retrouver les traces du tuer de Dí Maria, et attraper l'autre bambina. Je contourne le salon et me dirige vers mon bureau, laissant la domestique nettoyer les dégâts de la table basse.
S'ensuit une longue après-midi, rythmée par des coups de fil, des RDV avec mes collaborateurs et fournisseurs.
J'aime quand le travail est bien fait. J'ai horreur des choses à moitié faites, je suis perfectionniste et ne veux que le meilleur. Je suis impitoyable en affaires car je ne laisse jamais mes émotions prendre le dessus.
D'ailleurs en terme d'émotion, je n'en connais que deux la haine et la colère. Pas de place pour autre chose qui me rendrait faible, je suis puissant et le resterais .
Je ne reviens jamais sur ma parole comme mon père me l'a appris: « l'homme c'est la parole ».
Je boucle enfin le dernier dossier de la journée quand je reçois le mail tant attendu. Enfin ! Je dois tout savoir sur cette femme. Qu'est-ce qui la relie à Dí Maria ? C'est sa pute ? Sa fille ? Sa soeur ? Il faut que je sache pour mieux la travailler.
J'ouvre le dossier et l'imprime directement. Je prends alors le tas de feuille et m'adosse à ma chaise de bureau.
Alma Moretti...
25ans ... encore un bébé, pensais-je.
Comptable chez D&G compagny...
Habite à Florence, à déménagée la semaine dernière...
Fille de Monica Bertina et Algo Moretti, cheffe cuisinier et commerçant...
Habite 6 via Matia preti Vomero... à une rue du meurtre de Dí Maria, tient donc.
Je continue de lire attentivement chaque information du dossier de sa taille de soutien-gorge à ses fréquentations les 6 derniers mois.
Banale, pensais-je
Je tombe sur une photo d'elle en pièce jointe. Elle m'a l'air banale, taille moyenne, brune, longs cheveux, les yeux bruns, la photo est floue et je ne peux donc rien distinguer d'autre. Elles se ressemblent toutes ces putes, pensais-je.
J'appelle Ignacio et lui demande de surveiller la bambina, on attend encore quelques jours avant de passer à l'action. J'ai soif de vengeance, j'ai hâte de t'avoir entre mes mains Alma.
Curieusement de bonne humeur, je me change pour aller faire mon sport habituel. J'ai un corps svelte et musclé avec une carrure imposante. Il faut donc m'entretenir régulièrement pour garder d'aussi bonnes conditions physiques.
Ma séance finit, je me douche et enfile des vêtements propres. Ce soir je dois faire mon tour de la ville pour faire les comptes avec mes fournisseurs.
La nuit s'annonce chargée. Munis d,'un calibre 9mm coincé dans ma ceinture et mon couteau dans la poche, je suis prêt à y aller. Mon téléphone sonne et je vois le nom de Marco s'y afficher.
- Pronto fratello (allo mon frère) ! Lance-t-il d'une voix enjouée comme à son habitude.
- Sí ? Répondis-je ennuyé.
- Toujours de mauvaise humeur à ce que je vois. Tu devrais baiser un coup, ça te détendra le spaghetti. Dit-il en pouffant de rire.
- Je ne suis pas d'humeur Marco. Le contrat est signé con gli americani ?
- Sí capo ! Je rentre demain, laisse-moi profiter un peu des californiennes, elles sont vraiment des bêtes en matière de sex. Dit-il toujours en s'étouffant de rire.
Il m'agace vraiment quel stupido ! Je souffle en raccrochant.
Tant mieux s'il rentre demain, je pourrais lui confier l'affaire de l'autre stronza. Il sera plus efficace je l'espère qu'Ignacio. J'ai hâte de lui annoncer la nouvelle... On est si proche du but...
Après des années à attendre cette vengeance, on va enfin pouvoir la réaliser et personne n'oubliera le carnage que je vais faire, je vais tellement faire couler de sang, tellement de chairs meurtries... Un frisson d'excitation me parcourt rien qu'en y pensant.
Je reprends mes esprits, en roulant rapidement sur les routes italiennes bien vides à cette heure. La vitesse me procure une telle sensation, c'est exaltant. Le contrôle que j'ai sur cette voiture, le contrôle que j'ai sur cette ville, sur ce pays, tout ça est si jouissif.
Il est déjà 4h30 quand je sors de l'avant-dernier club qui me reste à visiter. La nuit est paisible, le vent qui souffle est agréable et le silence dans lequel nous sommes plongé est reposant.
Je me dirige vers le dernier club quand sans m'en rendre compte ma voiture me mène au 6 via Matia Preti Vomero. Je me gare sur le trottoir, baisse la vitre et observe machinalement le 3ème étage, la 6ème fenêtre.
Un sourire malsain étire mes lèvres. J'ai tellement envie de l'étrangler jusqu'à entendre la réponse à mes maux...
Mais patience Éros, travaille-la. Je veux qu'elle soit tellement effrayée par les 4x4 qui surveillent son appartement, je veux voir la peur dans ses yeux, je veux que la pression soit tellement forte dans son petit coeur qu'au moindre de mes gestes il lâche.
Je veux la tuer lentement et douloureusement. Je veux qu'elle paie pour s'être associée à Dí Maria. Je veux qu'elle ne ressente plus que la peur, la peur de mourir.
Je m'imagine encore plusieurs scénarios de torture, tous aussi sanglant...
J'aperçois un mouvement à sa fenêtre, elle passe la tête par le rideau et fixe les deux 4x4 stationnés au bas de sa porte 24h/24h 7j/7.
Son regard se perd et sur ma voiture. Je l'observe alors plus minutieusement malgré la faible lumière du lampadaire. Ses cheveux tombent sur ses minces épaules alors qu'elle remet une mèche en place.
Elle a de longs cheveux... j'ai envie de passer la main dedans et de les arracher un à un. Son regard croise le mien, elle fronce les sourcils et me fixe d'un regard dénué de tous sentiments.
Mmmh on veut faire les courageuse... on verra ça quand tu seras mutilée par mes soins.
Je te fais la promesse Alma Moretti de te faire souffrir jusqu'à que la mort t'emporte.
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Obsession destructrice
ActionUne obsession. Un mystère. Son âme apaise mes tourments mais sa présence déchaine mes démons. Il me berce pour dormir mais hante mes pires cauchemars. /// contenu violent et mature /// Œuvre commencé le 14/05/2022
